L. ZOCHIOU : Bonjour et bienvenue à la conférence de presse spéciale du ministère des Affaires étrangères consacrée exclusivement aux développements en Iran et au Moyen-Orient.
Je commencerai par une déclaration concernant la position de la Grèce sur les derniers développements :
La Grèce suit de près les développements en Iran et au Moyen-Orient.
Nous exprimons notre inquiétude face à la situation dans la région. Nous appelons toutes les parties à une désescalade immédiate et à la retenue afin d'éviter une inflammation régionale, avec des conséquences potentiellement graves pour la paix et la sécurité internationales.
Nous appelons au respect total du droit international, y compris de la Charte des Nations Unies.
Nous soutenons la diplomatie. Seules des négociations et la voie diplomatique permettront de trouver des solutions durables aux défis sécuritaires de la région.
La Grèce a exprimé à plusieurs reprises sa vive préoccupation concernant le programme nucléaire iranien. Le respect total du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique sont indispensables. Il est également largement admis que la surveillance complète de ses programmes nucléaires et balistiques est une condition préalable à la stabilité dans la région.
La Grèce accorde une importance particulière à la sécurité maritime dans le golfe, le détroit d'Ormuz et la mer Rouge. Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de la fermeture du détroit d'Ormuz. Nous appelons toutes les parties à s'abstenir de toute action susceptible de compromettre la liberté de navigation, la sécurité des marins, de menacer le commerce mondial et la chaîne d'approvisionnement, en violation flagrante du droit international de la mer.
La protection des civils et le respect du droit international humanitaire restent des priorités absolues. Le respect par tous les États membres de la Charte des Nations Unies, du droit international humanitaire et du droit des droits de l'homme est encore plus crucial dans la conjoncture actuelle.
Le ministre des Affaires étrangères est en contact permanent avec les partenaires et alliés de la Grèce dans la région depuis le début de la crise. En outre, il a participé le 1er mars à une réunion extraordinaire, par visioconférence, des ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Union européenne, consacrée aux derniers événements en Iran et au Moyen-Orient, au cours de laquelle il a souligné l'importance :
- de la désescalade et de la diplomatie
- du contrôle effectif du programme nucléaire et balistique de l'Iran
- du rapatriement en toute sécurité des citoyens européens
- de la sécurité maritime
- du respect du droit international et des droits de l'homme
Parallèlement, il a exprimé la solidarité de la Grèce envers les pays du Golfe et la nécessité de contrôler la diffusion de fausses informations.
Je souligne la déclaration commune, adoptée par les 27 États membres, qui demande le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. Les 27 ont appelé toutes les parties à faire preuve de retenue afin de garantir la protection des citoyens et la sécurité régionale.
Le même jour, il a tenu une visioconférence avec les chefs des autorités diplomatiques et consulaires de Grèce dans la région, qui l'ont informé en détail de la situation sur le terrain ; il a donné des instructions pour gérer cette situation particulièrement complexe. Il a bien sûr participé à la visioconférence organisée hier par le Premier ministre avec les chefs de nos autorités, qui ont fait le point sur la situation des ressortissants grecs, les demandes de rapatriement enregistrées dans les pays touchés par la guerre et les besoins nécessaires à l'accomplissement de leur mission.
Le ministère des Affaires étrangères a activé la cellule de crise afin de fournir une assistance consulaire à ceux qui en ont besoin.
Compte tenu de la situation instable qui prévaut actuellement, notre priorité et notre principale préoccupation sont la protection des ressortissants grecs et leur rapatriement en toute sécurité.
En outre, le ministère des Affaires étrangères a activé 12 lignes téléphoniques d'urgence au total, que les citoyens grecs se trouvant dans ces pays et souhaitant obtenir des informations peuvent appeler. Selon les informations actualisées hier soir, cinq d'entre elles sont exclusivement destinées à fournir des informations aux ressortissants grecs se trouvant aux Émirats arabes unis.
Toutes les ambassades et consulats grecs de la région sont en état d'alerte permanent et en communication avec les ressortissants grecs.
