Jeudi, 19 Avril 2018
greek english french

Diplomatie ecclésiastique

La Grèce a des liens historiques solides avec le Patriarcat œcuménique, ainsi qu’ avec les autres Patriarcats grec-orthodoxes et les Églises orthodoxes autocéphales et elle apporte son soutien à leurs initiatives en matière de dialogue interreligieux et interculturel, de protection de la liberté de religion, de protection de l’environnement et du patrimoine culturel religieux. En outre, la Grèce entretient des liens solides avec le Monastère grec-orthodoxe de Sainte-Catherine situé sur le Mont Sinaï, la plus ancienne fondation monastique dans le monde, dépositaire unique de trésors spirituels et culturels et lieu respecté par chrétiens, musulmans et juifs.

Le ministère des Affaires étrangères suit de près les activités du Conseil œcuménique des Églises, les relations entre les Églises orthodoxes, ainsi que les relations de l’Église orthodoxe avec les autres Églises chrétiennes avec lesquelles elle entretient d’ailleurs une communication étroite. Dans le cadre de la diplomatie religieuse, la Grèce soutient et s’attache à promouvoir les initiatives internationales et les contacts interreligieux de ses institutions chrétiennes, musulmanes et juives.

Le dialogue entre les Églises orthodoxes, ainsi que la convocation du saint et grand Concile de l’ Église orthodoxe, qui a eu lieu à l’Académie orthodoxe de Crète du 16 au 27 juin 2016, présentent un intérêt particulier entre autres pour les orthodoxes et les chrétiens en général. Le ministère des Affaires étrangères a mis en place un Comité spécial du saint et grand Concile pour la coordination du secteur public et la mise en oeuvre des conditions d’organisation du Concile.

Le dialogue entre l’Église orthodoxe et les autres Églises et confessions chrétiennes, outre sa signification et son importance pour l’Église elle-même, a eu comme résultat la coopération pour la promotion commune des valeurs humaines et pour la protection de l’environnement.

Le ministère des Affaires étrangères accorde une importance particulière au dialogue interreligieux qui représente une voie privilégiée pour promouvoir le respect des droits des communautés religieuses et le renforcement de la compréhension entre les religions. Le dialogue interreligieux occupe, à titre indépendant ou en tant qu’aspect essentiel du dialogue interculturel, une place importante dans le cadre des relations internationales. Il représente une priorité de premier ordre pour les organisations internationales, au sein desquelles la Grèce veille à souligner les initiatives interreligieuses des Églises orthodoxes.

Au cours de la crise actuelle au Moyen-Orient, où les anciens Patriarcats d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, ainsi que le Monastère de Sainte-Catherine du Sinaï ont leur siège, la Grèce suit les développements et exprime son vif intérêt pour la protection des communautés chrétiennes, ainsi que des sanctuaires, des sites religieux et des monuments.

C’est dans ce contexte que la 1ère Conférence internationale sur le pluralisme religieux et culturel et la coexistence pacifique au Moyen-Orient a été organisée à Athènes, en octobre 2015, à l’initiative du ministre des Affaires étrangères M. Nikos Kotzias et avec la participation de Patriarches de l’ Église orthodoxe, de Primats des Églises chrétiennes et de chefs religieux et haut représentants des  principales religions du monde, de personnalités éminentes de la politique internationale et de la communauté universitaire, ainsi que de représentants de la société civile.

La 2ème Conférence internationale sur le même thème, tenue à Athènes du 29 au 31 octobre 2017, a examiné les développements en ce qui concerne le pluralisme religieux dans la région au cours des deux dernières années. Par ailleurs, elle s’est concentrée sur les enjeux auxquels le pluralisme religieux fera face et a élaboré des propositions afin de promouvoir la coexistence religieuse ainsi que le pluralisme religieux. Plus paticulièrement, les participants ont souligné le rôle des communautés religieuses et des dirigeants religieux dans le contexte de l'élaboration du développement des politiques relatives aux réfugiés et aux migrants, ainsi que l’importance du rôle des médias et de l'éducation dans la prévention des conflits et au cours d'un conflit (Déclaration du Présidium de la 2ème Conférence internationale sur le pluralisme religieux et culturel et la coexistence pacifique au Moyen-Orient). La 3ème Conférence internationale sur le pluralisme religieux et culturel et la coexistence pacifique au Moyen-Orient aura lieu à Athènes en octobre 2019.

Le Mont Athos est un lieu sacré d’envergure mondiale, le centre monastique le plus important pour tous les orthodoxes, et un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. La mise en valeur de la communauté monastique en tant que centre du patrimoine culturel et les relations de la Sainte Communauté du Mont Athos avec l’État grec sont considérées comme prioritaires pour la diplomatie ecclésiastique. Dans ce contexte, il convient également de mentionner la mission de supervision du ministère des Affaires étrangères par l'intermédiaire du Gouverneur civil du Mont Athos, conformément aux dispositions de l'article 105 de la Constitution.

La coopération avec l’Église de Grèce est constante, notamment dans le domaine des activités internationales, ainsi qu’en matière de questions ayant trait à la diplomatie ecclésiastique et à la promotion du tourisme religieux en Grèce.

Le Centre pour le Pluralisme Religieux dans le Moyen-Orient (CRPME)

Les participants à la 1ère Conférence Internationale sur "Le Pluralisme Religieux et Culturel ainsi que la Coexistence Pacifique dans le Moyen-Orient" (Athènes, le 18-20/10/2015) avaient souligné la nécessité de rester vigilants et avaient échangé des idées concernant la proposition grecque pour l'établissement d'un mécanisme de suivi à Athènes. Ce mécanisme qui a pris la forme du Centre pour le Pluralisme Religieux dans le Moyen-Orient (CRPME) (fondé en janvier 2016) examine la situation, en termes de liberté à la religion ou à la croyance et de pluralisme culturel, codifie les divers problèmes et élabore des propositions concrètes ainsi que des solutions viables. Cela est mis en œuvre par (a) la réalisation de rapports de recherche, notamment sur les communautés non-musulmanes dans le Moyen-Orient ; (b) la diffusion de l’information via le site internet officiel qui est constamment mis à jour sur les développements concernant les communautés religieuses ; (c) l’établissement d’un forum de dialogue. Le but n’est pas de créer un discours dénonciateur en surlignant les violations du droit à la religion ; au contraire, le CRPME vise à dessiner une carte historique en évolution des développements sociaux, économiques et culturels des diverses communautés religieuses du Moyen-Orient et de la Méditerranée.