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Séance d’information tenue par le ministre délégué aux Affaires étrangères M. Varvitsiotis devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen concernant l’agressivité turque en Méditerranée orientale (10.09.2020)

jeudi, 10 septembre 2020

 Séance d’information tenue par le ministre délégué aux Affaires étrangères M. Varvitsiotis devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen concernant l’agressivité turque en Méditerranée orientale (10.09.2020)Lors d’une séance d’information tenue devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen, le ministre délégué aux Affaires étrangères  a qualifié les actions de la Turquie «d’unilatérales, d’illégales et de provocatrices », en apportant des preuves à l’appui de ses dires concernant l’agressivité continue de la  part de la Turquie en Méditerranée orientale.  Par ailleurs, il a invité l’UE à écouter la voix du Parlement européen et à envoyer un message ferme  à Ankara en lui signalant «  qu’il n’y a pas de place pour des activités et des attitudes provocatrices et illégales ».

Plus particulièrement, en s’adressant aux membres de la commission, M. Varvitsiotis a rendu clair que ces actions compromettent la paix et la sécurité en Méditerranée orientale. « Elles violent », a-t-il indiqué, « de manière flagrante le droit international et les droits souverains de la Grèce, elles sapent les intérêts de l’UE ; elles ne constituent pas encore un chapitre dans l’histoire tumultueuse des relations gréco-turques, mais une lourde menace pesant sur l’architecture de sécurité de la région ».

Il a clarifié que la Grèce souhaite régler le différend avec la Turquie concernant la délimitation des zones maritimes en Egée et en Méditerranée orientale, à travers le dialogue. Et si ce dialogue se traduit par un échec, ce différend pourra être réglé à travers un recours porté conjointement devant la Cour internationale de La Haye, mais cela ne pourra pas être possible tant que les menaces [de la part de la Turquie] persistent. « Nous ne voulons pas régler ce problème par la voie armée. Ce dialogue ne peut être tenu sous la pression militaire et la menace », a-t-il indiqué. Et il a ajouté : « Un dialogue tenu sous la menace est un chantage ».

Il a également indiqué que la réunion au sommet doit transmettre un message ferme et fort envers Ankara, en lui signalant que «  le temps pour changer de cap est limité », afin que la Turquie cesse les provocations et retourne à la table du dialogue.

« L’UE doit de manière urgente assumer son rôle dans la région. Ce sont la souveraineté européenne et l’autonomie stratégique de l’UE qui sont en jeu. Il faut immédiatement procéder à  une désescalade.  Ceux qui provoquent les tensions doivent procéder à la désescalade.  Tous les navires, militaires et de recherche, doivent immédiatement se retirer, vu que leur présence constitue une violation des droits souverains », a souligné le ministre délégué aux Affaires étrangères.

Pour ce qui est de la question des sanctions, il a indiqué que celles-ci doivent être intelligentes et efficaces et viser l’Etat de la Turquie, afin que celle-ci change de cap et non pas les citoyens qui ne soutiennent pas Erdogan et son attitude agressive, tel que le montrent les sondages y relatifs.

Plus particulièrement, M. Varvitsiotis a briefé la commission sur les actions provocatrices et l’agressivité de la Turquie qui viole les droits souverains de la Grèce et de Chypre,  à travers, entre autres, les forages illégaux dans la ZEE chypriote et l’accord turco-libyen, entre deux pays [la Turquie et la Libye]  qui  - comme il l’a indiqué – ne partagent pas des frontières communes, ce qui serait une pure fiction ».

Il s’est référé de manière détaillée aux incidents et à l’instrumentalisation inhumaine des migrants à Evros, aux messages Navtex successifs annonçant les recherches du navire Oruc Reis et à l’envoi de la flotte turque dans ladite région de la Méditerranée orientale. Il a également signalé que la Grèce s’est vue obligée d’envoyer elle-aussi sa flotte dans la région et que ce n’est que grâce à la retenue dont elle avait fait preuve qu’un affrontement armé a pu être évité.

Il a rendu clair que les affirmations selon lesquelles notre pays aurait refusé le dialogue, sont fausses, en dénonçant le discours agressif de la Turquie concernant les soi-disant prétentions maximalistes de la Grèce ».

Il a qualifié la Turquie de facteur déstabilisateur dans la région et a montré la carte de la « patrie bleue » sur laquelle figurent des parties du territoire grec, la moitié de la mer Egée et des îles grecques. Il a décrit de manière détaillée l’implication militaire de la Turquie dans les confits en Libye, en Syrie, en Irak, au Caucase ainsi que le soutien au Hamas. Il a également rappelé le discours insultant des responsables politiques turcs contre le Premier ministre, ainsi que contre d’autres dirigeants de l’UE, et l’a accusée de former un front nationaliste, populiste et islamique, en donnant comme exemple à cet égard la transformation de Sainte-Sophie en mosquée.

En s’adressant aux membres de la commission, il a affirmé qu’Ankara agit de plus en plus en tant que « puissance révisionniste » et qu’elle use des forces militaires, sans aucune hésitation, en tant  qu’instrument pour imposer les objectifs de sa politique étrangère. Elle profère des menaces de guerre, falsifie la réalité et empoisonne l’opinion publique turque. En outre, il  a remis aux députés européens une liste des événements de ces derniers mois mais aussi un tableau dressant  la chronologie des menaces d’Erdogan et d’autres hauts fonctionnaires turcs, des menaces qui sont – comme il l’a affirmé – caractérisées par un discours de haine.

En outre, le ministre délégué aux Affaires étrangères  a salué l’initiative allemande et a indiqué que « nous cherchons la solidarité européenne » mais il a rendu clair que nous défendrons nos droits souverains « seuls s’il faut ». Il a signalé que ce n’est pas la Grèce qui provoquera un incident militaire, mais elle ne va pas abandonner Kastellorizo et les Grecs vivant sur l’île.

En répondant à des questions des députés européens sur le dossier chypriote,  il a affirmé que la condition au règlement de la question chypriote est le retrait de l’armée turque » et que l’on ne peut avoir une Chypre unifiée, un Etat membre de l’UE tant que 30 000 soldats turcs sont présents sur l’île », en signalant que « personne entre vous n’accepterait une chose pareille pour son pays ».

Enfin, s’agissant du centre de Moria, M. Varvitsiotis a signalé que ce que les autorités essayent de faire est de trouver un logement pour les migrants, de rétablir le sentiment de sécurité sur l’île et de contenir une éventuelle propagation de la maladie Covid-19  par les personnes testées positives au coronavirus.