G. GERAPETRITIS : Nous sommes aujourd'hui à Londres pour le Processus de Berlin. Il s'agit d'un forum extrêmement important, qui concerne l'avenir des Balkans occidentaux, l'avenir de l'Europe elle-même. La Grèce, qui a toujours été à l'avant-garde du processus d'adhésion des Balkans occidentaux, est aujourd'hui plus que jamais à la pointe des initiatives. Les Balkans occidentaux, qui se trouvent actuellement sur la voie menant à l'Union européenne, doivent accélérer leur progression. Tout comme l'Union européenne, elle doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les Balkans occidentaux deviennent une région de paix et de prospérité. Et pour y parvenir, la seule voie sûre est celle de la famille européenne. Il s'agit d'une nécessité absolue, car aujourd’hui nous faisons face à de nombreux défis, à des problèmes mondiaux et à une montée du nationalisme. Le chemin vers la famille européenne doit être accéléré. Et la Grèce s'efforcera d'aller dans cette direction grâce à une série d'initiatives.
JOURNALISTE : Avez-vous parlé plus précisément des flux migratoires ?
G. GERAPETRITIS : Nous avons parlé de l'immigration, des défis en matière de sécurité, qui sont nombreux. La sécurité concerne également les menaces hybrides. Nous faisons face à la crise alimentaire, à la crise climatique et aux crises sanitaires. Nous nous trouvons actuellement dans une situation extrêmement difficile, avec de multiples défis à relever. Tout cela a fait l'objet de notre discussion. Ce que nous constatons chaque jour, c'est que les crises nationales ou régionales deviennent de plus en plus universelles et que les problèmes locaux ou régionaux deviennent toujours géopolitiques. Cette évolution rend les relations interétatiques encore plus complexes. La seule solution qui permettrait d'étendre la prospérité dans la région, d'offrir une plus grande part du gâteau à la majorité, de renforcer la convergence entre les peuples et les États, serait l'unification, l'intégration des Balkans occidentaux dans la famille européenne. Nous partageons des défis communs, nous avons de grands problèmes communs et nous devons les gérer ensemble.
JOURNALISTE : Monsieur le Ministre, nous comprenons que la question ukrainienne a également été abordée en marge du sommet.
G. GERAPETRITIS : La question ukrainienne est toujours à l'ordre du jour de chaque discussion. Et ce, parce qu'elle change notre façon de penser en Europe. Il va sans dire que depuis que la situation a changé avec l'attaque aux frontières de l'Europe, au sein même de l'Europe, avec l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, notre façon de penser a changé. Tout d'abord, l'Europe passe d'un pilier économique et politique à un pilier géopolitique. Cela signifie davantage de synergies. Cela signifie davantage d'investissements dans la défense européenne et, surtout, une vision différente de l'autonomie stratégique de l'Europe. Cette autonomie stratégique implique également d'encourager autant que possible les États qui se trouvent aux portes de l'Union européenne à faire preuve de la force et de la résilience nécessaires afin de pouvoir faire face à d'éventuelles provocations ou interventions de la part d'États étrangers qui souhaitent les entraîner sur d'autres voies.
Octobre 22, 2025