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Discours du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères D. Kourkoulas lors de la manifestation organisée pour le 10e anniversaire de la signature du Traité d’adhésion à l’UE des 10 nouveaux Etats membres

mercredi, 17 avril 2013

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de commencer par dire combien je suis choqué et préoccupé après les explosions qui ont frappé le marathon de Boston. Nos pensées vont aux familles des victimes.

Le 16 avril 2003, l’Union européenne s’est embarquée dans une nouvelle aventure audacieuse et a accueilli au sein de la famille européenne 10 nouveaux membres. La République tchèque, Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie signèrent le Traité d’adhésion à l’UE au Portique d’Attale à Athènes. Cet événement historique a coïncidé avec la Présidence grecque du Conseil de l’UE et c’est avec un grand plaisir doublé d’honneur de le célébrer ici à Athènes, dix années plus tard.

Cet élargissement était en effet un événement qui aurait marqué le caractère à la fois politique et économique du continent européen d’une manière plus décisive. Il aurait eu un impact majeur sur la façon dont l’UE aurait été façonnée à l’avenir et il aurait eu un impact encore plus grand sur l’idée que représente notre patrie commune qu’est l’Europe et sur ses politiques et perspectives.

Aujourd’hui, en regardant en arrière, nous pouvons tous affirmer avec fierté et satisfaction que cette vague d’élargissement a été couronnée de succès, non seulement pour les dix pays qui ont adhéré, mais aussi pour l’UE dans son ensemble, augmentant ainsi son poids politique et économique au plan mondial et faisant d’elle un partenaire international plus puissant. L’élargissement a contribué à éviter la partition de l’Europe et à garantir la stabilité du continent tout entier. Il a été un tremplin dans la mise en œuvre des réformes et a instauré les principes communs de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que de l’Etat de droit.

L’intégration de ces nouveaux membres à une Union européenne plus grande a marqué le début d’une nouvelle ère. Après deux guerres mondiales et des conflits qui ont duré des décennies, l’élargissement a réuni les peuples d’Europe au sein d’une communauté de valeurs. Aujourd’hui, l’Europe peut aspirer au renforcement de sa cohésion sociale et économique et promouvoir les intérêts communs de ses citoyens.

Et pourtant, cette décision audacieuse n’était pas chose facile. La satisfaction ressentie par l’unification ultérieure de la famille européenne a coïncidé avec la nécessité impérieuse de transformer les instances européennes afin que ces dernières puissent mieux répondre à une Union plus grande en taille et à ses besoins diversifiés.

A l’époque, une école de pensée soutenait que la transformation institutionnelle de l’UE aurait dû précéder à son élargissement. Et pourtant, répondant à l’appel des pays alors candidats à l’adhésion, l’Union opta pour une approche tout aussi audacieuse que visionnaire en décidant dans le même temps son élargissement et son approfondissement et prouvant ainsi qu’elle pouvait relever le défi avec succès. La Grèce a fermement soutenu cette vision par le biais du débat qui précéda ce qui allait devenir le plus grand élargissement de l’Union.

Cet élargissement n’était pas seulement motivé par des paramètres géopolitiques, mais par l’idéal de solidarité au sein de la famille européenne. Une solidarité profondément ancrée dans la conception fondamentale selon laquelle les Européens peuvent, ensemble, créer un meilleur avenir et relever n’importe quel défi et ce, dans un environnement de plus en plus interconnecté et mondialisé.

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, nous avons une raison supplémentaire de fêter cet événement unique dans notre histoire commune. L’Union européenne étant à nouveau confrontée à un défi de taille, nombreux sont ceux qui soutiennent qu’elle a perdu une grande partie de sa dynamique.

Sous la pression des conséquences sociales dramatiques de la pire crise économique après la seconde guerre mondiale, l’objectif premier est de garantir la cohésion interne et la coopération au sein de l’Union. De continuer à cultiver la synergie entre ses membres. Et le plus important, de garantir les perspectives d’avenir de ses citoyens. La stabilité, la prospérité et l’espoir sont les nouveaux mots d’ordre du projet européen.

Nous avons relevé le défi il y a 10 ans avec courage. Et notre réponse aux défis d’aujourd’hui définira de nouveau la façon dont l’UE évoluera à l’avenir. Et c’est l’idéal de l’intégration européenne qui est de nouveau en jeu.

L’intégration imminente de la Croatie vient porter un « coup » à la fatigue de l’élargissement et à l’euroscepticisme. Elle confirmera de nouveau une vérité fondamentale, à savoir que la perspective européenne – le processus d’adaptation aux normes européennes – est un outil par excellence pour la création de la démocratie et de la stabilité, de la paix et de la prospérité. Elle mettra de nouveau en lumière la vision de l’Europe du sud-est en tant que voisinage européen.

Mes chers amis,

La Grèce continuera de constituer un partisan ferme de l’intégration européenne de tous les pays des Balkans occidentaux. Il s’agit d’un choix stratégique de notre politique extérieure et un paramètre stable pour nous. Dans le même temps, nous devrons être clairs avec nos partenaires et voisins. L’adhésion à la famille européenne ne peut constituer un choix pour les pays qui ne sont pas disposés à réunir les conditions nécessaires aux relations de bon voisinage. Il ne peut y avoir de « mariage forcé » pour adhérer à l’Union européenne.

Face à ces défis, je suis convaincu que grâce aux efforts continus des Etats membres et des institutions, le projet européen persévèrera, encore plus fort et confiant.

Les prochains mois seront cruciaux. Des décisions audacieuses et prudentes devront être prises afin que nous puissions sortir de ce cercle vicieux de la récession. Des décisions pour remédier à l’instabilité économique et favoriser la croissance et la création d’emplois. Des décisions qui apporteront un nouvel espoir et des perspectives réelles pour les jeunes de l’Europe. Dans cet esprit, la Grèce se prépare à la Présidence de l’UE en 2014 et nous consentirons tous les efforts nécessaires pour contribuer à ce projet.