Diplomatie énergétique

Dans le contexte actuel, une priorité essentielle pour la Grèce consiste à renforcer la sécurité énergétique, tout en promouvant la transition verte et le passage vers une économie bas carbone. La Grèce cherche à diversifier les sources et les fournisseurs d’énergie, ainsi que les voies d’approvisionnement, à attirer des investissements dans les technologies et infrastructures propres, et à se positionner comme un pôle régional du gaz naturel et un point d’accès de l’électricité verte vers l’Europe. À travers des coopérations au niveau régional et international, sont encouragées l’optimisation de l’utilisation des ressources énergétiques, la transition vers un mix énergétique plus propre, le renforcement de la résilience régionale ainsi que l’implication active des acteurs publics et privés.

Cadre européen et projets d’importance stratégique

Le renforcement du rôle de la Grèce sur la carte énergétique de l’Europe du Sud-Est et de l’Europe centrale se reflète dans des projets liés au gaz naturel, aux interconnexions électriques, à l’hydrogène, au stockage de l’énergie et à la capture du CO2. Une part importante de ces projets s’inscrit dans le cadre européen des projets d’importance stratégique. Les Projects of Common Interest (PCI – Projets d’intérêt commun) et les Projects of Mutual Interest (PMI – Projets d’intérêt mutuel) constituent des infrastructures énergétiques transfrontalières essentielles pour la sécurité énergétique, l’interconnectivité et la transition verte de l’UE.

  • La 7e liste PCI de la Commission européenne comprend des projets d’intérêt grec tels que le Great Sea Interconnector, les projets hydrogène H2DRIA, Poseidon, Thalis 1 et Ionian Energy Terminal, les infrastructures de stockage d’énergie d’Amfilochia et le système de stockage par batteries de Ptolemaida (BESS), ainsi que le projet Prinos CO2. Parallèlement, le GREGY Interconnector figure dans la 2e liste PMI en tant que projet stratégique d’interconnexion électrique verte entre l’Afrique et l’Europe.

 Infrastructures de gaz nature

Le Corridor Vertical de Gaz Naturel constitue un réseau d’infrastructures existantes et futures comprenant des gazoducs, des terminaux GNL et des installations de stockage de gaz naturel. Il relie la Grèce à la Bulgarie, à la Roumanie, à la Moldavie, à l’Ukraine, à la Hongrie et à la Slovaquie, avec le FSRU d’Alexandroupolis comme point d’entrée. Son objectif est d’acheminer du gaz naturel provenant de sources diversifiées vers les marchés de l’Europe du Sud-Est et de l’Europe centrale. La Grèce joue un rôle clé en tant que point d’entrée de fournitures diversifiées de gaz naturel grâce au Trans-Adriatic Pipeline (TAP), à l’interconnecteur Grèce-Bulgarie (IGB), au terminal GNL de Revithoussa et au FSRU d’Alexandroupolis.

Le gazoduc TAP, opérationnel depuis 2020 et traversant le nord de la Grèce, constitue le segment européen du Corridor gazier sud. La Grèce reçoit via le TAP environ 1 milliard de mètres cubes de gaz naturel par an en provenance d’Azerbaïdjan. Depuis le 1er janvier 2026, la première phase d’extension du gazoduc est entrée en service, augmentant sa capacité de transport d’environ 1,2 bcm par an.

Le gazoduc IGB, inauguré le 1er octobre 2022, constitue un élément clé du Corridor Vertical et crée une nouvelle voie sécurisée d’approvisionnement en gaz naturel vers l’Europe du Sud-Est.

  • Le FSRU d’Alexandroupolis, mis en service commercial le 1er octobre 2024, est connecté au Système national de transport de gaz naturel, qui est relié à l’IGB, renforçant ainsi la capacité d’approvisionnement de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Moldavie, de l’Ukraine, de la Hongrie et de la Slovaquie.

Interconnexions électriques et énergie verte

La Grèce promeut des interconnexions électriques qui renforcent son rôle de point d’entrée de l’électricité verte vers l’Europe.

  • Le Great Sea Interconnector (GSI), précédemment connu sous le nom EuroAsia Interconnector, concerne l’interconnexion électrique entre la Grèce, Chypre et Israël. Il s’agit d’un projet d’importance stratégique, puisqu’il mettra fin à l’isolement énergétique de Chypre et reliera Israël au marché européen de l’électricité. Le projet est mis en œuvre par l’Opérateur indépendant de transport d’électricité grec (ADMIE/IPTO) et figure sur la liste PCI de la Commission européenne.
  • Le GREGY Interconnector concerne le transport d’électricité verte depuis l’Égypte vers la Grèce et le marché européen via des câbles sous-marins à haute tension. Il figure sur la liste PMI de la Commission européenne et constitue un projet stratégique d’interconnexion électrique verte entre l’Afrique et l’Europe.
  • Parallèlement, Saudi-Greek Interconnector, prévue dans le Mémorandum d’entente signé par les deux pays en 2022, vise à faciliter le transport d’électricité renouvelable vers la Grèce et l’UE.

Sources d’énergie renouvelable

La Grèce figure parmi les pays affichant une forte part d’énergies renouvelables dans la production d’électricité. En 2025, elle s’est classée au 3e rang mondial pour la part de l’énergie solaire dans la production d’électricité et au 9e rang pour celle de l’énergie éolienne. La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité devrait dépasser 80 % d’ici 2030. Une attention particulière est accordée au développement du potentiel éolien terrestre et en mer du pays, notamment en mer Égée.

Corridor IMEC

  • Dans le cadre du Sommet du G20 tenu à New Delhi en septembre 2023, les États-Unis, l’Inde, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la France, l’Allemagne, l’Italie ainsi que l’Union européenne ont signé un mémorandum d’entente relatif à la création du India-Middle East-Europe Economic Corridor (IMEC), visant à relier l’Inde au Moyen-Orient et à l’Europe. Ce corridor est destiné à intégrer le transport de marchandises, d’énergie et de données numériques. Sa mise en œuvre complète nécessite toutefois des précisions supplémentaires concernant sa gouvernance, son financement et ses calendriers techniques.
  • La Grèce soutient la promotion de l’IMEC et cherche à s’inscrire dans cette dynamique élargie de coopération, en mettant en avant sa position géographique stratégique, ses infrastructures portuaires et énergétiques, sa puissance maritime ainsi que sa capacité à assurer des connexions avec les réseaux européens et régionaux de transport, d’énergie et de connectivité numérique.

 

Juin 10, 2026