L. ZOCHIOU : Bonjour à tous. Bienvenue à ce nouveau point de presse sur les questions relatives au Moyen-Orient.
Nous commencerons par une déclaration sur les derniers développements.
Nous exprimons notre inquiétude face à la nouvelle escalade militaire et à l'extension du conflit au Moyen-Orient.
Nous appelons toutes les parties à faire preuve d'une retenue maximale afin d'éviter une nouvelle aggravation d'une situation critique qui comporte de graves risques pour la paix et la sécurité régionales et internationales.
Toutes les parties doivent œuvrer à la réactivation de canaux de dialogue fiables et au retour à des négociations substantielles afin d'éviter un conflit prolongé.
La Grèce a exprimé à plusieurs reprises sa vive préoccupation concernant le programme nucléaire iranien. La surveillance complète de ses programmes nucléaires et balistiques est une condition préalable à la stabilité dans la région.
Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères sont en contact depuis le début avec les partenaires de la Grèce dans la région élargie. De plus, la semaine dernière, le 5 mars, M. Gerapetritis a participé à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, à laquelle ont également participé les ministres des Affaires étrangères des pays du Conseil de coopération du Golfe, afin de discuter des derniers développements en Iran et dans la région du Moyen-Orient.
Plus précisément, le ministre des Affaires étrangères :
- a exprimé la solidarité de la Grèce envers les pays du Golfe
- a réaffirmé la solidarité de la Grèce envers Chypre
- a souligné l'importance de la coopération avec les autorités locales pour le rapatriement en toute sécurité des citoyens européens
- a souligné la nécessité de faire prévaloir la diplomatie, le respect du droit international, du droit international humanitaire, le respect des droits de l'homme, et
- l'importance de protéger la liberté de navigation.
Hier, la Grèce s'est jointe à 134 États membres des Nations Unies et voté en faveur de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies exprimant la solidarité et le soutien aux pays du Golfe face à la situation et aux développements au Moyen-Orient.
Nous avons également souligné avec force l'importance de la question de la liberté de navigation et de la sécurité maritime. Comme vous le savez, plus de 80 % du commerce mondial s'effectue par voie maritime. La chaîne d'approvisionnement mondiale a déjà été fortement perturbée, ce qui a eu des répercussions directes sur le transport maritime, l'énergie et les échanges commerciaux.
La situation de guerre dans notre voisinage élargi impose à notre pays de se préparer sur le plan défensif.
De plus, faisant preuve d'une grande réactivité, la Grèce a immédiatement répondu à la demande officielle de Chypre visant à obtenir une assistance en matière de défense. Elle a également répondu favorablement à la demande similaire de la Bulgarie, afin de protéger efficacement notre voisinage élargi contre toute action agressive.
Les développements actuels démontrent donc l'importance géopolitique de la Méditerranée orientale, et la crise actuelle prouve à quel point la sécurité européenne est indissociable du Moyen-Orient. C'est bien sûr l'un des thèmes qui nous occuperont et, éventuellement, l'un des enseignements à tirer de la crise au Moyen-Orient. Nous devons être prêts à faire face aux menaces qui pèsent sur l'économie, l'énergie et les flux de réfugiés, qui pourraient résulter de cette crise.
En ce qui concerne le Liban, la Grèce, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, a demandé, conjointement avec la France, le Danemark, la Lettonie et le Royaume-Uni, la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la détérioration de la situation au Liban. Cette réunion s'est tenue hier et nous avons cosigné la déclaration commune, prononcée par la France, concernant la situation dans le pays.
Nous exprimons notre entière solidarité avec le Liban et soulignons la nécessité de respecter sa souveraineté et son intégrité territoriale. Nous avons également souligné à plusieurs reprises que nous étions opposés à des opérations de grande envergure sur le territoire libanais. Dans la déclaration commune, nous avons souligné l'importance de soutenir les efforts du gouvernement libanais en vue de la mise en œuvre rapide de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
En janvier 2026, la Grèce a fourni du matériel militaire au Liban. Nous examinons actuellement la possibilité d'envoyer immédiatement une aide humanitaire.