Je fais notamment référence à :
- L'ambassade de Grèce à Téhéran (Iran)
- L’ambassade de Grèce à Amman (Jordanie)
- L’ambassade de Grèce à Abu Dhabi (Émirats arabes unis)
- L’ambassade de Grèce à Bagdad (Irak)
- L’ambassade de Grèce à Beyrouth (Liban)
- L’ambassade de Grèce au Koweït (Koweït)
Pour Bahreïn, notre ambassade au Koweït, où fonctionne également le consulat honoraire de Grèce à Manama, dispose d'une accréditation parallèle (Bahreïn)
• L’ambassade de Grèce à Doha (Qatar)
• L’ambassade de Grèce à Riyad (Arabie saoudite), qui est également compétente pour Oman, où fonctionne également le consulat général honoraire de Grèce à Mascate (Oman)
• L’ambassade de Grèce à Tel Aviv (Israël)
• Le consulat général de Grèce à Jérusalem (Israël)
Pour toutes ces autorités, les numéros d'urgence et les plateformes d'enregistrement des ressortissants grecs sont affichés et régulièrement mis à jour.
Il existe un plan spécifique pour le rapatriement des ressortissants grecs. Et des plans alternatifs en cas de maintien des restrictions. La condition préalable indispensable au lancement de l'opération de rapatriement est le rétablissement du trafic aérien. Une fois celle-ci rétablie, les autorités diplomatiques sont prêtes à fournir toute l'aide nécessaire aux ressortissants grecs qui souhaitent rentrer dans leur pays.
À ce jour, l'espace aérien reste fermé dans la grande majorité des pays de la région. Par conséquent, aucun vol ne peut être effectué. Le ministère des Affaires étrangères prévoit des vols de rapatriement dans les pays où se trouvent des citoyens grecs et où l'espace aérien est ouvert.
Pour être plus précis, en ce qui concerne l'espace aérien et selon les dernières informations que j'ai reçues de nos autorités, l'espace aérien est fermé en Israël, en Iran, mais ouvert en Jordanie. Au Koweït et à Bahreïn, il est fermé, au Liban, il est ouvert, au Qatar, il est fermé, aux Émirats arabes unis, il est fermé.
Je le répète, la priorité est le rapatriement en toute sécurité des ressortissants grecs. Vous comprenez que, pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas nous étendre sur tout ce qui concerne la planification et l'organisation des vols de rapatriement.
Je tiens à souligner ici et à faire comprendre qu'il s'agit d'une situation de guerre. La situation sur le terrain est très difficile et complexe et nous ne pouvons pas prévoir sa durée, elle est inconnue. Par conséquent, les ressortissants grecs sont priés, jusqu'à ce que la situation soit clarifiée, de suivre les instructions des autorités locales ainsi que les annonces publiées, soit sur les réseaux sociaux de nos autorités, soit sur ceux du ministère.
Le mercredi 4 mars à 13 heures, le Conseil national de politique étrangère se réunira sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, pour discuter des développements au Moyen-Orient.
Merci beaucoup. Je reste à votre disposition.
TH. BALODIMAS : Est-ce que M. Rubio ou un autre haut fonctionnaire du gouvernement américain a informé M. Gerapetritis lors de leur rencontre aux États-Unis, ou un autre responsable du gouvernement grec ou de la diplomatie grecque, des projets des Américains ou des Israéliens concernant l'attaque ?
L. ZOCHIOU : Lors de la visite du ministre des Affaires étrangères à Washington et de sa rencontre avec son homologue américain, Marco Rubio, à la Maison Blanche, ils ont évoqué les développements dans la région élargie du Moyen-Orient, y compris en Iran. C'est ce qu'a déclaré le ministre après sa rencontre avec le Secrétaire d’Etat américain. La question du calendrier opérationnel concernant l'Iran n'a pas été abordée.
