Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 10 février 2026)

Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 10 février 2026)

L. ZOCHIOU : Bonjour à tous.

Nous commencerons par le Conseil de coopération de haut niveau.

Demain, le 11 février, se tiendra à Ankara le 6e Conseil de coopération de haut niveau entre la Grèce et la Türkiye.

Le Premier ministre sera accompagné de :

• M. Giorgos Gerapetritis, ministre des Affaires étrangères

• M. Kyriakos Pierrakakis, ministre de l'Économie nationale et des Finances

• M. Takis Theodorikakos, ministre du Développement

• Mme Sofia Zacharaki, ministre de l'Éducation, des Cultes et des Sports

• M. Thanos Plevris, ministre de la Migration et de l'Asile

• M. Michalis Chrysochoidis, ministre de la Protection des citoyens

• M. Giannis Kefalogiannis, ministre de la Crise climatique et de la Protection civile

• Mme Lina Mendoni, ministre de la Culture

• M. Christos Dimas, ministre des Infrastructures et des Transports

• M. Theocharis Theocharis, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique

Les thèmes qui devraient être abordés sont les relations bilatérales et les questions d'intérêt régional et international.

En ce qui concerne les relations bilatérales, les discussions porteront sur les questions relatives à l'immigration, à la coopération dans le domaine de la protection civile, de l'économie et des échanges commerciaux, à la lutte contre le crime organisé et à la coopération dans le domaine culturel.

En ce qui concerne les développements régionaux et internationaux, les discussions porteront principalement sur le Moyen-Orient, l'Iran et les développements en Ukraine.

L'objectif du Conseil de coopération de haut niveau est d'évaluer les progrès de la coopération bilatérale, deux ans après la déclaration d'Athènes. Il s'agit de maintenir ouverts les canaux de communication afin de désamorcer les crises potentielles, de formuler une conviction commune pour discuter des questions bilatérales et, bien sûr, de dresser un bilan du dialogue structuré gréco-turc et des relations fonctionnelles entre la Grèce et la Türkiye.

En ce qui concerne la visite du ministre des Affaires étrangères à New York, du 27 au 30 janvier.

Le ministre est intervenu devant le Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Moyen-Orient et a participé à une table ronde sur la sécurité maritime.

Nous estimons qu'il est particulièrement important que la Grèce - en tant que membre du Conseil de sécurité pour la période 2025-2026 - soit présente aux réunions du Conseil de sécurité, au plus haut niveau, et notamment sur des questions qui concernent directement la politique étrangère grecque, telles que le Moyen-Orient, en raison de sa proximité géographique, mais aussi en raison des relations qu'elle entretient avec les pays de la région.

Je soulignerai deux points de son discours et de son intervention au Conseil de sécurité.

En ce qui concerne Gaza, nous partons du principe que la Grèce est favorable à toute initiative susceptible de rapprocher la région d'une paix et d'une stabilité durables.

Nous avons donc soutenu le plan global visant à mettre fin au conflit à Gaza et voté en faveur de la résolution 2803 du Conseil de sécurité.

Nous reconnaissons, bien sûr, les progrès accomplis vers un cessez-le-feu durable et la mise en œuvre du plan de paix en 20 points pour Gaza, approuvé par le Conseil de sécurité.

Le dernier développement, à savoir la restitution de la dépouille du dernier otage à sa famille, clôt un chapitre douloureux pour les familles. Il ouvre en outre la voie à la transition vers la phase 2 du plan de paix.

Le ministre a souligné au Conseil de sécurité et à ses interlocuteurs que l'objectif de la Grèce est clair : contribuer à la paix à Gaza, à la préparation de l'avenir à Gaza, en étroite collaboration avec la Commission nationale palestinienne et, bien sûr, l'Autorité palestinienne.

En ce qui concerne le Conseil de paix, comme vous le savez, la Grèce a été invitée par le président américain, le 16 janvier, à participer en tant que membre fondateur au Conseil de paix. En tant que membre du Conseil de sécurité et, comme vous l'avez vu dans les déclarations du ministre des Affaires étrangères, la Grèce agit dans le cadre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité, résolution en faveur de laquelle elle a votée.