En ce qui concerne les rapatriements, le service central du ministère des Affaires étrangères et toutes les autorités diplomatiques grecques à l'étranger sont, depuis le début de la crise, en état d'alerte permanente afin d'apporter toute l'aide possible aux ressortissants grecs qui ont été touchés par la situation de guerre au Moyen-Orient.
Dès le début, la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères a été activée. Elle fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, afin d'apporter toute l'aide possible aux ressortissants grecs. De plus, le site officiel du ministère des Affaires étrangères, les sites web de nos autorités à l'étranger et les réseaux sociaux fournissent toutes les informations nécessaires concernant les coordonnées de nos autorités et les numéros d'urgence. Douze lignes téléphoniques supplémentaires ont déjà été activées afin d’assister le plus rapidement possible les Grecs qui se trouvent dans la région et qui ont besoin d'aide.
Sous la direction du ministre des Affaires étrangères et grâce aux efforts coordonnés du ministère et des ambassades compétentes dans les zones de conflit, des opérations de rapatriement des Grecs et des membres de leur famille depuis le Moyen-Orient sont en cours. La plupart de ces opérations sont effectuées à l'aide de vols affrétés et d'avions militaires.
À ce jour, environ 2 000 citoyens et membres de leurs familles ont déjà été rapatriés en toute sécurité depuis les Émirats arabes unis, Israël, Jérusalem, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman. Hier encore, 259 de nos compatriotes qui se trouvaient au Qatar et 503 à Dubaï sont rentrés à Athènes à bord de vols spéciaux. Ils ont été accueillis par la Secrétaire générale du ministère des Affaires étrangères, l'ambassadrice Teresa Angelatou. De plus, ces derniers jours, des ressortissants grecs ont été transférés par voie terrestre de Jérusalem au passage frontalier de la ville de Taba en Égypte, sous la supervision du consul général à Jérusalem.
Il s'agit d'une opération particulièrement complexe, la plus importante jamais menée à travers plusieurs zones de conflit. Les employés de nos ambassades et consulats travaillent sans relâche, jour et nuit, pour mener à bien leur mission, mettant en danger leur vie et la sécurité de leurs familles.
Permettez-moi de citer les noms des chefs des autorités qui se trouvent dans les régions touchées. En Israël, c’est l’ambassadrice Mme Maria Solomou, au consulat général de Jérusalem, l'ambassadeur M. Dimitrios Angelopoulos, au Koweït et à Bahreïn, l'ambassadeur M. Ioannis Plotas, au Liban, l'ambassadrice Mme Despoina Koukoulopoulou, en Jordanie, l'ambassadrice Mme Irini Riga, au Qatar, l'ambassadeur M. Christos Kapodistrias, en Arabie saoudite et à Oman, l'ambassadrice Mme Aikaterini Varvarigou. En Irak, M. Georgios Dimitriou et le consul général à Erbil, M. Nikolaos Stergioulas.
Aux Émirats arabes unis, qui assument le plus lourd fardeau en raison du volume important de demandes et où l'Autorité s’est vue doter de sept diplomates supplémentaires, notre ambassadeur M. Stylianos Gabriel.
Je ne saurais manquer de mentionner l'ambassade de Grèce en Iran. L'autorité est dirigée par M. Konstantinos Tsenkelidis. Je tiens à dire ici que, compte tenu de la détérioration de la situation sur le terrain et après évaluation des conditions de sécurité, la décision a été prise de transférer notre ambassade de Téhéran à Bakou, en Azerbaïdjan.
Le principal facteur qui influence tout cela est l'espace aérien, qui reste fermé dans la plupart des pays. Plus précisément, l'espace aérien en Israël, en Iran, en Irak, au Koweït et à Bahreïn reste fermé. Il est ouvert en Jordanie, au Liban, à Oman et en Arabie saoudite. Il est partiellement ouvert aux Émirats arabes unis. Au Qatar, il est fermé, mais un nombre très limité de vols est assuré.