K. ALATZAS : Alatzas Kostas, du journal « Efimerida ton syndakton » et « Action 24 ». Étant donné que la principale préoccupation du gouvernement grec depuis le début de la guerre est la protection des ressortissants grecs qui se trouvent dans 10 - 12 pays du Moyen-Orient, qu'ils y résident de manière permanente ou qu’ils passent par ces pays pour se rendre en Extrême-Orient, nous aimerions que vous nous indiquiez combien sont ces ressortissants grecs. Si j’insiste en vous posant cette question c’est parce que, selon des informations très fiables, il y aurait au moins 15 000 Grecs rien qu'à Abu Dhabi, et je pense que la mise en place des cinq lignes dans les Émirats arabes unis correspond au nombre important de ressortissants grecs. Deuxièmement, puisque vous planifiez les vols de rapatriement et que nous avons entendu hier le président Trump donner un calendrier de la crise sur 4 à 5 semaines, l'espace aérien de la plupart de ces pays risque d’être fermé pendant une longue période. Cependant, vous avez mentionné quatre pays dont l'espace aérien est ouvert. Envisagez-vous de transférer les ressortissants grecs des pays dont l'espace aérien est fermé vers les pays dont l'espace aérien est ouvert, et combien de personnes ont demandé à ce jour à être rapatriées, via leur déclaration sur les plateformes qui sont opérationnelles dans tous ces pays ? Merci.
M. BALI : Et pour ce qui est de l'Iran ? Des Grecs qui se trouvent en Iran. Y a-t-il des Grecs en Iran qui souhaitent partir ? Car j'imagine qu'à Abu Dhabi, on peut trouver un endroit où se loger sans risquer de se faire bombarder.
L. ZOCHIOU : Tout d'abord, j’aimerais apporter quelques précisions. S’agissant des Grecs résidant de manière permanente dans chacun des 11 pays susmentionnés. Je vous ai parlé tout à l'heure de nos 11 autorités. Dans 10 d'entre elles, nous avons activé cette plateforme d'enregistrement des ressortissants grecs rapatriés. Pour l'instant, elle n'est pas activée au Liban. Nous avons donc trois catégories. Il y a les résidents permanents, les visiteurs dans chaque pays et, bien sûr, les Grecs qui utilisent ce pays comme pays de transit avec pour destination finale la Grèce.
Je voudrais dire quelque chose à ce stade. Il y a évidemment des demandes, des appels téléphoniques, qui ne sont pas nécessairement liés au rapatriement, auprès des autorités que j'ai mentionnées précédemment. Le nombre de demandes varie d'un pays à l'autre. Certaines autorités communiquent individuellement avec chaque Grec.
Mais il y a aussi des autorités pour lesquelles, compte tenu du volume et du nombre de demandes, cela est humainement impossible. Nous parlons de plusieurs milliers. Et bien sûr, c'est l'ensemble des Émirats arabes unis, et pas seulement Abu Dhabi, qui supporte la plus grande partie de la charge. C'est pourquoi certaines méthodes automatisées ont été utilisées, soit via la plateforme d'enregistrement, soit via les réseaux sociaux, soit via des mises à jour sur le site web.
Il est évident que nos autorités mènent un combat acharné pour mener à bien leur mission, mettant souvent en danger leur propre vie et la sécurité de leurs familles.
Ce que je voulais souligner, c'est que la situation diffère d'un pays à l'autre en termes de nombre de demandes. Je ne mentionnerai pas de chiffre précis. Il est évident que les 15 000 demandes auxquelles vous faites référence concernent l'ensemble des Émirats arabes unis et non les demandes que nous avons reçues.
De plus, ces demandes se divisent en deux catégories. Il y a d’un côté les ressortissants grecs souhaitant informer l'ambassade qu'ils se trouvent dans le pays sans nécessairement demander leur rapatriement.
Et de l’autre, il y a ceux qui ont bien sûr exprimé et manifesté leur intérêt d’être inclus dans les opérations de rapatriement.
K. ALATZAS : Combien y a-t-il de demandes de rapatriement, étant donné qu'un vol est prévu ?
L. ZOCHIOU : Je répète qu'il y en a quelques milliers.
K. ALATZAS : Quelques milliers. Des dizaines de milliers ?
L. ZOCHIOU : Quelques milliers.
En ce qui concerne l'Iran, il n'y a actuellement aucune demande de rapatriement. Les Grecs qui se trouvent en Iran sont moins d'une centaine.
L. PAPADIMAS : Lefteris Papadimas, Reuters. Les États-Unis ou Israël vous ont-ils demandé de participer aux opérations en cours ? Et est-ce que vous avez l'intention de renforcer les forces déjà présentes à Chypre ou en mer Rouge, par le biais de l’opération Aspides.
