Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, avec la ministre des Affaires étrangères, des Affaires du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, Yvette Cooper (Athènes, 18 décembre 2025)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, avec la ministre des Affaires étrangères, des Affaires du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, Yvette Cooper (Athènes, 18 décembre 2025)

Je souhaite aujourd'hui la bienvenue à Athènes à la ministre des Affaires étrangères, des Affaires du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, Yvette Cooper. Une femme politique à la forte personnalité et au discours international remarquable.

Cette visite intervient en effet huit ans après la dernière visite d'un ministre britannique des Affaires étrangères à Athènes. C'est pourquoi votre présence en Grèce, Madame la Ministre, revêt une importance symbolique considérable et nous procure une satisfaction particulière.

Nous sommes des alliés et des amis de longue date du Royaume-Uni. Des liens historiques, culturels et économiques nous unissent.

Et il est important, surtout à notre époque, de renforcer les fondations que nous avons posées il y a plus de deux siècles, afin que nos relations deviennent encore plus solides et plus fortes.

D'ailleurs, la communauté grecque au Royaume-Uni, la communauté maritime grecque établie dans le pays et les citoyens britanniques qui visitent régulièrement notre pays y contribuent de manière significative. Tous ces acteurs constituent à ce jour un lien puissant, un pont solide entre nos deux pays.

Notre coopération avec le Royaume-Uni dans le cadre de l'OTAN et du Conseil de sécurité des Nations Unies est particulièrement fructueuse.

En ce qui concerne l'Alliance atlantique, nous avons discuté des défis considérables en matière de sécurité, de nos priorités stratégiques et de la promotion d'une répartition plus équitable des charges de défense.

Je tiens à souligner que, dans le cadre de notre relation d'alliance, nous considérons comme indispensable que tout accord de défense conclu avec des pays tiers comporte l'obligation implicite que les équipements ne soient pas utilisés au détriment des pays alliés.

Nous avons également échangé nos points de vue sur l'Organisation des Nations Unies, la valeur ajoutée du multilatéralisme dans un contexte de crise supralocale marqué par une instabilité géopolitique croissante.

Nous avons eu l'occasion d'aborder des questions internationales d'intérêt commun : l'approfondissement des relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, l'Ukraine, le Moyen-Orient et l'Afrique.

En ce qui concerne l'Ukraine, la Grèce continuera à soutenir toute initiative visant à mettre fin à la guerre et à consolider une paix durable. Une paix qui garantira pleinement la souveraineté de l'Ukraine et prévoira les garanties de sécurité qui dissuaderont toute menace future.

En ce qui concerne Gaza, nous sommes convenus avec la ministre de la nécessité de maintenir le cessez-le-feu et de fournir une aide humanitaire massive aux civils palestiniens. Nous avons fait le choix stratégique de jouer un rôle actif dans les efforts de paix à Gaza, dans le domaine humanitaire et dans la reconstruction de la région. Dans le même temps, nous soutenons la réforme de l'Autorité palestinienne, que nous considérons comme une condition préalable nécessaire au lancement du processus politique visant à la mise en œuvre de la solution à deux États.

Madame la Ministre,

La Grèce est géographiquement située dans une région instable, elle fait partie intégrante de la Méditerranée, et plus précisément de la Méditerranée orientale. C'est un allié fiable qui joue un rôle stratégique et stabilisateur dans la région et tire parti des avantages comparatifs de son espace géographique et géopolitique dans le seul but de construire un modèle de paix et de prospérité dans une région qui a tant souffert des guerres et des conflits.

Cette région est en proie à des problèmes chroniques et accumule des défis contemporains d'envergure mondiale. Le terrorisme, la sécurité maritime, le changement climatique et les migrations en sont quelques-uns.

En ce qui concerne la migration, nous sommes convenus d'entamer un dialogue structuré afin de coordonner nos efforts pour lutter ensemble contre le phénomène de la migration irrégulière. Au cours des six dernières années, la Grèce a mis en œuvre une politique migratoire stricte mais équitable. Nous avons considérablement amélioré les structures d'accueil, accéléré les procédures d'octroi d'asile, mais nous surveillons également de manière cohérente les frontières terrestres et maritimes et appliquons un cadre national extrêmement strict en matière de sanctions.

Nous estimons toutefois qu'une coopération transnationale plus élargie est nécessaire, tant pour lutter contre le crime organisé lié à la traite d'êtres humains que pour gérer le retour des migrants en situation irrégulière. La Grèce, en tant que pays de première ligne, accorde une importance particulière au principe de solidarité et souligne la nécessité d'une coopération plus élargie avec nos partenaires, mais aussi avec les pays tiers.

Avec la ministre, nous avons également examiné les moyens de renforcer encore notre coopération bilatérale dans les domaines du commerce, des investissements, du tourisme et de la culture.

En ce qui concerne plus particulièrement la coopération dans le domaine culturel, je voudrais revenir sur une demande historique et légitime de la Grèce concernant la restitution des sculptures du Parthénon. Il s'agit d'une demande mondiale unique qui reflète le caractère universel du monument. Nous sommes en pourparlers avec le British Museum et nous nous réjouissons de la coopération avec la partie britannique.

Madame la Ministre,

Le cadre stratégique bilatéral entre la Grèce et le Royaume-Uni constitue le fondement de nos relations bilatérales. Ce n'est pas un hasard si la Grèce a été le premier État membre à signer un accord de ce type avec le Royaume-Uni après la sortie de ce dernier de l'UE.

Ce cadre a été renforcé lors de la récente troisième revue annuelle entre la vice-ministre des Affaires étrangères, Mme Alexandra Papadopoulou, et le vice-ministre britannique des Affaires étrangères, M. Stephen Doughty.

C'est notre souhait, mais aussi notre conviction profonde, que nous devons œuvrer pour porter les relations entre nos deux pays à un niveau encore plus élevé, comme l'exigent l'histoire et la compréhension mutuelle de nos peuples.

Chère Madame la Ministre, je vous souhaite plein succès dans vos nouvelles fonctions et me réjouis de notre coopération constructive.

Décembre 18, 2025