Débat du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, au Forum Athens Alitheia sur le thème « Un faux post peut-il déclencher une crise internationale ? » (Athènes, 10.03.2026)

Débat du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, au Forum Athens Alitheia sur le thème « Un faux post peut-il déclencher une crise internationale ? » (Athènes, 10.03.2026)

Débat modéré par le rédacteur politique Stavros Papantoniou

JOURNALISTE : Bonsoir à tous. Nous remercions vivement le Secrétariat général du gouvernement pour son invitation. Je suis ravi de m'entretenir aujourd'hui avec le ministre des Affaires étrangères, à un moment où, Monsieur le Ministre, votre rôle et votre position sont au premier plan de l'actualité, malheureusement pour de mauvaises raisons, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Nous en parlerons, mais pas seulement. Notre sujet est autre. Les fausses nouvelles et comment une information erronée peut même créer une crise internationale. Et j'aimerais, pour commencer, que vous nous donniez votre avis sur la question de savoir dans quelle mesure il est possible, à l'heure actuelle, qu'une fausse information en arrive à créer une crise internationale. C’est-à-dire une fausse information qui ne reste pas simplement au niveau des réseaux sociaux, de la diffusion ou de la mauvaise impression produite chez les citoyens, mais qu'elle aille plus loin.

G. GERAPETRITIS : Tout d'abord, je tiens à remercier chaleureusement le vice-ministre et vous-même, Monsieur Papantoniou, pour cette invitation. C'est un grand honneur pour moi d'être parmi vous aujourd'hui et de discuter d'un sujet très important, non seulement pour la sécurité internationale, mais aussi, je pense, pour la démocratie elle-même. Malheureusement, les fausses informations s'appuient sur un moyen très légitime, à savoir le développement de la technologie. Et comme toutes les grandes découvertes, les grands progrès, les avancées qui ont lieu dans le monde, cela a un prix. La haute technologie s'accompagne également d'un coût élevé, lié au fait de la désinformation, qui prend malheureusement aujourd'hui un caractère extrêmement agressif. La grande majorité des gens, des citoyens, s'informent désormais par le biais des réseaux sociaux, ce qui fait que les informations sont non vérifiées et non recoupées. De plus, il est vrai que l'exactitude et l'intégrité de l'information sont désormais sacrifiées au profit de la rapidité. La rapidité, qui est devenue, je pense, une caractéristique endémique, est ce qui nous poursuit tous. Peu avant de venir, j'ai vu deux publications, puisque les publications sont le sujet de notre discussion. La première publication est une bombe, dont une caméra suit la trajectoire, et qui tombe sur un navire de guerre japonais de la Seconde Guerre mondiale. Il était évident que cette image était fausse. En effet, elle était en couleur, en haute définition...

JOURNALISTE : Les commentaires ci-dessous seront intéressants. La plupart des gens y ont-ils cru ?

G. GERAPETRITIS : Cinq millions de vues uniques en quelques heures. Cinq millions de vues, dont la grande majorité, je pense, a cru que cela se passait réellement. Et puis j'ai vu quelque chose d'encore pire. J'ai vu des photos de bombardements en Ukraine, qui avaient été transférées au Moyen-Orient aujourd'hui. Et bien sûr, les commentaires disaient qu'il s'agissait de bombardements dans les pays du Golfe, en Iran, au Liban, en Israël. Et c'était tout à fait crédible. En cherchant, j'ai vu que le temps nécessaire pour créer une telle fausse image, pour un spécialiste, est de 15 à 30 secondes. Nous comprenons donc tous à quel point le coût et le temps nécessaires à la production sont faibles, mais à quel point le prix à payer pour la démocratie et la paix est élevé.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, votre exemple est très pertinent. Ma question porte sur ce point. Cinq millions de vues. Cela a peut-être été crédible pour un pourcentage que nous ne connaissons pas, ou que connaissent peut-être ceux qui ont créé le post. À quel niveau cela peut-il aller ? Cela peut-il rester au niveau des citoyens ou cela peut-il aller jusqu'à créer une crise à un niveau supérieur ? C'est-à-dire influencer les développements au sommet de la pyramide.