La résolution stipule que le Conseil de paix est un organe temporaire dont l'objectif est exclusivement de rétablir la paix à Gaza. La divergence entre la Charte du Conseil de paix et la résolution 2803 a donc suscité des interrogations, raison pour laquelle la Grèce n'a pas signé ni adhéré à la Charte du Conseil de paix.

Il est à noter que l'un des sujets abordés avec Marco Rubio, le ministre américain des Affaires étrangères, lors de leur conversation téléphonique était justement celui-ci, à savoir la participation de la Grèce au Conseil de paix (Board of Peace).

À la fin de la semaine dernière, la Grèce a reçu une invitation des États-Unis à participer à la réunion inaugurale du Conseil de paix qui se tiendra le 19 février à Washington DC. Notre position est évaluée en collaboration avec nos partenaires et alliés. Nous répondrons dans le plus bref délai.

En ce qui concerne la Syrie, comme l'a souligné le ministre, la Grèce se tient aux côtés de la Syrie et lui offre son soutien tant au niveau bilatéral qu'en sa qualité d'État membre de l'Union européenne et du Conseil de sécurité des Nations Unies. 

Les progrès réalisés sont reconnus. Nous avons salué la conclusion du dernier accord entre le gouvernement de transition syrien et les Forces démocratiques syriennes. Nous avons souligné l'importance de la mise en œuvre intégrale de l'accord et du cessez-le-feu, ainsi que de la sauvegarde des droits de tous les Syriens sans exception, y compris ceux de la population kurde.

Lors de la réunion que le ministre a eue à New York avec le Secrétaire général des Nations Unies, M. Gutteres, la Syrie a été l'un des sujets abordés et il a réitéré notre position, à savoir que nous saluons les assurances données par le gouvernement de transition syrien quant à son attachement au droit international et aux relations de bon voisinage, mais les droits des Syriens, quelle que soit leur origine ethnique ou religieuse, doivent être pleinement protégés.

En ce qui concerne la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères et le Secrétaire général des Nations Unies. Comme vous le savez, les thèmes abordés ont été la question chypriote, la Libye, la Syrie et la position de la Grèce vis-à-vis des Nations Unies, le système multilatéral, la multilatéralité et, plus généralement, notre position sur l'avenir des Nations Unies.

En ce qui concerne la question chypriote, le ministre des Affaires étrangères a réitéré le soutien de la Grèce aux efforts déployés par le Secrétaire général - et l'envoyée spéciale - pour résoudre la question chypriote et, bien sûr, il a exprimé sa satisfaction quant à la poursuite de l'activité diplomatique sur la question chypriote et au fait qu'elle figure en haut de l'agenda du Secrétaire général. En 2025, deux réunions informelles en format élargi ont eu lieu sur la question chypriote. Et bien sûr, tout cela constitue des étapes importantes pour créer les conditions nécessaires à la reprise des pourparlers. Au cours de la même période, alors que le ministre des Affaires étrangères se trouvait à New York, le mandat de la force de maintien de la paix des Nations Unies pour Chypre (UNFICYP) a été renouvelé.

La Grèce, en tant que membre élu du Conseil de sécurité, a déployé, en parfaite harmonie avec la République de Chypre, des efforts considérables pour obtenir le renouvellement du mandat pour les 12 prochains mois lors des consultations. Cette fois-ci, la décision n'a pas été prise à l'unanimité. Deux États, le Pakistan et la Somalie, se sont en effet abstenus. Nous avons toutefois obtenu une évolution positive. Nous avons une résolution positive, qui tient compte des positions grecques.

En ce qui concerne l'ONU et notre mandat au Conseil de sécurité, l'architecture internationale de sécurité, telle qu'elle a été exprimée lors de la réunion du ministre avec le Secrétaire général.

La Grèce, en tant que membre fondateur de l'Organisation des Nations Unies, reste pleinement attachée à ses idéaux universels et soutient fermement l'Organisation en tant que gardienne de l'ordre juridique international. La politique étrangère de la Grèce est menée dans le respect constant du droit international, de la Charte des Nations Unies, du principe de souveraineté, de l'intégrité territoriale, de l'inviolabilité des frontières et de l'interdiction de de l'usage de la force ou de la menace d’y recourir.

