Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d'avoir convoqué cette réunion particulièrement importante, à un moment extrêmement critique pour le Moyen-Orient.
Les mots ne peuvent décrire ce que nous voyons se dérouler dans la bande de Gaza. La catastrophe humanitaire se poursuit. Depuis près de deux ans, la population civile subit des conditions de vie extrêmement difficiles et profondément préoccupantes. Personne ne devrait être contraint de vivre dans de telles conditions.
L'extension des opérations militaires à la ville de Gaza a entraîné de nouveaux déplacements de population et augmente le risque d'une aggravation de la crise humanitaire déjà dramatique. Cette situation met en danger la vie des civils. Toute nouvelle escalade à Gaza qui aggrave la situation déjà dramatique des civils doit être évitée.
Les souffrances endurées par les enfants soulignent la nécessité urgente d'un accès massif, sûr, sans entrave et ininterrompu à l'aide humanitaire dans toutes les zones de Gaza, dans le plein respect du droit international et du droit international humanitaire.
Monsieur le Président,
La Grèce participe activement à tous les efforts visant à soulager les souffrances de la population de Gaza. Nous avons fourni une aide humanitaire systématique. Nous avons déjà accueilli des enfants blessés de Gaza, qui bénéficient de soins médicaux dans des hôpitaux grecs.
Parallèlement, nous avons voté en faveur de tous les projets de résolution visant à faire face à la crise à Gaza, dont le dernier exige la levée de toutes les restrictions à la fourniture d'aide humanitaire.
En mai dernier, ici à New York, avec les représentants de 80 membres de l'ONU, nous avons réaffirmé l'importance de protéger les civils dans les conflits armés.
L'accès à l'aide humanitaire est essentiel pour soulager les souffrances de la population palestinienne. Il faut garantir un accès sûr à la nourriture, à l'eau, au logement, aux vêtements et aux médicaments dans toute la région, ainsi que le respect du droit international humanitaire.
Les initiatives visant à renforcer l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza, par voie terrestre, aérienne ou maritime, doivent être encore intensifiées.
Dans le même temps, les otages continuent de souffrir atrocement aux mains du Hamas. Nous avons été choqués par les images et les vidéos publiées le mois dernier, dans lesquelles deux otages visiblement épuisés décrivent les conditions épouvantables de leur captivité. Nous réitérons notre appel en faveur de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages restants.
Monsieur le Président,
Nous notons que le Conseil s'est penché, à juste titre, sur les récentes attaques perpétrées à Doha au début du mois, qui sont d'autant plus préoccupantes que le Qatar joue un rôle crucial en tant qu'hôte des négociations et médiateur pour parvenir à un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, conjointement avec les États-Unis et l'Égypte.
Nous continuons à croire que la diplomatie reste le moyen le plus efficace de résoudre les différends, même dans les conditions les plus défavorables. La Grèce a exprimé son soutien indéfectible aux efforts de négociation et continuera à le faire. Nous appelons toutes les parties à prendre conscience de la gravité de la situation et à revenir à la table des négociations dans les plus brefs délais, dans le respect du droit international.
Monsieur le Président,
La récente expansion des colonies et la violence des colons compromettent encore davantage les perspectives de paix.
Nous exprimons notre profonde préoccupation face aux annonces concernant l'extension des colonies dans la zone E1 de la Cisjordanie. Si ces projets se concrétisent, ils compromettront encore davantage la perspective d'une solution à deux États.
L'escalade de la violence liée aux colonies, y compris la violence à l'encontre des communautés chrétiennes, est très préoccupante et doit cesser immédiatement.
Monsieur le Président,
Aussi lointaine ou difficile que puisse paraître cette perspective aujourd'hui, la solution à deux États reste la seule voie viable pour l'avenir.
Nous devons offrir au peuple palestinien une perspective crédible et un espoir pour l'avenir. C'est une condition nécessaire pour parvenir à la paix, à la stabilité et à la sécurité dans la région, y compris la sécurité à long terme d'Israël.
Nous apprécions le rôle de premier plan joué par la France et l'Arabie saoudite dans le cadre de la Conférence sur la solution à deux États, qu'elles coprésident. La Grèce soutient toutes les initiatives internationales visant à concrétiser cette vision, y compris l'Alliance mondiale et le Plan arabe.
La Grèce continuera à contribuer à tous les efforts visant à relancer le processus politique en faveur de la solution à deux États. Un processus qui, nous en sommes fermement convaincus, doit conduire à la création d'un État palestinien souverain grâce à une approche renouvelée et globale, essentielle pour parvenir à une paix et une stabilité durables dans la région.
Dans ce contexte, le Hamas ne peut jouer aucun rôle ni dans la gouvernance, ni dans les discussions futures sur l'avenir de Gaza. La Grèce a souligné à plusieurs reprises que l'Autorité palestinienne, une fois renforcée et réformée, doit jouer un rôle central dans l'avenir de Gaza et reste le meilleur partenaire pour la paix. L'Union européenne a déjà pris des mesures en approuvant un programme triennal d'environ 1,6 milliards d'euros, essentiel pour éviter l'effondrement budgétaire et aider l'Autorité palestinienne dans sa tâche difficile.
Monsieur le Président,
Pour la Grèce, la stabilité au Moyen-Orient n'est pas une question théorique, mais une nécessité impérieuse. En tant que pays de la Méditerranée orientale, au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, les développements dans la région ont un impact direct sur la sécurité, la prospérité et la stabilité de notre pays et de l'Europe dans son ensemble. Nous sommes convaincus qu'un voisinage sûr ne peut être construit que par le dialogue et le respect du droit international, où les peuples pourront coexister dans la dignité et la sécurité.
Je vous remercie.
Septembre 23, 2025