G. GERAPETRITIS : Mais dans la plupart des cas, le but est de créer une crise. Si vous regardez ce qui se passe aujourd'hui sur la scène internationale, vous constaterez simplement - avec regret, comme nous tous, j'imagine - que ce type de fausse information est diffusé délibérément, non seulement dans le but de désinformer les citoyens, mais aussi soit pour altérer les caractéristiques de la démocratie, soit pour créer une crise internationale. Imaginez, rien que l'année dernière, nous avons eu plusieurs cas de processus électoraux avec des dizaines de milliers de bots et de fausses informations, qui se sont avérés avoir un expéditeur spécifique et constituer une tentative d'ingérence dans le choix démocratique des citoyens. Car la démocratie sans liberté et sans intégrité de l'information n'a pas de sens. C'est une condition préalable.

JOURNALISTE : Et quelle est la solution pour y remédier ? La solution, tant sur le plan technique que dans la réalité. Autrement dit, au cas où le ministère des Affaires étrangères aurait été confronté - nous parlons ici d'un scénario théorique - à un tel phénomène, qui concerne notre propre pays, quels seraient les mécanismes qui aurait à sa disposition pour y faire face ?

G. GERAPETRITIS : Les mécanismes existent et sont en constante évolution. Il faut simplement savoir qu'avec le développement de la technologie, tout anticorps créé engendre toujours une nouvelle forme de recherche et d'innovation dans ce domaine. Nous devons donc certainement rester vigilants en permanence.

JOURNALISTE : Avez-vous un exemple à nous donner à ce sujet ?

G. GERAPETRITIS : Bien sûr. J'ai le plaisir de vous annoncer qu'à partir du 1er avril, une nouvelle plateforme très spécialisée, le Global Media Center, sera mise en place au ministère des Affaires étrangères. Elle aura pour objectif de rassembler toutes les informations provenant de n'importe quel média et de n'importe quel organisme.

JOURNALISTE : Vous nous donnez une nouvelle maintenant ?

G. GERAPETRITIS : Je vous donne une nouvelle.

Le Global Media Center concernera la Grèce, il procédera à une vérification de cette information, afin que nous connaissions l'origine et l'intégrité de l'information, qu'il y ait un traitement et une réaction immédiate, par le biais de la diplomatie publique. Il s'agit d'un projet financé par le Fonds de relance et de résilience qui, dans quelques jours, permettra au pays de savoir, premièrement, quelles informations circulent, deuxièmement, leur niveau d'intégrité et, troisièmement, les mesures recommandées pour y réagir.

Je tiens toutefois à être tout à fait honnête avec vous. Je ne pense pas que la réaction puisse être utile, définitive et durable, ou même possible, si elle n'atteint pas le niveau nécessaire pour faire partie intégrante de notre éducation. En d'autres termes, s'il n'y a pas d'éducation numérique à tous les niveaux de la société, à commencer par l'école et l'environnement familial, je pense qu'il est impossible de lutter efficacement contre ce fléau. Car la désinformation - la désinformation consciente - est la forme moderne du totalitarisme.

JOURNALISTE : Ce que vous dites est bien sûr plus lent que l'autre. Car les conséquences de la désinformation et des fake news peuvent avoir un impact immédiat et il doit y avoir un mécanisme qui soit plus immédiat.

G. GERAPETRITIS : Nous disions autrefois que le plus grand danger pour la démocratie et la paix était la démagogie.

JOURNALISTE : Depuis toujours.

G. GERAPETRITIS : Malheureusement, la démagogie est désormais plutôt une caractéristique très modérée. Le discours en général est toujours susceptible d'être critiqué. Le moyen de communication multiplicateur ne peut pas être critiqué de la même manière. Ce que nous observons aujourd'hui est ce que la littérature internationale appelle l'ère de la post-vérité. La post-vérité est en réalité l'osmose, un paysage flou entre la réalité et l'émotion, de sorte que chacun perçoit chaque événement non pas dans son caractère absolu, dans sa réalité, mais le vit comme une émotion. Malheureusement, l'information contemporaine, la manipulation contemporaine, consiste principalement à soumettre l'image à l'émotion.