À ce stade, le ministre a également exprimé son soutien à l'initiative « UN 80 ». Il s'agit d'une initiative de réforme visant à rendre l'Organisation plus flexible et plus efficace afin de répondre aux défis mondiaux complexes actuels.

Nous allons maintenant passer à la conversation téléphonique entre le ministre et le secrétaire d'État américain, au cours de laquelle a été abordé, outre la question du Board of Peace et la participation de la Grèce, le dialogue stratégique, au sujet duquel le secrétaire d'État américain a exprimé sa volonté de se rendre en Grèce dans les plus brefs délais. Nous comprenons toutefois les difficultés objectives que posent les responsabilités accrues de M. Rubio.

La discussion a porté sur des questions de coopération bilatérale, en mettant l'accent, comme je l'ai mentionné, sur le dialogue stratégique, l'énergie et les développements régionaux, en particulier au Moyen-Orient.

J’évoquerai la visite de la vice-ministre des Affaires étrangères Alexandra Papadopoulou à Washington dans le cadre de sa participation au Delphi Forum et ses contacts avec toutes les forces politiques du Congrès.

La vice-ministre des Affaires étrangères a rencontré le président de la commission des relations étrangères du Sénat, Jim Risch, le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Brian Mast, les députés et coprésidents de la Congressional Hellenic-Israel Alliance (CHIA), Gus Bilirakis et Brad Schneider, ainsi que le directeur général de l'American Jewish Committee (AJC), Ted Deutch.

Au cours de son séjour, elle a également participé à la Conférence ministérielle sur les minéraux critiques, une initiative américaine organisée par le secrétaire d'État américain Marco Rubio, et a eu des contacts et des entretiens avec des think-tanks. Elle a abordé des questions concernant la Méditerranée orientale, le Moyen-Orient, les Balkans occidentaux et, plus généralement, le secteur de l'énergie. Je dirais qu'il y avait, lors de ses discussions, une reconnaissance générale du rôle de la Grèce en Méditerranée orientale, à la fois en tant qu'allié fiable et pilier de stabilité.

Je terminerai notre réunion d'aujourd'hui par un message positif.

L'événement qui s'est tenu hier à l'occasion de la Journée mondiale de la langue grecque, dont l'instauration est un succès collectif grec. 

Hier, le ministère des Affaires étrangères a organisé la première manifestation officielle consacrée à la Journée mondiale de la langue grecque. Ladite décision a été adoptée et ratifiée avec solennité lors de la 43e Conférence générale de l'UNESCO.

Cette décision constitue une reconnaissance historique de la langue grecque, que nous avons honorée ici, mais qui a également été et sera honorée dans le monde entier par plus de 100 de nos autorités diplomatiques et consulaires. C'est un début. Désormais, chaque année, la langue grecque sera célébrée le 9 février, journée de commémoration de notre poète national Dionysios Solomos.

Je suis à votre disposition.

D. KRIKELAS : Je voudrais vous poser une question. Récemment, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que la question des zones maritimes et de la délimitation avec la Türkiye n'était pas gelée. Je voudrais donc savoir si des travaux préparatoires ont été effectués à ce sujet et quelles sont les intentions de la Grèce pour les réunions de demain. Merci.

L. ZOCHIOU : La question de la délimitation n'est pas à l'ordre du jour du Conseil de coopération de haut niveau. Si elle est soulevée, elle sera abordée, mais à ce stade, les conditions nécessaires pour aller plus loin dans cette direction ne sont pas réunies.

K. ALATZAS : Nous avons eu une autre déclaration de Hakan Fidan, le ministre des Affaires étrangères de la Türkiye, qui accuse directement le ministre grec de la Défense, M. Nikos Dendias, de compromettre les efforts de rapprochement entre la Grèce et la Türkiye par son attitude et ses déclarations.