Je tiens à préciser que nous sommes en contact permanent avec le ministère de la Marine marchande. La sécurité des marins grecs et des navires grecs dans la région est une priorité absolue. D'après les dernières informations que nous avons reçues il y a quelques heures, dix navires grecs avec 90 marins grecs à bord se trouvent dans le golfe. Le ministère de la Marine communique en permanence avec eux et confirme qu'ils sont en sécurité et en bonne santé. Aucune demande de rapatriement n'a été formulée. Toutefois, si une telle demande était formulée, le ministère des Affaires étrangères, en collaboration avec le ministère de la Marine marchande et les autorités consulaires compétentes, contribuerait à faciliter le retour de nos marins en toute sécurité dans notre pays. Plusieurs navires servant des intérêts grecs se trouvent dans la région maritime d'Oman ; l’un d’entre eux a été touché hier, comme vous le savez.
En ce qui concerne le programme du ministre des Affaires étrangères.
Le lundi 9 mars, il a accompagné le Premier ministre à la réunion trilatérale hautement symbolique à Paphos avec le président de la République de Chypre, Nikos Christodoulides, et le président français, Emmanuel Macron.
Le lundi 16 mars, le ministre des Affaires étrangères sera à Bruxelles, où il participera aux travaux du Conseil des Αffaires étrangères de l'Union européenne. Comme prévu, l'ordre du jour comprendra les développements au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères de l'Inde, Subrahmanyam Jaishankar, y participera également en personne.
Le 17 mars, M. Gerapetritis se rendra à Berlin, où il rencontrera son homologue allemand, Johann Wadephul.
Pour conclure, je voudrais mentionner le Global Media Center.
Il s'agit d'une plateforme d'information numérique qui s'inscrit dans le cadre de la transformation numérique globale du ministère des Affaires étrangères. Il s'agit sans aucun doute d'un outil moderne de diplomatie publique intelligente. Il offre la possibilité d'indexer numériquement, de rechercher de manière ciblée et d'enregistrer l'actualité internationale.
L'utilisation du Global Media Center aidera notre ministère à lutter contre la désinformation et les menaces hybrides qui pèsent sur notre pays, tout en soutenant de manière significative la promotion internationale de l'image de la Grèce et de ses positions en matière de politique étrangère.
Je tiens à souligner qu'aucune fonctionnalité de cette plateforme ne porte atteinte à la liberté d'expression et ne permet d'intervenir dans le travail des journalistes.
Il s'agit d'un outil d'information numérique moderne permettant de suivre l'ensemble de l'actualité au niveau international, en temps réel, sous forme imprimée et électronique. Il renforce la capacité du ministère des Affaires étrangères à identifier rapidement et efficacement les fausses informations, en publiant immédiatement des communiqués qui démentent de manière substantielle les publications inexactes ou malveillantes.
Je suis à votre disposition pour vos questions.
T. BALODIMAS : Balodimas, du journal Rizospastis. Vous avez vous aussi longuement évoqué, je crois, la liberté de navigation. Le ministre des Affaires étrangères a récemment été interrogé, lors d'une interview accordée à M. Papachelas, en particulier au sujet du détroit d'Ormuz ; il lui a demandé s’il existait une possibilité de voir un jour une flotte européenne, comprenant également des navires grecs, créer un couloir de sécurité et il a répondu qu’une discussion aurait lieu au niveau des institutions européennes concernant les prochaines étapes. Pouvez-vous nous dire si une discussion est en cours au niveau des représentants permanents ou si elle sera abordée lors du Conseil de lundi ?
