Vendredi, 22 Novembre 2019
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Lutte contre la piraterie

Les attaques de pirates contre les navires commerciaux, aussi bien au large des côtes de la Somalie que dans la région du golfe de Guinée et sur les mers bordant le subcontinent Indien, menacent le commerce et la navigation libre et sans entraves.

Un grand nombre d’organisations internationales, avec au premier plan l’ONU et l’Organisation Maritime Internationale (International Maritime Organisation – IMO) se consacrent à la lutte contre le phénomène de la piraterie mais aussi ses causes profondes.

Α. REGION AU LARGE DE LA SOMALIE

En réaction à la recrudescence de la menace des actes de piraterie au large des côtes de la Somalie, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une série de résolutions (dont les résolutions 1814/2008, 1816/2008, 1838/2008, 1846/2008, 2125/2013 et 2184/2014) pour lutter contre ce phénomène, tandis que bon nombre de pays,  notamment les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde, y ont envoyé leurs propres forces navales.


Dans le cadre de l’Union européenne et lors de la présidence hellénique du Conseil de l’UE (juin 2014), a été adoptée la Stratégie européenne pour la sécurité maritime (European Maritime Security Strategy). Ce texte encadre la coordination et l’action des autorités européennes et nationales compétentes dans le but de a) garantir un développement cohérent de leurs politiques visant à apporter une réponse européenne aux menaces et aux dangers dans le secteur maritime et b) protéger les intérêts stratégiques de l’UE en mer tout comme parvenir à l’application de ladite Stratégie. L’un des volets de cette stratégie concerne la piraterie.


Dans la région, l’Union européenne agit par le biais de l’Opération Atalante EU NAVFOR Somalia – Operation Atalanta (protection de la navigation et prévention). 

Le Groupe de contact sur la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes (Contact Group on Piracy off the Coast of Somalia - CGPCS), chargé de coordonner les opérations contre la piraterie, a été créé suite à une initiative américaine et en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (1851/2008). Il s’est réuni pour la première fois en janvier 2009.


Parallèlement, la marine marchande internationale adapte continuellement ses actions en prenant des mesures d’autoprotection des navires. Un nouveau guide BMP5 (Best Management Practices Version 5) rassemblant les bonnes pratiques de lutte contre la piraterie somalienne a été mis à jour en juin 2018.

De 2012 à la fin de 2016, la piraterie aux larges de la Somalie a decru. Ce net recul est dû : a) à l’action efficace du groupe de contact CGPCS, b) à l’application par les équipages des navires des meilleures pratiques de gestion (BMP) et c) à l’ embarquement d’agents de sécurité armés qui tend à se généraliser. Cependant, depuis le 13 mars 2017, de nouvelles attaques ont été perpétrées, démontrant ainsi que le risque persiste.

PARTICIPATION GRECQUE

La Grèce est membre fondateur du Groupe de contact et en a exercé la présidence, au premier semestre 2010. Par ailleurs, elle a assumé la direction de l’opération Atalante de décembre 2008 à avril 2009 avec la participation de la frégate « Hydra » et de la frégate « Psara » 

Au niveau de la législation nationale, les autorités helléniques ont engagé des poursuites contre des personnes s’étant emparées de navires battant pavillon grec. La loi  4058/16.03.2012 règle la question de la présence d’agents de sécurité armés sur les navires commerciaux.


Β. REGION DU GOLFE DE GUINEE

Le recul du phénomène de la piraterie au large de la Somalie a coïncidé avec la recrudescence de violents incidents de piraterie et d’attaques armées dans la région du Golfe de Guinée, en Afrique occidentale. Les pirates / voleurs à main armée sont souvent bien équipés et violents, n’ ayant pas hésité, par le passé, à  pousser leurs attaques jusqu’  à une distance de 170 milles marins de la côte.


Le Conseil de sécurité de l’ONU, à travers les résolutions 2018 (2011) et 2039 (2012) incite la communauté internationale à soutenir concrètement les pays de la région dans leur effort visant à prendre des mesures contre la piraterie au niveau tant national que régional.


Suite à la proposition de la Grèce, l’Organisation Maritime Internationale a adopté en décembre 2013 une décision concernant la prévention et la lutte contre la piraterie, les attaques armées contre les navires et l’activité maritime illégale dans le Golfe de Guinée.


L’Union européenne a adopté en 2015, un plan d’action 2015-2020 pour le Golfe de Guinée (EU Gulf of Guinea Action Plan 2015-2020) grace auquel elle contribuera au renforcement des capacités régionales et nationales, à l’ élaboration de stratégies maritimes nationales et à l’ amélioration des capacités d’ intervention.

Dernière mise à jour jeudi, 31 octobre 2019