Et il s'agit d'une déclaration faite juste avant la rencontre des deux dirigeants et avant la convocation du 6e Conseil de coopération de haut niveau. Le ministère des Affaires étrangères a-t-il un commentaire à faire sur la déclaration de Hakan Fidan à l'encontre de M. Dendias ? Et deuxièmement, alors qu’au 5e Conseil de coopération de haut niveau qui s'est tenu à Athènes en décembre 2023, ont participé les ministres de la Défense, ceux-ci ne participeront pas au Conseil de demain. Avez-vous une explication à ce sujet, Madame la porte-parole ? Merci.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne les commentaires sur les positions, je n'ai rien d'autre à ajouter que le fait que la Grèce mène une politique étrangère active fondée sur les valeurs universelles du droit international. Elle ne dérogera pas à ces principes, tout en recherchant concrètement la paix et les relations de bon voisinage. En ce qui concerne les questions d'intérêt national, il ne peut y avoir aucune discussion. En ce qui concerne la question de la participation, la vérité est que le ministère des Affaires étrangères n'est pas compétent pour répondre, mais vous savez que le ministre de la Défense sera à Bruxelles et, d'après ce que je sais, son homologue turc y sera également.

JOURNALISTE : Vous n'avez pas évoqué la participation de la vice-ministre des Affaires étrangères, Mme Papadopoulou. Pourquoi ne sera-t-elle pas présente au Conseil de coopération de haut niveau, étant donné qu'elle préside également le dialogue politique ? En outre, les rumeurs concernant sa démission éventuelle sont-elles fondées ? Merci.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne la vice-ministre, Mme Papadopoulou. Elle a été diagnostiquée positive à la grippe A et, par mesure de précaution, son hospitalisation a été jugée nécessaire. En ce qui concerne votre deuxième question, il n'est pas question de démission de la vice-ministre. Et bien sûr, elle bénéficie du soutien total du ministre des Affaires étrangères.

K. BALIS : Une précision et une question. La précision est la suivante : vous avez dit à un moment donné que tout le monde comprend les difficultés objectives qui découlent des compétences du ministre Rubio ?

L. ZOCHIOU : Oui. Étant donné qu'il a plus de compétences que celles du ministre des Affaires étrangères.

K. BALIS : Ok. Maintenant, la question. En théorie, un Conseil de coopération de haut niveau doit toujours aboutir à quelque chose. Une bonne nouvelle. Pouvez-vous nous donner un petit aperçu, attendez-vous une évolution relative à Chalki, une bonne nouvelle ? J'imagine que ce retard d'un an entier s’explique par une raison quelconque.

L. ZOCHIOU : Le Conseil de coopération de haut niveau est une réunion périodique institutionnalisée entre les deux dirigeants. Indépendamment donc de la conclusion ou non d'accords, l'important est qu'un dialogue soit engagé au plus haut niveau. Et il est dans l'intérêt de tous que le dialogue se poursuive et que les canaux de communication fonctionnent à tous les niveaux. Je dirais donc que le Conseil de coopération de haut niveau, au-delà de ce que je vous ai dit dans l'introduction, à savoir que la Grèce cherche à maintenir de bonnes relations de voisinage, envoie un message de normalité, ce que nous cherchons d’ailleurs à maintenir avec la Türkiye.

M. TSILINIKOU : Maria Tsilinikou, de SKAI et cnn.gr. Athènes va-t-elle soulever la question du casus belli à Ankara ? Car nous avons entendu le Premier ministre répéter à plusieurs reprises dans une interview que lorsqu'il rencontrerait le président turc, il soulèverait cette question. Merci.

L. ZOCHIOU : Dans quel contexte ?

M. TSILINIKOU : Dans le cadre du dialogue, ce qu'Athènes répète également comme position, c'est qu'il existe le programme SAFE et que, indépendamment des développements, nous avons dit que nous aborderions cette question de toute façon.

L. ZOCHIOU : Je n'ai pas cette information.

A. TELOPOULOS : Telopoulos, iefimerida, EFSYN. J'aimerais que vous nous parliez un peu de la communication téléphonique entre le Premier ministre et le président chypriote. Il est évident que la question chypriote, en tant que question non bilatérale, ne sera pas à l'ordre du jour, mais le moment choisi pour cet appel téléphonique n'est probablement pas fortuit. Pensez-vous qu'il y aura une discussion entre les deux dirigeants, qui jouent également un rôle de catalyseur à la reprise des pourparlers ? Et pour faire suite à ce qu’a dit ma collègue, Mme Balis. Mme Zacharaki, si je ne me trompe pas, sera présente. Donc, s'il n'y a pas de discussion sur Chalki, est-il possible qu'il y en ait sur les questions relatives aux minorités, je veux dire les écoles des minorités, ou les deux ?

