Honorable Haut-Commissaire aux droits de l'homme,
Président du Conseil des droits de l'homme,
Honorables,
C'est un grand honneur pour moi de m'adresser à la réunion de haut niveau de la 58e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.
Je tiens à exprimer toute notre reconnaissance pour le travail du Haut-commissaire Türk, que nous remercions chaleureusement pour sa visite à Athènes en novembre dernier.
Aujourd'hui, le monde est confronté à des défis et à des conflits sans précédent qui violent brutalement les droits de l'homme, le droit humanitaire et la charte des Nations Unies. La situation des droits de l'homme en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan, en République démocratique du Congo et dans d'autres zones de guerre a causé des centaines de milliers de morts, la famine et des millions de réfugiés.
Le système multilatéral lui-même est remis en question comme jamais auparavant. Dans ce contexte, le Conseil est une source d'espoir et les droits de l'homme ne sont pas seulement au cœur de nos décisions, ils en sont l'objectif principal.
Ces jours-ci, dans tous les forums internationaux, il y a un thème commun de débat : Le troisième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. C'est avec tristesse et respect que nous nous tenons devant les milliers de nos semblables qui ont perdu la vie pendant la guerre.
Pour la Grèce, c'est une question de principe. Nous nous opposerons toujours à l'usage ou à la menace de l'usage de la force. La Grèce soutiendra toujours la résolution pacifique des conflits, dans le plein respect du droit international et de la Charte des Nations unies.
La seule solution est une solution diplomatique qui conduira à la fin des hostilités meurtrières et à l'établissement d'une paix généralement acceptable, juste et durable pour l'Ukraine, avec des garanties de sécurité adéquates. Au Moyen-Orient, les accords de cessez-le-feu et de libération des otages représentent des progrès significatifs. Il faut maintenant que tous les otages soient libérés pour garantir la fin définitive des hostilités et que le processus politique s'engage, ouvrant la voie à la reconstruction de Gaza.
C'est avec un profond regret que nous constatons que, depuis le 7 octobre, l'antisémitisme a augmenté dans le monde entier. Nous devons tout mettre en œuvre, ensemble, pour combattre l'antisémitisme, le négationnisme et sauvegarder les valeurs démocratiques et les droits de l'homme.
La Grèce réitère son soutien indéfectible à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Syrie. La Syrie a besoin d'un gouvernement inclusif impliquant toutes les communautés ethniques et religieuses, protégeant les droits légitimes de tous les Syriens. Ce gouvernement doit être libre de toute ingérence extérieure et respecter le droit international.
La Grèce, pour sa part, est un pôle de stabilité pour toute la région. Le premier ministre Mitsotakis et le ministre des affaires étrangères M. Gerapetritis se sont rendus à plusieurs reprises au Moyen-Orient pour promouvoir la paix et la stabilité.
Nous exprimons notre volonté de contribuer activement, par l'aide humanitaire et le soutien technique, au renforcement des institutions en Syrie et dans l'ensemble de la région. Nous nous félicitons du déploiement en Arménie de deux équipes du Haut-Commissariat aux droits de l'homme chargées de recueillir des informations sur les personnes déplacées et les réfugiés du Haut-Karabakh.
Monsieur le Président,
La Grèce, une nation dont l'histoire a joué un rôle important dans la formation des valeurs de la démocratie, de la diplomatie et du dialogue, soutient pleinement le système multilatéral des droits de l'homme dans le cadre des Nations unies.
En tant que membre non permanent élu du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Grèce s'efforce de promouvoir le règlement pacifique des différends, le respect du droit international, la lutte contre la crise climatique et la sécurité maritime, ainsi que la protection des femmes et des enfants dans les conflits armés.
La Grèce promeut activement, notamment en coparrainant des décisions pertinentes, le travail vital du Conseil des droits de l'homme, en mettant l'accent sur la jeunesse, le sport et l'éducation aux droits de l'homme en tant que moyens de progrès.
En ces temps de défis importants, il n'y a qu'une seule façon d'aller de l'avant :
Travailler ensemble, construire des ponts pour tenter d'atteindre nos objectifs communs. Au niveau national, la Grèce met en œuvre des plans stratégiques systématiques sur des questions sociales essentielles.
Dans le même temps, nous avons introduit des politiques horizontales ciblées, qui sont constamment évaluées par des mécanismes du gouvernement central.
Chaque initiative marque une étape importante vers une société plus juste et plus inclusive, fondée sur l'État de droit.
En ce qui concerne les droits humains des réfugiés :
Nous avons radicalement amélioré le système d'asile, les structures d'accueil et le programme pour les mineurs non accompagnés, tout en renforçant la protection des frontières de l'UE et en intensifiant la lutte contre les réseaux de passeurs.
Les garde-côtes grecs ont sauvé plus d'un demi-million de vies en mer.
En ce qui concerne les allégations faites hier dans cet hémicycle :
La Grèce a toujours mis l'accent sur la sauvegarde des droits de la minorité musulmane de Thrace, qui est une minorité religieuse au sens de la Convention de Lausanne.
Ses membres bénéficient à la fois d'une protection spéciale en tant que minorité religieuse en vertu de ce traité et de leurs pleins droits en tant que Grecs et citoyens de l'UE.
Depuis cette tribune, je voudrais réitérer le soutien ferme de la Grèce à une solution juste et viable au problème chypriote, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette solution sera la meilleure garantie pour les droits de tous les Chypriotes.
M. le Président,
La Grèce, en tant que pays candidat au Conseil des droits de l'homme 2028-2030, se déclare résolument prête à contribuer de manière substantielle à l'efficacité à long terme du système des Nations unies.
Ensemble, nous pouvons construire un monde où la dignité humaine n'est pas seulement une aspiration mais une réalité pour toutes les générations futures.
Je vous remercie de votre attention.
Février 26, 2025