L. ZOCHIOU : Au-delà de ce que j'ai mentionné dans mon introduction, je vais répondre précisément à votre question. La Grèce joue un rôle de premier plan dans l'opération EUNAVFOR ASPIDES de l'Union européenne. Le mandat de cette opération est limité géographiquement à la mer Rouge et concerne le soutien défensif des navires marchands dans la région. Il n'est pas question d'étendre ce mandat.
K. TSAMOURI : Tsamouri, de la chaîne Star et de Parapolitika. Il y a peu, le ministère turc des Affaires étrangères a publié un communiqué en réaction à l'envoi de missiles Patriot à Karpathos, évoquant des actions illégales contraires aux traités internationaux. Ils affirment que nous avons pris toutes les mesures nécessaires et que ces actions de la Grèce créent une situation illégale et nuisent aux relations de bon voisinage. Quelle est la réponse du ministère grec des Affaires étrangères ?
L. ZOCHIOU : Si vous me le permettez, si nous disposons de la même information, cette déclaration provient du ministère turc de la Défense. Il y a quelques jours, nous avons répondu à ce sujet au ministère turc des Affaires étrangères. Vous pouvez vous référer à notre réponse.
K. ALATZAS : Alatzas, du journal Efimerida ton Syntakton et d'Action 24. Je voudrais revenir un peu sur la question des initiatives que l'Union européenne pourrait prendre pour protéger le transport maritime. Si j'ai bien compris, le président français a exprimé, lors de la réunion tripartite à Chypre, sa volonté et son souhait de renforcer davantage l'intervention européenne, comme l'opération « ASPIDES », qui, géographiquement, comme vous l'avez dit, est située dans la mer Rouge, et a déclaré de manière caractéristique que nous sommes en contact permanent avec nos partenaires européens afin de renforcer les forces européennes pour la protection du transport maritime. Avez-vous autre chose à nous dire à ce sujet ? S'il existe une initiative, non pas dans le cadre de l'opération « ASPIDES », mais si une autre opération européenne est en préparation qui ne se limitera pas à la mer Rouge et au golfe d'Aden, mais qui aura une autre mission géographique, peut-être plus près du détroit - je ne sais pas, je ne veux pas faire de suppositions. Y a-t-il un tel processus en cours dans l'Union européenne à l'initiative de la France ? Merci.
L. ZOCHIOU : Restons-en à ce que nous avons déjà dit. Je n'ai rien d'autre à ajouter. Si quelque chose se présente, je reviendrai.
D. KRIKELAS : Dimitris Krikelas de flash.gr et Flash TV. Vingt-quatre heures après qu'Athènes a décidé de soutenir militairement la sécurité de Chypre en envoyant deux frégates grecques et quatre avions de combat, et quelques heures après l'annonce du transfert d'une batterie de missiles Patriot à Karpathos, un appel téléphonique a eu lieu entre Giorgos Gerapetritis, ministre des Affaires étrangères, et son homologue turc. Je voudrais savoir si, lors de cette conversation, ces questions, les mesures prises par notre pays et celles qui ont suivi à Ankara, ont été abordées. Merci.
L. ZOCHIOU : La question de Karpathos n'a pas été abordée lors de la conversation entre le ministre des Affaires étrangères et son homologue turc.
D. KRIKELAS : En ce qui concerne la mission militaire grecque à Chypre ? Cela a-t-il été discuté ?
L. ZOCHIOU : Non, il n’y a pas eu de discussion sur cette question.
A. TELOPOULOS : Telopoulos, i-efimerida, Efimerida ton Syntakton. À la suite des événements qui se sont déroulés à Chypre et de l'intervention des forces européennes sur place, un débat s'est également ouvert sur le fameux article 42.7, l'article sur l'assistance défensive, et sur la nécessité ou non de le mettre à jour. D'après ce que nous avons compris, le Premier ministre a déclaré que cette initiative des partenaires européens s'inscrit davantage dans cette logique des volontaires que dans l'esprit de l'article 42.7. La Grèce a-t-elle l'intention de faire pression pour une mise à jour et la création d’un mécanisme plus automatique en ce qui concerne l'article 42.7 sur l'assistance défensive ? Compte tenu des événements et des défis qui se présenteront manifestement à l'avenir.
