JOURNALISTE : Votre rencontre avec le Secrétaire général de l'ONU a été plus longue que les précédentes. Sur quels sujets vous êtes-vous concentrés ? La question chypriote était-elle au centre des discussions ?
G. GERAPETRITIS : Nous avons eu l'occasion d'avoir une longue discussion en tête-à-tête avec le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, ainsi qu'une discussion en format élargi avec les délégations, et nous avons abordé un large éventail de sujets. Le premier et le plus important est bien sûr la question chypriote, qui constitue la priorité nationale de la politique du gouvernement et de l'État grec.
J'ai eu l'occasion de soulever ces questions auprès du Secrétaire général. Comme vous le savez, l'envoyée spéciale du Secrétaire général se trouve actuellement à Chypre, où elle a eu des entretiens privés et une discussion avec les deux dirigeants sur la question chypriote. La perspective est que, lorsque les conditions seront réunies et qu'il y aura une évolution tangible sur les questions qui nous occupent aujourd'hui et qui concernent les mesures de confiance, une nouvelle réunion en format élargi aura lieu.
Je tiens à souligner combien il est important que le Secrétaire général des Nations Unies accorde une grande priorité à la question chypriote dans son agenda. Nous pensons qu'il est important qu'il y ait une évolution majeure. Il ne s'agit pas seulement d'une question nationale. Il s'agit également du fait qu'à une époque de grands bouleversements sur la scène mondiale, il est extrêmement important qu'une question qui porte atteinte à la légitimité internationale puisse trouver une solution dans l'intérêt de Chypre, mais aussi de la sécurité internationale.
Nous avons également eu l'occasion de discuter avec le Secrétaire général de nombreux autres sujets, régionaux et internationaux. Nous avons discuté de la Libye et de la Syrie, de l'Afrique subsaharienne, de tous les foyers de tension dans le monde. J'ai présenté au Secrétaire général la position de la Grèce sur la Syrie, à savoir la nécessité d'une politique inclusive qui englobe toutes les communautés, religieuses et ethniques. Il faut que le développement en Syrie soit le plus équilibré possible, sans influences extérieures et toujours dans le respect des principes de la démocratie et de l'État de droit.
Nous avons eu l'occasion de discuter de la Libye. Comme vous le savez, je suis en contact permanent avec les deux parties libyennes. Les discussions sur une solution politique en Libye sont en cours, ce qui est tout à fait bienvenu et constituera une avancée importante pour la paix dans la région élargie de la Méditerranée orientale.
J'ai soulevé auprès du Secrétaire général les questions relatives à l'application du droit international, ainsi que les questions qui m'ont été posées par les Libyens et que j'ai transmises au Secrétaire général.
Nous avons identifié ensemble les foyers de tension qui constituent des problèmes majeurs pour la stabilité mondiale, en particulier au Moyen-Orient, en Ukraine, mais aussi en Afrique subsaharienne, qui se trouve actuellement dans une situation de conflits armés multiples.
Il est absolument nécessaire de mettre en place une alliance mondiale sous l'égide des Nations Unies afin de pouvoir contrôler ces conflits armés et éviter qu'ils ne sapent la sécurité internationale.
Enfin, nous avons discuté avec le Secrétaire général de questions relatives à l'architecture internationale de la sécurité. J'ai insisté sur le fait que la Grèce estime que les organisations internationales, et en particulier l'Organisation des Nations Unies, doivent rester au premier plan des efforts visant à instaurer l’État de droit et l'ordre sur la scène mondiale.
La voie que nous avons empruntée, celle du droit international et de la multilatéralité internationale, doit rester la voie à suivre. L'Organisation des Nations Unies a toujours été le bastion des petits et moyens États et doit demeurer ainsi. Elle est l'espoir d'une paix et d'une prospérité mondiales durables.
Janvier 29, 2026