L. ZOCHIOU : Tout ce qui ressortira de ce Conseil de coopération de haut niveau sera, comme toujours, annoncé par la suite. Donc, pour l'instant du moins, je n'ai rien d'autre à ajouter à ce que nous avons déjà dit. Donc, en ce qui concerne la question chypriote, je vous ai communiqué l'ordre du jour, je n'ai rien d'autre à ajouter à ce sujet.

JOURNALISTE : La question était de savoir s'il y aurait une discussion.

L. ZOCHIOU : Je vous ai dit que cela ne figurait pas à l'ordre du jour du Conseil de coopération de haut niveau, donc je n'ai rien à ajouter à ce sujet.

P. MICHOS :Panagiotis Michos du journal To Manifesto. Des explications ont-elles été fournies par Nicosie, que ce soit oralement ou par la pratique diplomatique appropriée, concernant la publication inacceptable du ministère chypriote de l’Économie, qui a publié en ligne un article très offensant à l’égard de la Grèce, dans le cadre du projet d’interconnexion électrique ? Merci.

L. ZOCHIOU :Il s’agit d’une question interne de la République de Chypre. En ce qui concerne le GSI, la Grèce reste cohérente dans la mise en œuvre de ce projet, qui est d’importance stratégique et d’intérêt commun européen.

M. MOURELATOU :Maria Mourelatou du journal TA NEA. La première question concerne l’appel téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire d’État américain. Lors de cet appel, nous a-t-on informés qu’il y aurait une nouvelle invitation, ou avons-nous simplement informé les Américains de la position que nous avions déjà, de nos préoccupations, uniquement dans le cadre de notre participation et uniquement pour la partie concernant Gaza ? Avons-nous donc pleinement informé que nous avions ce problème, ou avons-nous été informés par les Américains ?

L. ZOCHIOU : Ce n’est pas une question de problème, c’est une question de position. Notre position est celle-ci, et je pense avoir été très claire lors de mon introduction. Cela a été discuté parce que les dates étaient très proches, comme vous vous en souvenez, avec le ministre des Affaires étrangères. Je ne suis donc pas certaine qu’il y ait eu des développements nouveaux. Et précisons que cette fois-ci il s’agit d’une réunion. Il faudra étudier attentivement quels sont les points à l’ordre du jour et ce qui est prévu.

M. MOURELATOU :Y a-t-il un commentaire de la part du ministère des Affaires étrangères concernant les récentes déclarations de Lavrov sur la Grèce ? Merci.

L. ZOCHIOU :Tout d’abord, il ne s’agit pas de quelque chose de nouveau ou de surprenant. La Grèce maintient une position de principe : le respect sans faille du droit international, le respect absolu du principe de l’inviolabilité des frontières et, bien entendu, la Grèce ne pourrait en aucun cas ne pas défendre ou se positionner en faveur de la partie qui se défend. En effet, nos relations avec la Russie étaient à un niveau satisfaisant avant l’invasion de l’Ukraine, en février 2022. Actuellement, nos relations ont été fragilisées et gelées en raison de cette évolution, ce qui, bien sûr, ne relève pas de la responsabilité de la Grèce. Donc, à ce stade, nous prenons bien en considération ce qui a été déclaré par le ministre russe des Affaires étrangères. Nous souhaitons et cherchons à rétablir de bonnes relations avec la Russie lorsque les conditions le permettront à l’avenir.

M. NIKOLAÏDOU : Bonsoir, Mme Nikolaïdou du journal Estia. Je voudrais poser une question : vous avez mentionné une réunion de Mme Papadopoulou concernant les minerais critiques. Que s’est-il exactement dit ? La Grèce n’était pas la seule invitée à cette rencontre. De quoi avons-nous exactement discuté concernant les minerais critiques ?

**** La Conférence ministérielle sur les minerais critiques est une initiative américaine. Elle s’est tenue le 4 février à Washington, et la Grèce était représentée par la vice‑ministre des Affaires étrangères, Alexandra Papadopoulou. Les discours d’ouverture ont été prononcés par le vice‑président américain J.D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio.