L. ZOCHIOU : Vous allez trop loin. Tout ce dont nous discutons est prématuré. Nous nous en tiendrons à ce qu'a dit le Premier ministre.
P. MICHOS : Bonjour. Michos, du journal Manifestο. Dans le cadre de l'accord de sécurité et de défense entre Athènes et Abou Dabi, les Émirats arabes unis ont-ils demandé l'aide de la Grèce en matière de défense, étant donné qu'il existe une clause de défense mutuelle et que les Émirats subissent des attaques sur leur territoire ? Nous ont-ils demandé de les aider d'une manière ou d'une autre ? Et si oui, de quelle manière ? Merci.
L. ZOCHIOU : Tout ce qui concerne ces questions relève strictement du domaine opérationnel. Permettez-moi de ne pas m'étendre sur les demandes d'assistance, pour des raisons de confidentialité. Pour toutes ces questions, veuillez vous adresser au ministère de la Défense compétent.
P. MICHOS : Tout simplement parce que l'accord a été signé par le ministère des Affaires étrangères en 2020. Ne nous dites pas de quelle manière, mais dites-nous s’il y a eu une demande de la part des Émirats arabes unis ? Telle est la question.
L. ZOCHIOU : Je ne sais pas s'il y a une demande. Comme nous l'avons dit, nous ne sommes en aucun cas impliqués dans une quelconque opération contre l'Iran.
Ch. MAKRI : Chrysa Makri de parapolitika.gr. Vous avez dit tout à l'heure, ou plutôt vous avez fait référence à la déclaration du ministre des Affaires étrangères concernant la réaction du ministère turc de la Défense au sujet des Patriot à Karpathos et à Evros. J'aimerais que vous soyez plus précise. À quelle déclaration faites-vous référence ? Quelle est la réponse, la déclaration du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
L. ZOCHIOU : Je vous renvoie à la réponse [du 5 mars] de la porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères à la déclaration de mon homologue turc sur ce sujet.
Ch. MAKRI : Vous faites référence à cela, et non à une déclaration du ministre.
L. ZOCHIOU : Il s'agissait d'une déclaration du porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, laquelle a été répondue de manière appropriée et au niveau approprié.
T. BALODIMAS : D'après ce qu'a dit l'administration américaine ces deux ou trois derniers jours, avez-vous compris où cette histoire pourrait mener ?
L. ZOCHIOU : Vous devriez peut-être poser la question à mon homologue, au ministère des Affaires étrangères des États-Unis.
P. MICHOS : Étant donné qu'il existe un désaccord entre les États-Unis et Israël sur la fin de la guerre (déclarations hier du président Trump et du ministre israélien de la Défense, M. Katz), quelle est la position de la Grèce, qui est en théorie alliée des deux pays ? Quand la guerre doit-elle prendre fin ? Quelle est notre opinion et notre position, étant donné que nos deux plus proches alliés (les États-Unis et Israël) ont des opinions divergentes sur le moment et la manière dont le conflit doit prendre fin.
L. ZOCHIOU : Notre position est très claire. Je pense l'avoir exposée en détail dans mon introduction. Je n'ai rien d'autre à ajouter.
T. BALODIMAS : L'ordre du jour avec le ministre allemand des Affaires étrangères. Pouvez-vous nous donner deux ou trois points ?
L. ZOCHIOU : Il s'agira de questions bilatérales, des développements au Moyen-Orient et de questions d'intérêt international.
P. MICHOS : Quelques mots sur le programme de la vice-ministre des Affaires étrangères ?
L. ZOCHIOU : D'après ce que je sais, elle participera au Conseil des affaires générales à Bruxelles.
N. PETANIDOU : Nicoletta Petanidou, du journal Naftemporiki. Le ministre turc des Affaires étrangères a-t-il été invité au Conseil des Αffaires étrangères ? Comme cela a été le cas à plusieurs reprises dans le passé.
