Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec la ministre des Affaires étrangères de Finlande, Elina Valtonen (Helsinki, 09.10.2025)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec la ministre des Affaires étrangères de Finlande, Elina Valtonen (Helsinki, 09.10.2025)

G. GERAPETRITIS : C'est un grand plaisir pour moi d'être aujourd'hui à Helsinki avec ma distinguée homologue, Elina Valtonen.

Chère Elina, je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour l'accueil chaleureux que vous avez réservé à moi-même et à la délégation grecque.

Elina est toujours une collègue précieuse. Votre professionnalisme, votre personnalité dynamique et votre façon structurée de penser sont une source d'inspiration pour nous au sein des Conseils des Αffaires étrangères de l'UE.

Je me rends en Finlande à un moment où la région connaît une grande instabilité. La situation n'était pas la même au cours des dernières décennies. Il est vrai que, depuis quatre ans, diverses crises et conflits dominent l'agenda de la politique étrangère.

Je voudrais d'ailleurs saluer la présidence finlandaise de l'OSCE et les efforts déployés par Elina pour faire en sorte que cette organisation reste le principal forum pour traiter les défis et les questions de sécurité, en particulier les menaces hybrides dans notre région.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, nous avons fermement condamné l'invasion illégale de la Russie et avons toujours soutenu l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Ukraine.

En tant que fervent défenseur du droit international et de la Charte des Nations Unies, la Grèce soutient tous les efforts visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel qui garantira clairement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

En tant que nation maritime, la Grèce accorde une importance particulière à la sécurité maritime. Nous condamnons sans réserve l'existence d'une flotte fantôme qui viole manifestement le droit international. Et nous mettrons tout en œuvre pour lutter contre ce phénomène.

En tant que pays du sud et du nord de l'Europe respectivement, la Grèce et la Finlande se réunissent aujourd'hui dans le but de promouvoir une meilleure compréhension des défis en matière de sécurité. Nos frontières extérieures nous unissent et je pense que cela nous permet de mieux comprendre les défis contemporains auxquels nous sommes confrontés.

Dans ce contexte, je tiens tout d'abord à souligner que la protection des frontières est absolument essentielle et importante. Elle fait partie intégrante de la stratégie européenne. Nous soulignons l'importance d'un partage équitable des charges, de la solidarité et de la prévention de toute instrumentalisation des flux migratoires.

Deuxièmement, en tant que partenaires de l'UE, nous restons unis dans notre aspiration à une Europe plus forte, plus résiliente et stratégiquement autonome, ce qui implique un système de défense européen solide doté de capacités accrues. Et nous travaillons d'arrache-pied dans ce sens.

Parallèlement, en tant qu'alliés au sein de l'OTAN, après la décision historique de la Finlande d'adhérer à l'OTAN – que nous avons eu l'honneur de soutenir –, nous restons déterminés à renforcer les relations transatlantiques.

Nous avons également discuté de l'élargissement de l'UE. Nous estimons que cette question doit figurer en tête de l'ordre du jour. Il est important de donner une vision aux partenaires qui sont en phase de préadhésion à l'UE.

En ce qui concerne nos relations bilatérales, nous sommes convenus d'élargir notre coopération dans les domaines du commerce, de l'énergie et du tourisme, et de la renforcer dans d'autres domaines, tels que les entreprises émergentes.

Le renforcement de la coordination dans les instances internationales implique un soutien mutuel aux candidatures. La Grèce a le privilège de siéger au Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2025-2026 en tant que membre élu. Nous soutenons fermement la candidature finlandaise pour 2029-2030. J'espère que le mandat finlandais se déroulera dans des périodes moins troublées.

Dans son récent discours inspiré devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président Stubb a souligné que « la guerre est toujours un échec de l'humanité ». Je pense que cette déclaration est très importante pour nous tous, car elle reflète également nos échecs. Lors de notre réunion d'aujourd'hui, nous avons réaffirmé notre engagement à œuvrer ensemble au renforcement de l'ONU, afin de garantir que son rôle fondamental en faveur de la paix soit préservé dans l'intérêt des générations futures.

Je termine ma visite ici aujourd'hui en renouvelant notre détermination à approfondir notre coopération et notre respect pour la Finlande et la ministre des Affaires étrangères.

Nous travaillerons ensemble pour une Europe plus stratégique à l'avenir. Je vous remercie.

JOURNALISTE : Quel a été, selon vous, le rôle du président des États-Unis dans la pression exercée sur les parties pour parvenir à un cessez-le-feu ? Pensez-vous que ces développements pourraient jouer un rôle catalyseur dans l'attribution du prix Nobel de la paix à Donald Trump ?

G. GERAPETRITIS : La vérité est que les efforts de médiation du président Trump ont abouti à des résultats concrets et tangibles. Le plan qui a été élaboré s'avère être une réussite, du moins dans sa première phase, et nous attendons avec impatience sa mise en œuvre. Nous considérons qu'il s'agit d'un premier pas vers la trêve et la libération tant attendue des otages. Il s'agit en effet d'un succès majeur, et nous devons saluer le rôle de médiation joué par le président Trump.

Nous espérons que sa médiation s'avérera tout aussi efficace dans le dossier de l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Nous pensons que cette guerre doit cesser immédiatement, et nous sommes optimistes quant à la possibilité d'enregistrer des résultats positifs dans un avenir proche.

En ce qui concerne le prix Nobel, il serait peut-être préférable de poser la question à Elina, qui est plus proche du siège de l'Institut Nobel.

Octobre 9, 2025