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Extraits de l’intervention du ministre délégué aux Affaires étrangères, M. Varvitsiotis, lors du débat au sein du Parlement sur la ratification du budget de l’État pour l’exercice 2021 (12.12.2020)

samedi, 12 décembre 2020

Dans son discours prononcé devant le parlement dans le cadre du débat sur la ratification du budget de l’État pour l’exercice 2021, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Miltiadis Varvitsiotis a évoqué les conclusions du Conseil européen d’hier.

Pour ce qui est plus particulièrement des sanctions contre la Turquie, le ministre délégué aux Affaires étrangères a indiqué que «  tant que la question des provocations et des violations de la Turquie est toujours sur la table du Conseil européen, tant qu’on demande à la Turquie de faire preuve d’un esprit de coopération en vue d’éviter les actions provocatrices unilatérales, et ce de façon permanente et crédible, et de gérer les flux migratoires et tant que le Conseil demande aux instances européennes un aperçu global sur les relations entre l’UE et la Turquie, cela atteste du fait qu’il ne s’agit pas d’une question gréco-turque mais euro-turque ». Et il a ajouté qu’il était très important que l’Europe aille de l’avant, même lentement et avec modération, plutôt que d’affirmer qu’il s’agit d’une question bilatérale que la Grèce devra régler avec la Turquie.


Dans ce même esprit, M. Varvitsiotis a signalé que les sanctions sont le moyen permettant d’exercer des pressions sur la Turquie afin que celle-ci cesse ses provocations, retourne à la table des négociations et discute avec la Grèce de la délimitation des zones maritimes dans le respect du droit international. De plus, le ministre a indiqué que c’était la première fois que cela est formulé et décrit dans les conclusions du Conseil européen. Et il a signalé que nous n’attendons évidemment pas que toutes les questions gréco-turques soient réglées lors de chaque session du Conseil européen. Toutefois, ce qui est sans aucun doute devenu une pratique courante est la condamnation claire des provocations turques, le soutien clair et ferme à l’égard de la Grèce et de Chypre et, bien évidemment, l’extension du champ d’application des sanctions, telles que celles-ci étaient convenues depuis 2019 ».

Par la suite, le ministre délégué aux Affaires étrangères s’est référé au Fonds de relance sur lequel se sont finalement accordés les dirigeants européens hier. Le ministre l’a qualifié d’avancée énorme pour la protection de l’économie européenne contre la récession ainsi que de premier pas vers la mutualisation de la dette. Il a également indiqué que notre pays envisage d’utiliser cette somme de 72 milliards pour financer la reprise et la réforme de l’économie et que, à cette fin, il a d’ores et déjà été rédigé un plan global qui a été soumis à l’approbation de la Commission européenne.

Après avoir signalé les deux autres réussites de l’Union européenne, à savoir la passation conjointe de marché en vue de l’acquisition de vaccins contre le coronavirus en tant que réponse globale face à la pandémie ainsi que l’accord sur la baisse des émissions à effet de serre de 55% d’ici à 2030 en vue de faire face au changement climatique, le ministre a signalé les défis que l’Union sera appelée à relever l’année prochaine.

Comme il l’a affirmé la stratégie prioritaire est la stratégie de la sécurité pour la protection de la souveraineté territoriale, la surveillance efficace des frontières extérieures et la formulation d’une politique commune en matière d’immigration et d’asile. Le deuxième axe important est la relance de l’économie européenne à travers la croissance verte et la transformation numérique. A l’égard de ces deux volets M. Varvitsiotis a déclaré que « notre pays doit nécessairement se trouver dans le peloton de tête ». En plus, le ministre délégué aux Affaires étrangères a fait remarquer la nécessité « de nous interroger sur ce que l’Europe est et sur la façon dont sa puissance se reflète dans les développements géopolitiques. A travers le dialogue sur l’Avenir de l’Europe, nous devons mettre en avant le fait que l’Europe ne peut considérer le système de sécurité dans la région élargie en fonction des intérêts économiques financiers. L’Europe doit avoir un rôle, une position et faire preuve de fermeté dans ses prises de position. Car notre politique qui est en faveur d’une Grèce qui grandit, qui se renforce et crée des perspectives, place la Grèce dans le noyau dur de l’Union européenne ».

En guise de conclusion, M. Varvitsiotis, en faisant le point sur la situation actuelle, a signalé que 2020 était une année difficile au cours de laquelle le pays a dû gérer une crise à plusieurs niveaux (sanitaire, économique et nationale). Néanmoins, la Grèce ne s’est pas trouvée dans une situation moins favorable, pour ce qui est notamment de la politique étrangère pluridimensionnelle qui a été suivie. Comme il l’a indiqué, « nous avons réussi à forger beaucoup plus d’alliances, à mettre en avant la perception commune en tant que moyen de dissuasion et à développer et approfondir nos relations étroites traditionnelles avec des pays alliés comme les Etats-Unis et la France ».

Il s’est également référé au partenariat stratégique avec l’Egypte, Israël, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite mais aussi aux avancées dans le cadre de la politique d’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux, en finalisant la mise en œuvre de la Stratégie nationale adoptée en 2003 en tant que Stratégie européenne lors de la réunion au sommet de Thessalonique.