Souvent, par exemple, on voit l'utilisation d'enfants pour créer une crise majeure, puisque nous parlons de questions de crises internationales.

Combien de fois avons-nous vu des reportages qui incluent des images ? L'intelligence artificielle n'est plus contrôlée pour sa fiabilité, sauf après une action très complexe. Combien de fois avons-nous vu des émissions et des informations utilisant précisément de jeunes enfants afin de susciter l'émotion au détriment des citoyens, des États, des peuples ?

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, ce que vous décrivez me conduit à me poser une question, qui me préoccupe réellement : les fake news et ce type de désinformation pourraient-ils constituer - si ce n'est déjà le cas, je le mets entre parenthèses - une forme de guerre hybride à l'avenir ? En d'autres termes, pourrions-nous inclure les fausses informations et la désinformation parmi les menaces officielles – je mets cela entre guillemets – ?

G. GERAPETRITIS : À l'heure actuelle, elles sont considérées comme la quatrième menace mondiale dans toutes les évaluations internationales.

JOURNALISTE : Elles constituent donc déjà une menace.

G. GERAPETRITIS : Ce sont déjà une menace à l'heure actuelle et elles ont une tendance à la hausse en termes de capacité et d'influence, après les conflits armés et d'autres formes de menaces hybrides. En quatrième position des menaces réelles, après la crise climatique, en quatrième position parmi toutes les menaces qui frappent aujourd'hui l'humanité, se trouve la désinformation.

Nous devons comprendre que la désinformation est un moyen qu'il est impossible de combattre. Comme je l'ai déjà dit, elle est peu coûteuse et immédiate. Il n'est pas possible de la combattre de manière efficace.

Je voudrais vous dire ceci, si vous me le permettez. En venant ici, je réfléchissais au titre de la manifestation d'aujourd'hui, « Alitheia».

Comme vous le savez, le mot « alitheia » vient, étymologiquement, du préfixe « a » et du mot « léthé », ce qui signifie que c'est le fait réel qui ne se soumet pas à l'oubli, c'est-à-dire qui reste éternel en tant que fait réel, ontologique. Malheureusement, aujourd'hui, le fait réel n'a pas d'existence propre. En d'autres termes, si quelqu'un tente de minimiser le caractère absolu du fait, il y parviendra certainement, et ce de manière tout à fait efficace. Ainsi, à l'ère de cette post-vérité, il existe des événements qui sont oubliés, et qui sont facilement oubliés.

Je fais parfois le rapprochement, le même rapprochement que je faisais auparavant à mes étudiants, c’est-à-dire que dans le contexte actuel de la société de l'information, qui a tous les avantages du monde, mais aussi les inconvénients dont nous discutons aujourd'hui, la réalité n'est plus un tableau clair, comme le tableau classique de la Renaissance. C'est un tableau purement impressionniste, sans lignes extrêmes, avec des champs parfaitement flous, de sorte que personne ne peut distinguer où se trouve chaque extrémité de la réalité. Dans le contexte de la dystopie actuelle qui est le prix que nous payons à l'ère de la technologie, nous devons avoir une réaction éducative universelle.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, nous sommes en pleine guerre. Je ne sais pas si cette question a une réponse précise, mais si nous pouvions dire aujourd'hui, en 2026, avec cette guerre en cours, quel pourcentage de la guerre est influencé par les fausses informations ? Auriez-vous une réponse à cette question ?

G. GERAPETRITIS : Je pense que cela influence énormément la perception de la guerre dans le monde entier. Si nous regardons ce qui se passe actuellement, les réactions du reste du monde, - et je ne parle pas seulement des pays en guerre - je parle aussi des pays qui se trouvent autour de la zone de guerre, nous voyons que la conscience collective se forme principalement sur la base des informations qui circulent sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux.

