C'est avec un sentiment de responsabilité et de fierté que nous célébrons officiellement, pour la première fois cette année, le 9 février, la Journée mondiale de la langue grecque. Ladite décision a été adoptée et ratifiée avec solennité lors de la 43e Conférence générale de l'UNESCO et constitue une reconnaissance historique de la langue qui a été le berceau de la civilisation mondiale. Désormais, la langue grecque sera célébrée dans le monde entier, le jour où nous honorons notre poète national Dionysios Solomos.
La langue grecque est utilisée sans interruption depuis plus de trois mille ans, à l'écrit comme à l'oral, période au cours de laquelle elle a jeté les bases et façonné les concepts fondamentaux de la philosophie, de la démocratie, du droit, de la science et de la technologie. La terminologie d'origine grecque continue de constituer le vocabulaire par excellence de la communauté scientifique et universitaire internationale, confirmant ainsi la profondeur sémantique et la portée universelle de son influence.
La langue grecque, en tant que vecteur d'identité, de connaissances, de traditions et de valeurs, fait le lien entre toutes les étapes de la longue histoire de l'Hellénisme. Depuis les épopées homériques, la philosophie de Socrate, d'Aristote et de Platon, en passant par le Nouveau Testament, elle a atteint l'époque contemporaine de nos poètes lauréats du prix Nobel, Séféris et Elytis.
La langue grecque est le moyen par lequel nous, Grecs, exprimons des concepts tant positifs que négatifs, qui, au fil du temps, se sont répandus dans le monde entier, ont été adoptés par d'autres peuples et sont désormais compris par l'humanité tout entière. Les associations positives que nous, Grecs, faisons lorsque nous entendons ou lisons des mots tels que paradis, ange, philanthropie, harmonie, symétrie, euphorie, charisme, mélodie, musique, et, à l'inverse, les associations négatives qui accompagnent des mots tels que chaos, angoisse, tyrannie, tragédie, phobie, traumatisme, pandémie, ont acquis une portée mondiale.
La langue grecque nous aide à mettre de l'ordre dans nos idées et nos pensées sur le monde qui nous entoure – le microcosme et le macrocosme, des atomes aux systèmes planétaires –, dans l'espace et dans le temps, en les classant par catégories, par périodes, par zones, par listes, par systèmes, en les mesurant à l'aide de chiffres, de mathématiques et en les analysant à l'aide de méthodes statistiques, de programmes informatiques et d'outils technologiques.
Notre langue nous pousse à créer des modèles, à lutter contre les stéréotypes, à chercher à ressembler à des archétypes. Elle nous a donné les outils de la logique, de l'analyse, de la synthèse, de la théorie, de la stratégie, de la prévision, afin de créer des bases et des axiomes dans notre pensée, d'utiliser à la fois des critères logiques et la puissance de notre imagination pour résoudre des problèmes, énigmes et mystères.
Elle nous aide à exprimer nos émotions, notre passion, notre zèle, notre enthousiasme. À exprimer notre admiration lorsque nous contemplons les galaxies et les étoiles dans le ciel ou que nous observons un phénomène cosmique, comme une éclipse solaire.
Les mots grecs décrivent également l'hybris et la némésis qui conduisent les héros et, en même temps, les spectateurs du drame antique à la catharsis aristotélicienne.
Elle nous aide également à parler de ce qui est nécessaire à notre survie : l'oxygène, l'atmosphère, l'écosystème, les océans et leur protection, l'écologie, la lutte contre le défi mondial que représente la crise climatique qui menace d'entraîner la catastrophe.
D'ailleurs, les termes que nous utilisons aujourd'hui pour désigner les questions qui préoccupent l'humanité sont largement dérivés du grec, comme les menaces hybrides, les cryptomonnaies et l'utilisation éthique de l'intelligence artificielle.
Lorsque nous cherchons à établir des synergies entre les États, partout dans le monde, le dialogue et la diplomatie sont nos armes. Et lorsque nous cherchons à convaincre notre interlocuteur du bien-fondé de nos arguments, nous utilisons le triptyque raison – éthique – passion, les trois piliers de la rhétorique persuasive dans la Grèce antique.
Avec la Journée mondiale de la langue grecque, nous rendons hommage à la langue qui nous a donné non seulement les mots, mais aussi les concepts sur lesquels s'est construite notre conception commune du monde et de l'homme. Notre langue est notre âme. Et nous préserverons cette âme intacte à travers les siècles.
Le 9 février n'est pas seulement la Journée mondiale de la langue grecque. C'est la Journée mondiale de la Grèce.
Février 9, 2026