L. ZOCHIOU : Non, il s'agit du Conseil des Αffaires étrangères, sa présence n'y est pas prévue. Vous le confondez peut-être avec le Conseil informel. Il n'est pas invité au Conseil des Αffaires étrangères.
K. ALATZAS : Je reviens à la question du Liban. Outre le matériel militaire déjà envoyé, est-il possible que de nouvelles aides militaires soient envoyées au Liban, compte tenu de l'intérêt qu'Athènes porte à la région ?
L. ZOCHIOU : Du matériel militaire a été envoyé en janvier 2026. Cela est également indiqué sur le site web de notre ambassade au Liban. Ce que je sais pour l'instant concerne l'aide humanitaire.
P. MICHOS : Des spéculations et des discussions circulent au sujet d'une éventuelle participation de Chypre, de l'adhésion de Chypre à l'OTAN, malgré le refus catégorique de la Türkiye. Quel est le commentaire du ministère grec des Affaires étrangères à ce sujet ?
L. ZOCHIOU : Cela concerne avant tout la République de Chypre, qui est un État souverain. La Grèce soutiendra toutes ses décisions.
D. KRIKELAS : Au cas où je l'aurais manqué au début, y a-t-il des vols de rapatriement prévus pour aujourd'hui ?
L. ZOCHIOU : Tout d'abord, en ce qui concerne la possibilité de nouveaux vols de rapatriement, la situation est évaluée en fonction des conditions qui prévalent dans chaque pays. Comme vous le savez peut-être, le trafic aérien est progressivement rétabli. La décision sera donc prise au cas par cas. Pour l'instant, aucun vol n'est prévu. Il convient de noter que si le trafic aérien est rétabli, la raison du rapatriement disparaîtra. D'ailleurs, les demandes de rapatriement ont considérablement diminué.
M. MOURELATOU : Maria Mourelatou, du journal « Ta Nea ». Je voudrais savoir où en est le projet d'interconnexion électrique entre la Grèce et Chypre et s'il a été mis en suspens en raison de la situation au Moyen-Orient. Merci.
L. ZOCHIOU : Tout ce que je peux vous dire pour l'instant, c'est que notre position reste ferme et cohérente quant à la mise en œuvre de ce projet d'importance stratégique et d'intérêt commun européen.
P. MICHOS : Soit dit en passant, Mme Mourelatou a fait une déclaration qui a été rapportée dans la presse ces derniers jours, à propos du harcèlement d'un navire qui posait des câbles à fibres optiques entre les îles grecques de Nisyros et d'Amorgos, si je ne me trompe pas.
Nous avons interrogé le porte-parole du gouvernement, qui nous a renvoyés à un communiqué du ministère des Affaires étrangères, c'est-à-dire à l'information que vous lui avez fournie. Que s'est-il passé exactement ? Ce fait est-il avéré ? Merci.
L. ZOCHIOU : À ma connaissance, l'opération est terminée.
A. BARAKAT : Barakat, de la télévision égyptienne. Étant donné que la Grèce est membre du Conseil de sécurité de l'ONU, peut-elle jouer un rôle dans le dialogue entre l'Iran et les États-Unis au Moyen-Orient ?
L. ZOCHIOU : Comme je l'ai dit au début, nous soutenons la diplomatie. Nous pensons que la seule solution viable est celle qui passera par la voie diplomatique. La Grèce est un pays fiable dans la région, tant dans ses relations avec Israël qu'avec le monde arabe. À ma connaissance, elle n'a pas joué de rôle de médiation dans la situation actuelle. S'il y a du nouveau, je reviendrai volontiers sur le sujet.
D. KRIKELAS : Revenons-en à la question du rapatriement, car vous avez mentionné que les demandes avaient diminué. Pouvez-vous nous donner à peu près le nombre de demandes ? Où en sommes-nous ?