JOURNALISTE : Qui sont en partie fausses...

G. GERAPETRITIS : Qui sont en grande partie inexactes.

JOURNALISTE : Avons-nous une idée, en pourcentage, de ce que cela pourrait représenter ?

G. GERAPETRITIS : Il faut tenir compte de la particularité du phénomène. Une information, en tant qu'information, c'est-à-dire en tant que nouvelle diffusée via les réseaux sociaux, elle a une valeur unique, mais aussi une valeur multiplicatrice. Une information relayée par un média fiable a une valeur unique. En revanche une information fausse, relayée de manière multiplicative par des algorithmes, a une valeur qui augmente de manière exponentielle. Une information dépend donc de la manière dont elle sera diffusée. Et comme ceux qui cherchent systématiquement à diffuser l'information de manière multiplicative y parviennent généralement grâce à ces moyens, les informations fausses ont malheureusement un effet multiplicateur infiniment plus important que les informations vraies.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, vous avez parlé tout à l'heure, en réponse à ma question, d'un mécanisme qui permettrait de contrôler, de vérifier les fausses informations et, d'une certaine manière, de les arrêter, si j'ai bien compris. Et cela soulève une autre question, à laquelle nous devrons, je pense, répondre tôt ou tard. Où s'arrête le contrôle et où commence le droit d'expression ? Et quel débat cela peut-il susciter ? Car vous comprenez que cette vérification, ce contrôle, peut très facilement créer d'autres types de problèmes et donner l'impression - nous vivons à une époque assez complotiste - que nous voulons contrôler l'information.

G. GERAPETRITIS : La liberté d'expression est le fondement de la civilisation occidentale moderne. C'est un droit qui, en réalité, s'est imposé de façon absolue. C'est l'un des rares droits que l'Occident, et en particulier la vision américaine des choses, a perçu comme un droit absolu, qui ne souffre aucun compromis. C'est sur cela que se sont construites les démocraties modernes.

JOURNALISTE : Mais craignez-vous cette discussion ? Craignez-vous qu'elle commence à un moment donné ? « Ne m'arrête pas. Je dirai ce que je veux parce que toi, avec ton mécanisme de censure, tu veux m'imposer ce que toi tu veux. »

G. GERAPETRITIS : Il y a ici deux paramètres qui sont essentiels. Le premier paramètre est que le moyen le plus sûr de perdre la vérité est de la noyer dans un océan d'informations. Et le second est que les mécanismes de manipulation de la vérité ont un pouvoir bien plus grand que la vérité elle-même. Donc, à mon avis, ce dont nous devons nous occuper, ce n'est pas de contrôler le flux d'informations. Car ici, le réel dépasse le juridique.

Si quelqu'un tente de mettre en place un cadre réglementaire pour contrôler la vérité, il échouera. Pourquoi échouera-t-il ? Parce que la réalité, c'est-à-dire la technologie, est à un tel point au-delà et au-dessus de la loi que celle-ci ne peut y faire face. Que pouvons-nous faire ? Nous pouvons opposer la vérité, ce que nous appelons la diplomatie publique, c'est-à-dire l'image de la vérité, qui peut être opposée efficacement à tout mensonge, et surtout la culture réelle de la valeur de la vérité. Car, en fin de compte, la vérité n'est pas simplement une caractéristique propre à la démocratie ou à la liberté. La vérité est une condition nécessaire à la véritable coexistence entre les êtres humains.

JOURNALISTE : Vous avez répondu de manière diplomatique, comme un bon ministre des Affaires étrangères, et je l'accepte car c'était une réponse diplomatique. En tant que ministre des Affaires étrangères, avez-vous été confronté, Monsieur le Ministre, à de fausses informations qui vous ont inquiété, qui vous ont mis la puce à l'oreille ?

G. GERAPETRITIS : J'y suis confronté tous les jours.

JOURNALISTE : Des fausses informations qui concernent notre pays ?

