Jeudi, 5 Décembre 2019
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La diplomatie énergétique

La diplomatie énergétique

Compte tenu de l’intérêt auquel les sujets de politique énergétique internationale sont suivis à l'échelle mondiale au 21ème siècle et considérant que les réseaux de transport de gaz naturel, de pétrole et d’électricité constituent une priorité de la politique étrangère de notre pays, le Ministère des Affaires Étrangères veille systématiquement aux sujets énergétiques internationaux. Un accent particulier est mis sur les développements énergétiques dans les secteurs des gazoducs et des oléoducs, des installations de stockage de gaz naturel liquéfié (LNG), des réseaux électriques, des sources d’énergie renouvelables et des développements au sein de l’Union Européenne (UE).  Parallèlement, il existe une coordination étroite  et une coopération avec le compétent Ministère de l'Environnement et de l'Énergie.
L'objectif principal de la politique énergétique de la Grèce et, en particulier, des relations énergétiques internationales de notre pays, est de maximiser la sécurité énergétique, à des prix unitaires compétitifs, à des sources et des routes énergétiques multiples et alternatives. À cette fin se développent, tous les contacts internationaux, tant bilatéraux que trilatéraux ou quadripartites, avec les pays de la région élargie, avec l’axe grec-chypriote en tant que pierre angulaire. Dans ce contexte, la Grèce encourage fortement la coopération énergétique avec les pays de la Méditerranée orientale (Israël, l'Egypte et d'autres pays). De plus, notre pays joue un rôle actif au niveau multilatéral (Union européenne, Union de l’Énergie, Forum du Gaz de la Méditerranée orientale-EMGF, Agence Internationale de l’ Énergie - IEA, V4 +4 +2, etc.) dans la région de l’Europe du Sud-Est, des Balkans occidentaux et de la Méditerranée orientale.
La Grèce aspire à devenir une porte d'entrée, mais également un centre de transit énergétique d'est en ouest et du sud au nord. Le Corridor Sud est d’une importance primordiale. Il s’agit également d’un élément essentiel de la politique énergétique de l’UE, contribuant ainsi à renforcer la sécurité et la flexibilité de son approvisionnement énergétique. Le Corridor Sud comprend  le réseau des gazoducs SCPX (Extension du Gazoduc Caucase Sud), TANAP (Gazoduc Transanatolien) et TAP (Gazoduc Trans-Adriatique), transportant du gaz naturel de la mer Caspienne (Deuxième Phase du Development du dépôt Shah Deniz) au marché européen (Italie du Sud) via la Géorgie, la Turquie, la Grèce et l'Albanie.
Le Gazoduc Trans - Adriatique (TAP), est la dernière partie du Corridor Sud et a été identifié comme l’un des dix plus importants projets énergétiques réalisés au niveau mondial (Projet d'Intérêt Commun - PCI). La construction de la section grecque du gazoduc TAP est presque terminée et l'objectif est de le mettre en exploitation commerciale à la fin de 2020. Le gazoduc renforce la sécurité énergétique de la Grèce, qui peut lui fournir 1 milliard de mètres cubes  par an, tout en renforçant son rôle dans le transport du gaz de la mer Caspienne vers les marchés européens et en créant de nouvelles opportunités pour alimenter les marchés énergétiques émergents de l'Europe du Sud - Est via des interconnections verticales. Exemple typique, le gazoduc à double flux Ιonien - Adriatique (Gazoduc Ionien Adriatique - IAP), qui devrait rejoindre le TAP à Fieri en Albanie longeant la côte est de l’Adriatique et traversant le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine, se terminera à Split, en Croatie.

