Interview accordée par le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères D. Kourkoulas au journal LIBERATION : « LA GRÈCE ENTRE EFFORT, ESPOIR ET SOLIDARITÉ » (21/4/13)

En marge du Forum de Marseille, organisé par le journal Libération du 19 au 20 avril, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères M. Dimitris Kourkoulas, qui a participé à la première conférence du Forum «Agir aujourd’hui en Méditerranée», a accordé une interview à Laëtitia Pèpe, qui a été publiée sur le Site Internet du journal sous le titre «La Grèce entre effort, espoir et solidarité».

Quel bilan dressez-vous de la situation économique, politique et sociale de la Grèce aujourd’hui ?

La situation de la Grèce connaît depuis plusieurs mois une nette amélioration, autant sur le plan social, économique que politique. Outre des efforts budgétaires considérables sur le plan national, le plus important reste les décisions prises lors des derniers sommets européens comme l’abandon définitif d’une exclusion de la Grèce de la zone euro. Concernant le secteur bancaire, la Grèce a également pu compter sur le soutien financier de la zone euro lui permettant de relancer son activité économique. Tout cela permet d’envisager une sortie de crise dans les mois à venir.

Quels sont les éléments clés qui ont permis l’amélioration que vous évoquez ?

Depuis le début de la crise grecque et européenne, de nombreuses réformes structurelles ont été engagées au sein de notre pays. Sur le plan national, la Grèce a fortement progressé, notamment au travers d’un système fiscal plus stable, quasi inexistant il y a encore quelques mois. Cela a permis une réduction du déficit de la Grèce et une meilleure image du pays par nos voisins européens.

Depuis notre entrée dans la zone euro en 2001, notre compétitivité a été fortement dégradée. Aujourd’hui, de nombreux domaines comme celui de l’exportation ou du tourisme commencent à se reconstruire. L’année 2013 sera peut être ainsi la dernière année de récession, porteuse d’un grand espoir tant à l’échelle nationale qu’européenne bien que des problèmes majeurs comme le chômage persistent dans notre pays.

Pour une plus grande harmonie grecque et européenne, l’accent doit être mis sur le renforcement de l’union bancaire, du gouvernement économique et sur diverses mesures permettant une meilleure croissance et une perspective d’emploi plus harmonieuse.

Quel rôle les membres de la Zone euro ont-ils joué dans la gestion de cette crise ?

Au début de la crise économique, la Grèce toute entière était montrée du doigt, ce qui a représenté une immense souffrance pour notre pays, surtout au sein de la population. Toutefois, nous avons pu compter sur le soutien moral et financier de certains membres de la zone euro. Au premier plan, la France qui a su, au travers des médias et des déclarations politiques de ses gouvernements, nous apporter un véritable message d’espoir et de solidarité.

Comment percevez-vous aujourd’hui les réactions européennes après la mise en place de mesures d’austérité dans votre pays ?

Depuis plusieurs mois, des changements notoires dans l’attitude de nos partenaires d’Europe centrale et d’Europe du nord ont pu être constatés. Une grande partie de la zone euro a pris conscience des grands sacrifices et des grandes avancées économiques de la Grèce. La réflexion et la maturité dont le peuple grec a fait preuve nous ont permis de regagner la confiance de nos partenaires européens.

Nous sommes également parvenus à démontrer que cette crise ne pouvait se régler uniquement à l’échelle nationale, qu’il s’agissait d’un travail commun et que la réponse à nos maux européens ne devait se faire que d’une seule et même voix : celle d’une union toute entière.

Avril 22, 2013