L. ZOCHIOU : La semaine dernière, nous avons fait état de plusieurs milliers de demandes de rapatriement. À l'heure actuelle, nous parlons d'un nombre très faible - bien sûr, il est réévalué dans certains pays, étant donné que nous avons eu les vols de rapatriement d'hier. Je ne vais pas vous donner de chiffres précis, mais d'après les dernières infos qu'on a reçues ce matin, le nombre a baissé. Et il faut savoir une chose. Il y a des demandes où on voit des annulations de dernière minute, soit pour des raisons familiales, soit pour des raisons professionnelles. Cela se produit souvent à la dernière minute, c'est-à-dire au moment du départ du vol.
S. SOURMELIDIS : Soumelidis, du journal Avgi et de la chaîne radio Sto Kokkino. Vous avez exprimé au début votre inquiétude quant à une nouvelle escalade. Cela correspond-il à la déclaration du ministre, avant le début de la dernière attaque contre l'Iran, et je cite « nous contribuons à façonner les événements » ?
L. ZOCHIOU : C'est une expression que le ministre utilise depuis le premier jour de notre élection au Conseil de sécurité. Qu'est-ce que cela signifie ? Que la Grèce est l'un des 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, au sein duquel sont prises les décisions relatives à l'architecture internationale de sécurité. Les États membres décident conjointement des questions relatives à l'architecture mondiale de la sécurité. C'est ce à quoi il faisait référence.
S. SOURMELIDIS : Parce que cela s'est produit après la rencontre avec M. Rubio et non après certaines réunions du Conseil de sécurité, c'est pourquoi je vous ai posé cette question, afin d'éviter tout malentendu. Donc, nous ne déterminons pas les développements avec les États-Unis et Israël ?
L. ZOCHIOU : Je pense avoir été claire.
K. ALATZAS : Une question de clarification concernant les marins grecs qui se trouvent à bord des navires bloqués dans le golfe. Vous avez dit qu'il n'y avait aucune demande de rapatriement. S'il y en avait une, comment pourrait-elle être satisfaite, compte tenu des difficultés objectives qui existent ? Est-ce possible ou non ?
L. ZOCHIOU : Que voulez-vous dire ?
K. ALATZAS : Eh bien, oui, ils sont bloqués dans le golfe. Il me semble un peu impossible que...
L. ZOCHIOU : Il existe des moyens d'y parvenir.
S. SOURMELIDIS : Si vous me permettez une précision concernant cette plateforme d'information. Cette plateforme fournit-elle des informations de manière générale ou uniquement lorsqu'il s'agit de fausses nouvelles et de nouvelles malveillantes ?
L. ZOCHIOU : Cette plateforme fournit des informations en continu, mais bien sûr, les données seront saisies à chaque fois par l'utilisateur. Que souhaiterions-nous suivre dans la presse internationale ? Plus précisément, les sujets qui intéressent la Grèce. C'est notre priorité. Si et lorsque des informations malveillantes ou dirigées contre notre pays sont identifiées, ou si elles pourraient s'inscrire dans le cadre de menaces hybrides plus générales, nous surveillons leur diffusion, comment elles sont reproduites, comment elles évoluent, et l'équipe créée au ministère des Affaires étrangères décidera s'il convient d'y répondre. La réponse sera donnée par le biais d'un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères.
Telle sera notre action dès que nous aurons identifié cette information malveillante. Je vous rappelle que la présentation de la plateforme a été faite fin février par le ministre des Affaires étrangères ici même, au ministère.
K. BALIS : Une précision à ce sujet, si vous me le permettez. Prenons un exemple. Si demain un autre naufrage meurtrier se produit en mer Égée. Toute interprétation de ce qui s'est passé est-elle considérée comme malveillante ? Qui décide de ce qui est malveillant ?