G. GERAPETRITIS : Qui concernent notre pays, tous les jours. Tous les jours, il y a de fausses informations qui font référence à des faits réels. Attention, je voudrais faire la distinction, car pour des raisons d'intégrité académique, je pense qu'il est nécessaire de le faire.

Je fais la distinction entre la critique, qui peut et doit être faite, en particulier à l'encontre des personnalités publiques. Toutes les personnalités publiques, qui sont exposées, doivent faire preuve d'une grande tolérance à l'égard de la critique, mais la question de la vérité, des faits réels, est tout autre. Les faits réels, précisément parce qu'ils ont une dimension ontologique, ne peuvent être déformés. Vous pouvez critiquer autant que vous le souhaitez. Mais nous devons tous accepter les faits réels. Malheureusement, c'est ce type « d'osmose » entre la réalité et la critique qui nous pose problème. Et pour chaque pays, à l'heure actuelle, pour chaque pays, le danger de la désinformation - et je ne parle pas seulement de l'image publique – mais aussi de l'ingérence, qui peut être le fait de pays étrangers cherchant à exercer une influence et, dans un certain sens, à se présenter sous le couvert de la démocratie, c'est-à-dire à influencer la conscience des citoyens afin de s'infiltrer dans leur subconscient collectif. Et parce que nous vivons actuellement des bouleversements très importants, des changements très importants dans l'architecture internationale et en particulier dans le domaine de la sécurité, ce que je voudrais souligner, c'est que nous devons tous être vigilants. La vérification de toute information doit en effet devenir une seconde nature pour ceux d'entre nous qui s'occupent des affaires publiques.

JOURNALISTE : Monsieur le Ministre, dernière question avant de conclure, car nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui nous préoccupe tous, à savoir la guerre au Moyen-Orient. Avez-vous une estimation de la durée probable de cette guerre ?

G. GERAPETRITIS : Vous comprenez tous que si je faisais une estimation, je m'aventurerais dans le domaine de la métaphysique, car il n'y a rien de plus prévisible aujourd'hui que l'imprévisible. Ce que nous faisons, c'est envisager tous les scénarios hypothétiques possibles pour toute évolution. Cependant, je dois aller au-delà de ce qui est évident et voir qu'il y a un espoir de désescalade de la crise et des tensions. Nous comprenons que pour les pays concernés, qui paient déjà un lourd tribut, tant en vies humaines qu'en termes de dégradation du tissu social, les conséquences sont très importantes. Mais les conséquences sont désormais visibles dans le monde entier et auront un effet multiplicateur sur l'économie, l'immigration et la géopolitique. J'ai le sentiment que nous sommes peut-être dans une phase de relative désescalade. Je ne m'attends pas à ce que les hostilités cessent du jour au lendemain et que nous nous asseyions à la table des négociations. Mais j'ai le sentiment qu'il y a de plus en plus une compréhension générale que cette guerre n'aura pas de vainqueurs.

JOURNALISTE : Les traces de la guerre seront-elles indélébiles ou pensez-vous que la plaie pourra se refermer, avec la fin de la guerre ?

G. GERAPETRITIS : Le Moyen-Orient au sens large est une région qui connaît depuis des siècles des troubles permanents. C'est une plaie béante et je pense que nous devons la considérer comme telle. Ce que je veux dire, c'est que tout accord mettant fin à la guerre, tout accord sur l'avenir de la région au sens large doit avant tout être viable. Et pour qu'un traité de paix soit viable, il ne doit pas humilier les peuples. Elle doit permettre à tous les peuples de la région élargie de sortir de cette situation extrêmement négative, de cette situation dystopique, avec, à tout le moins, un meilleur niveau de sécurité, afin qu'ils puissent coexister harmonieusement. Car, comme l'histoire nous l'a enseigné, les conditions humiliantes ne sont que temporaires.

JOURNALISTE : Je vous remercie monsieur le ministre.

G. GERAPETRITIS : Je vous remercie.

Mars 10, 2026