La conférence a réuni 54 pays, dont 13 États membres de l’UE, ainsi que l’Union européenne, représentée par le vice‑président exécutif de la Commission, Stéphane Séjourné.

Les discussions ont été axées sur l’échange de points de vue pour établir le cadre approprié en vue du lancement de négociations sur un accord commercial multilatéral portant sur les minerais critiques.

Une Déclaration conjointe a été adoptée entre l’Union européenne, les États‑Unis et le Japon, exprimant la volonté de coopérer pour renforcer leur sécurité économique et nationale.

La Grèce continue de suivre les développements de ce dossier, qui en sont encore à un stade préliminaire. Il est cependant apparu que l’administration américaine accorde une priorité particulière à cette question.

D. KRIKELAS :Avant d’annoncer la date du Conseil de coopération de haut niveau et la rencontre entre le Premier ministre et Tayyip Erdoğan, la Türkiye avait émis un NAVTEX/NOTAM à durée indéterminée à propos de la démilitarisation des îles grecques, des opérations de recherche et sauvetage dans la mer Égée, etc. Lorsque la date du Conseil de coopération de haut niveau et de la rencontre a été communiquée, nous avons de nouveau eu un NOTAM de la part de la Türkiye, qui revient sur la question de la démilitarisation des îles grecques de la mer Égée orientale. Cela s’est produit seulement deux jours avant le déplacement du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères à Ankara. Je voudrais demander comment le ministère des Affaires étrangères évalue concrètement ces actions sur le terrain.

Th. ARGYRAKIS :Etant donné qu’il ne s’agit pas seulement de l’émission des NAVTEX, mais aussi des déclarations ou des informations fuitées par le ministère turc de la Défense qui les accompagnent. L’ambassadeur turc a-t-il été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour recevoir une note de protestation ? Y a-t-il eu, de manière générale, une démarche diplomatique de protestation à Ankara ?

N. PETANIDOU :Puis-je ajouter quelque chose ? Hier soir encore, nous avons eu une déclaration d’Ömer Çelik qui s’ajoute à tout ce qui précède. Pas plus tard qu’hier.

L. ZOCHIOU :En ce qui concerne le NOTAM : le NOTAM est illégal sur le plan de son contenu, et les prétentions concernant la démilitarisation sont infondées. Il y a également un problème de compétence, ils ne sont pas compétents, dès lors qu’ils se réfèrent à des activités à l’intérieur du FIR d’Athènes, où la seule autorité compétente pour émettre un NOTAM est l’Autorité de l’aviation civile. Je voudrais toutefois souligner que ces actions ne nous surprennent pas. Ce n’est pas la première fois que la partie turque utilise et instrumentalise un outil technique comme le NOTAM pour atteindre des objectifs politiques. Des revendications unilatérales et infondées ne peuvent pas influencer des questions de compétence nationale.

En ce qui concerne le NAVTEX, les revendications avancées par la Türkiye sont infondées. Ces revendications ont été rejetées de la manière la plus officielle, par le biais d’une démarche auprès de la partie turque, au niveau bilatéral. Bien entendu, une démarche est également en cours de préparation auprès de l'OMI, l'Organisation maritime internationale, qui sera effectuée prochainement. De notre côté, cela n'est pas considéré comme une escalade. Il existe des désaccords et des frictions avec la Türkiye et nous dirions que toute cette argumentation n'est en fait qu'une reformulation des revendications d'Ankara. Cela ne nous surprend donc pas et, bien sûr, cela ne crée pas de fait accompli.

T. ARGYRAKIS : L'ambassadeur turc n'a toutefois pas été convoqué au ministère des Affaires étrangères.

L. ZOCHIOU : Cela est considéré comme une démarche. Mais cela peut se faire des deux côtés.

T. ARGYRAKIS : Oui, je sais. C'est pourquoi je demande si l'ambassadeur a été convoqué ou si cela s'est passé au ministère turc des Affaires étrangères.