En plus, la Macédoine du Nord souhaiterait être approvisionné par TAP, mais également par d'autres sources d'énergie via la Grèce. À cet égard, un protocole d'accord a été signé entre les autorités compétentes des deux pays pour la construction du gazoduc, qui, du côté grec, aura comme point de départ la Nouvelle-Mesimvria.
Notre pays promeut la mise en œuvre du Couloir de Gaz Vertical, qui constituera la somme des infrastructures énergétiques de gaz naturel existantes et prévues. Le Couloir de Gaz Vertical est prévu de transporter du gaz naturel provenant de sources diverses, notamment du terminal de LNG à Revythoussa, du projet de terminal FSRU à Alexandroupolis, ainsi que du gazoduc TAP, via la Bulgarie vers les pays d’Europe centrale et orientale.
L'interconnection gazière entre la Grèce et la Bulgarie (Interconnecteur Grèce – Bulgarie/ IGB) est un élément clé et premier «maillon» de la «chaîne» énergétique du Couloir de Gaz Vertical (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Ukraine et Moldavie). Le gazoduc, avec une capacité de flux inverse, reliera les réseaux de gaz grec et bulgare (Komotini - Stara Zagora) et est conçu pour transporter du gaz naturel provenant des sources susmentionnées. Le 10.10.2019, à Sofia, l'accord intergouvernemental entre la Grèce et la Bulgarie sur sa réalisation a été signé.
À la suite de la découverte des ressources énergétiques importantes en Méditerranée orientale (Égypte, Israël, Chypre), la coopération énergétique est devenue un domaine prioritaire offrant des perspectives grandes et dynamique pour la region et l’UE en général. Les infrastructures énergétiques promues dans la région de la Méditerranée orientale sont un exemple de coopération énergétique que notre pays soutient activement. En particulier, le gazoduc EastMed (Grèce-Chypre-Israël-Italie), qui acheminera des quantités de gaz du bassin de Levantine vers l'Europe, via la Crète et la Grèce continentale, ainsi que des interconnections électriques  entre la Grèce, Chypre, Israël et l'Egypte, devraient présenter des avantages géopolitiques et économiques significatifs, non seulement au niveau régional mais également au niveau européen.
Au-delà de ce qui précède, il ne faut toutefois pas oublier que le LNG est le combustible fossile qui connaît la plus forte croissance au monde ces dernières années, en raison de sa souplesse d'utilisation, de son prix plus compétitif par rapport au passé récent, de son empreinte environnementale relativement faible et de  la politique de transition énergétique pour une économie mondiale sans carbone. L’exploitation du terminal LNG de Revythoussa, ainsi que la planification de la construction de l’ unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) à Alexandroupolis, illustrent le potentiel du secteur du LNG pour la sécurité énergétique de notre pays et de la région.
Plus précisément, le terminal de Revythoussa, le seul terminal LNG du sud-est de l'Europe et l'un des 24 existants dans l'Union européenne depuis le début des années 2000, alimenté par des importations de gaz sur la base des contrats à long terme, principalement en provenance de l'Algérie, et du marché au comptant mondial (spot market). Suite à sa récente mise à niveau, il a davantage contribué à la sécurité de l'approvisionnement énergétique et à la flexibilité opérationnelle du réseau de transport et peut fournir des quantités de gaz suffisantes aux pays voisins. Dans le même temps, la perspective de fonctionnement de FSRU à Alexandroupolis complète l’ image général en créant un nouveau portail énergétique supplémentaire, capable de sécuriser des quantités importantes de gaz pour alimenter les marchés grec et régionaux.
Εn outre, un pilier important de la politique énergétique du pays et, par extension, de sa diplomatie énergétique est la recherche et l’exploitation des hydrocarbures domestiques, liée aux sujets de sécurité énergétique et de développement économique. L’objectif est de susciter l’intérêt des groupes énergétiques internationaux pour l’exploration de nouvelles parcelles et dans ce sens vont les efforts des autorités diplomatiques grecques à l’étranger.
Dans le secteur en forte croissance des énergies renouvelables (RES), le Ministère des Affaires Étrangères consulte les parties prenantes et surveille les nouvelles orientations et tendances de ce marché aux niveau grec, européen et international (IRENA). En outre, le Ministère des Affaires Étrangères contribue activement à l'extraversion du potentiel national du secteur des énergies renouvelables, car notre pays a développé un savoir-faire important dans ce secteur, promouvant l'ouverture du secteur des énergies renouvelables en Grèce à de nouveaux marchés étrangers par le biais de réseau économique de nos ambassades. Les objectifs énergétiques nationaux pour 2030 forment un cadre solide pour la croissance des entreprises dans lequel la Grèce est appelée à exploiter les possibilités offertes par son potentiel naturel dans les technologies d'énergies renouvelables, en maximisant leur participation au «mix énergétique», en économisant de l'énergie et en limitant ses émissions de gaz à effet de serre. La réalisation de ces objectifs contribuera à la sécurité de l'approvisionnement énergétique, à l'utilisation optimale des ressources naturelles et à l'amélioration de la compétitivité des secteurs clés de l'économie grecque.
En conclusion, le Ministère des Affaires Étrangères, par l’intermédiaire de ses autorités diplomatiques à l’étranger, suit de près l’évolution de la situation énergétique dans le monde, les accords internationaux et les tendances en la matière, car ils influencent largement l’évolution géopolitique et traitent le secteur énergétique du pays comme un levier de développement à haute valeur ajoutée. Il suit également les sujets soulevés dans les organisations énergétiques internationales et régionales, dans lesquelles des décisions sont prises concernant l'avenir énergétique mondial et européen.