L. ZOCHIOU : Que voulez-vous dire ?
K. BALIS : Qui juge ce qui est malveillant ? Il est très difficile de définir ce qui est malveillant, car vous avez souligné que cela n'est pas contraire à la liberté de la presse et à la liberté d'expression.
L. ZOHIOU : Tout à fait.
K. BALIS : Comment définit-on ce qui est malveillant ? Nous parlons des articles classiques parus dans la presse étrangère sur la Grèce. Dans la presse étrangère, on écrit sur les réfugiés, sur les écoutes téléphoniques, on écrit ce genre de choses.
L. ZOCHIOU : Tout ce qui peut nuire à l'image de notre pays.
K. BALIS : Même la vérité peut nuire à l'image de notre pays.
L. ZOCHIOU : Oui, nous parlons d'articles malveillants. La vérité n'est pas malveillante.
K. BALIS : La définition du malveillant.
L. ZOCHIOU : La vérité n'est pas malveillante. Nous savons tous clairement ce que signifie « malveillant ». La vérité n'est pas malveillante.
K. BALIS : Mais cela peut nuire à l'image de notre pays.
L. ZOCHIOU : Mais malgré tout, je parle de quelque chose qui est [faux ou malveillant]...
K. BALI : Les deux à la fois, donc : malveillant et nuisible à l'image.
L. ZOCHIOU : Oui, les deux à la fois.
P. TZANETAKOS : Bonjour à vous aussi. Je m'appelle Tzanetakos, je travaille pour la chaîne de télévision ERT et le journal To Vima. La vérité est que beaucoup ont été surpris par le fait que, outre la réaction de la République de Chypre, c'est le président Christodoulides lui-même qui a fait une déclaration concernant le transfert des F-16, des F-16 turcs, dans les zones occupées. Hier, certains articles ont fait état de l'installation de systèmes de défense antimissile par la Türkiye à Chypre. Cela a fait beaucoup de bruit. Il n'y a eu aucune réaction de la part d'Athènes, officiellement ou non je pense. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?
L. ZOCHIOU : C'était notre obligation historique et notre devoir évident, lorsque Chypre a été menacée et nous a officiellement demandé, en tant que seul gouvernement légitime représentant l'ensemble de l'île, une aide défensive, de la soutenir et de lui témoigner notre solidarité de manière concrète. Notre aide à Chypre est purement défensive.
Chypre, à l'extrémité sud-est de l'UE dans la région de la Méditerranée orientale, est un îlot de stabilité et de sécurité dans la région plus élargie, malgré l'occupation illégale par la Türkiye de 37 % de son territoire depuis 52 ans. L'invasion et l'occupation illégales ne légitiment en aucun cas la présence de forces militaires turques.
S. SOURMELIDIS : Une précision, si vous le permettez : l'assistance, qui va de soi et n'est pas négociable, est bilatérale, car la République de Chypre n'a pas activé l’article 42.7. Je ne vous poserai pas la question, car la République de Chypre ne l'a pas soulevée...
L. ZOCHIOU : Je pense que c'est au représentant de la République de Chypre qu'il faut poser cette question...
S. SOURMELIDIS : Mais c'est au niveau bilatéral, ce n'est pas une question paneuropéenne.
L. ZOCHIOU : Cette question a été officiellement soulevée par la partie chypriote auprès de la partie grecque.
Je vous remercie beaucoup.
[En réponse à la question d'un journaliste concernant le transport d'animaux de compagnie lors du vol de rapatriement de citoyens grecs, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé :
« En ce qui concerne le transport d'animaux de compagnie, la politique de chaque compagnie aérienne est strictement respectée en ce qui concerne les conditions d'affrètement d'un vol spécial de rapatriement. Cette possibilité est expressément mentionnée dans les conditions régissant ces vols spéciaux.
La possibilité d'assurer des conditions spéciales pour les animaux de compagnie lors d'un prochain vol de rapatriement est en cours d'examen, toujours dans le respect des restrictions de sécurité imposées par la législation des Émirats arabes unis. »]
Mars 12, 2026