L. ZOCHIOU : Je n'ai rien d'autre à ajouter à ce sujet, mais la démarche a été effectuée.

P. MICHOS : Au sein de l'Union européenne, le débat s’est intensifié sur la possibilité d'actualiser l'union douanière entre l'UE et la Türkiye. Il y a quelques jours, la commissaire Marta Kos s'est rendue à Istanbul. La Grèce donnera-t-elle son feu vert à un tel projet ? Le cas échéant, peut-elle faire valoir que le casus belli doit être levé, ou obtenir de la Türkiye une reconnaissance explicite que le statut démilitarisé de nos îles n'est pas applicable ? Merci.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne l'union douanière, nous évaluons les données. Il est important de rappeler que pour moderniser et renforcer l'union douanière, il faut d'abord assurer la bonne application de l’accord actuel. Dans tous les cas, il convient de prendre sérieusement en considération les intérêts tant de l'Union européenne que de ses États membres. Je m'en tiendrai aux déclarations de la commissaire européenne Kos, à savoir que les deux parties aspirent à une meilleure application de l'actuelle union douanière.

K. ALATZAS : Deux ou trois questions de clarification concernant le Conseil. Vous avez dit que nous avons une position standard, constante, concernant le fonctionnement du Conseil de paix, et que nous sommes également en contact avec nos partenaires et alliés afin de clarifier notre position et de répondre à l’invitation de participer à la conférence à Washington. L’agenda de la conférence est en cours d’élaboration, et notre réponse dépendra-t-elle de la version finale de cet agenda ? Quels sont les facteurs qui…. Quoi qu'il en soit, qu'attendons-nous de nos partenaires européens ? Attendons-nous de voir quelle sera leur position pour suivre leur exemple ? Et cela correspond-il à notre position habituelle ? Je suis un peu confus, je ne comprends pas quels sont les paramètres que nous examinons pour répondre - très vite, car c'est le 19 du mois - à l'invitation lancée par le président américain. Deuxièmement, cette démarche dont vous avez parlé concernant les NOTAM et les NAVTEX, quand a-t-elle eu lieu ? Merci.

Th. ARGYRAKIS :J’aimerais ajouter quelque chose concernant Gaza : qui sont les partenaires ? S’agit-il seulement des partenaires européens ? Dans cette initiative, il y a des partenaires européens, la Hongrie, Israël, l’Égypte… Même la Türkiye en tant que membre de l’OTAN, est un partenaire. Avec quels partenaires allons-nous discuter pour prendre une décision ?

L. ZOCHIOU :Tout d’abord, concernant l’agenda de la conférence, je n’en ai pas connaissance. Nous attendons quelques précisions sur les conditions de participation, et je n’ai rien de plus à ajouter. Pour ce qui est des partenaires européens, du moins selon les dernières informations, il n’y a pas de convergence totale sur la participation à la conférence. Cela constitue donc un paramètre. Par ailleurs, quand on parle de partenaires, il y a, par exemple, l’Égypte. Le ministre a eu avant-hier un entretien téléphonique avec son homologue égyptien à ce sujet.

JOURNALISTE : La démarche ?

L. ZOCHIOU : Je n'ai pas de date précise – si vous voulez que je revienne là-dessus – mais je pense qu'il ne fait aucun doute qu'une démarche a été effectuée.

T. ARGYRAKIS : Puis-je poser une question ? Dimanche, un journal dominical a écrit que des discussions avaient lieu dans le cadre de l'OTAN, sous la direction de notre représentante permanente, avec la partie turque. Est-ce vrai ? Et si oui, quel est l'ordre du jour des discussions ?

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne l'article en lui-même, ces informations ne sont pas confirmées.

T. ARGYRAKIS : Une autre question, à propos de l'affaire d'espionnage ou de la prétendue affaire d'espionnage. Avez-vous pris contact avec l'ambassade de Chine ou attendez-vous l'issue de l’enquête préliminaire ?

L. ZOCHIOU : Une procédure est en cours, celle de la collecte des données et informations. Elle sera suivie d'une conclusion de l'enquête lorsqu'elle sera terminée. D’un autre côté, nos relations bilatérales et nos relations diplomatiques bilatérales doivent être fondées sur le respect mutuel. Notre intention est de maintenir ces relations au niveau où elles se trouvent aujourd'hui, à condition, bien sûr, que les conditions susmentionnées soient clairement établies.

Merci beaucoup. Bonne journée.

Février 10, 2026