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Intervention du ministre des Affaires étrangères, N. Kotzias au Conseil affaires générales extraordinaire de l’UE sur l’Ukraine Bruxelles,29.01.15)

vendredi, 30 janvier 2015

Lors du Conseil affaires étrangères extraordinaire de l’UE sur la situation en Ukraine qui s’est tenu hier à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias a exprimé la vive inquiétude du gouvernement grec concernant les attaques contre des citoyens innocents. M. Kotzias s’est tout particulièrement référé à la situation à Marioupol, où vivent 160 000 Ukrainiens d’origine grecque, tout en indiquant que le bilan fait état jusqu’à présent de 6 morts. Il a souligné la nécessité d’un environnement plus sûr, d’un cessez-le-feu sur la base des Accords de Minsk et d’un retrait des armes lourdes, tout en ajoutant que dans ce contexte il est nécessaire que la Russie participe à la recherche d’une solution.

M. Kotzias a indiqué qu’il s’agit d’une catastrophe humanitaire grave et c’est pourquoi dans le paragraphe 8 des conclusions du Conseil sur une aide économique, la Grèce a demandé que soit ajoutée une référence à la nécessité de parvenir à la stabilité sociale. Il s’est par ailleurs demandé si les sanctions étaient le moyen le plus efficace pour remédier à la situation, tout en soulignant que la Grèce comprend bien le sentiment de douleur du peuple ukrainien, elle est solidaire avec lui et condamne la politique qui engendre des catastrophes humanitaires. M. le ministre a toutefois déclaré que la politique des sanctions ne résout pas les grands problèmes politiques et que le gouvernement grec n’est pas convaincu que les sanctions ont eu les résultats escomptés au moment de leur adoption.

Par la suite, M. Kotzias a demandé aux partenaires européens de ne pas assimiler le terme pro-européen à celui qui consent à des sanctions et il a souligné que, bien que nous soyons décidés à œuvrer en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, nous devions penser sur le long terme : Quel est notre objectif s’agissant de la Russie ? Voulons-nous que le système institutionnel de la Russie s’effondre ? Se référant aux mesures prises pour soutenir l’Ukraine, mesures visant à éviter la déstabilisation de l’Europe, M. Kotzias a souligné que les mesures contre la Russie ne devaient pas conduire à une désorganisation du pays, des institutions et de la société.

Le ministre des Affaires étrangères s’est dit préoccupé par le fait que la Grèce se trouve au milieu d’un triangle d’instabilité, le triangle étant la Libye, l’Ukraine et le Moyen-Orient, tout en soulignant que la Grèce a son rôle stabilisateur dans la région. Il s’est interrogé sur les conséquences que pourrait avoir sur la stabilité de l’Europe une éventuelle déstabilisation de la Grèce et une déstabilisation généralisée dans une région, s’étendant de la Russie et l’Ukraine jusqu’en Afrique du nord et au Moyen-Orient. Il a par ailleurs invité ses interlocuteurs à réfléchir sur l’effet domino que pourraient avoir les mesures prises et à entamer de nouveau une discussion générale à caractère stratégique à ce sujet.

M. Kotzias a déclaré qu’en dépit des objections générales de la Grèce sur le texte, il l’acceptera et souhaite garantir l’unité de l’UE, bien que l’expression d’opinions différentes fasse partie des valeurs européennes. Et ce serait une évolution négative de croire que l’européanisme est assimilé à l’attitude d’un pays vis-à-vis des sanctions, une mesure qui, partout où elle a été appliquée s’est avérée être un échec.

Le ministre des Affaires étrangères a remercié le conseil pour l’adoption de la position grecque sur « la protection des minorités nationales » en Ukraine, dont la minorité grecque, et a soumis trois propositions précises d’amendement au paragraphe 3 des conclusions. Toutefois, en dépit des réflexions de la partie grecque, il s’est limité à quelques observations, afin de faciliter le Conseil, qui doit prendre des décisions dans le cadre d’une stratégie à long terme. Enfin, M. Kotzias a invité les partenaires européens à soutenir l’Ukraine afin d’affaiblir les tendances séparatistes et à ne pas suivre des procédures infructueuses qui provoqueront une instabilité généralisée, pire que l’instabilité actuelle.