L. ZOCHIOU : La Grèce ne participe à aucune opération contre l'Iran. En ce qui concerne Chypre, le soutien de la Grèce à Chypre est constant. Il n'y a pas d'hésitation, lorsqu'il s'agit d'une menace contre Chypre, à apporter notre aide par tous les moyens et de toutes les manières possibles. Nous ne considérons pas qu'il y ait de problème majeur en matière de sécurité pour Chypre. Cependant, nous exprimons concrètement notre solidarité à tout moment et chaque fois que cela est nécessaire. Je réponds donc à votre question en disant que notre aide à Chypre est purement défensive et ne constitue en aucun cas une implication dans la guerre. Pour le reste, en ce qui concerne l'opération navale « ASPIDES », je vous renvoie au ministère de la Défense nationale compétent.
ST. NIKOLAIDIS : Bonjour. Nicolaidis de skai.gr. Je voudrais vous poser une question, car le ministre a participé hier à un vidcast - sur in.gr avec Rania Tzima - où il a déclaré que le plan de rapatriement commence en fait aujourd'hui. Ma question est la suivante : en cas de restrictions prolongées de l'espace aérien, est-il prévu d'apporter une aide aux Grecs qui sont bloqués et dont le séjour a été prolongé ? C'est une chose, et la deuxième partie - et j'en termine avec cela - en cas de restrictions prolongées de l'espace aérien, une autre solution est envisagée, par exemple, des vols de transport coordonnés par Aegean, des transports militaires ou quelque chose de similaire. Merci.
K. TSAMOURI : Puis-je ajouter quelque chose à ce sujet ? Katerina Tsamouri, de Star et Parapolitika. Selon certaines informations, un vol de la compagnie aérienne Aegean est prévu ce soir entre Oman et la Grèce. Pouvons-nous connaître le nombre exact de Grecs qui seront rapatriés ?
L. ZOCHIOU : Le vol de rapatriement n'aura pas lieu aujourd'hui, comme je l'ai déjà mentionné. La priorité absolue est la sécurité et le rapatriement en toute sécurité des citoyens. Vous comprenez que les dernières informations seront communiquées officiellement lorsque les citoyens grecs seront arrivés en toute sécurité en Grèce, et je vous prie de bien vouloir vous en tenir à cela.
En ce qui concerne les vols, le moyen de transport utilisé sera déterminé au cas par cas. Nous sommes prêts. Il existe un plan pour chaque cas, mais celui-ci sera évalué au cas par cas. La seule chose qui est certaine, c'est que nous n'abandonnerons personne. Cela inclut également tout ce qui concerne leur séjour dans chaque pays, qui sera évalué au cas par cas.
M. TSAMOURIS : Le ministre a déclaré que la première étape serait franchie aujourd'hui.
L. ZOCHIOU : C'est pourquoi je vous informe que, pour des raisons de sécurité, nous étudions tous les paramètres et estimons que cela ne se fera pas aujourd'hui.
N. STAVROULAKIS : Bon, abordons un peu les questions géopolitiques. Stavroulakis Nikos, du journal « Dimokratia ». Il y a eu une proposition du président français, Emmanuel Macron, qui a un peu surpris. Il a parlé d'un parapluie nucléaire et de la dispersion des ogives nucléaires françaises dans différents pays. Avez-vous des précisions à ce sujet ? Pouvez-vous nous dire si la Grèce est incluse dans ce projet ? S'agit-il simplement d'une proposition qui n'a pas encore pris forme ou autre chose ? Merci beaucoup.
T. ARGYRAKIS : Macron a affirmé que la Grèce discutait avec la France pour rejoindre son club, c'est-à-dire les projets nucléaires de la France. La question est de savoir si la Grèce a déjà décidé de développer des centrales nucléaires françaises sur son territoire.
L. ZOCHIOU : Permettez-moi de vous renvoyer au ministère compétent. Le ministère des Affaires étrangères n'est pas compétent pour répondre à cette question.
D. VOYATZAKI : Il est évident que le ministère de la Marine est responsable de la surveillance des navires grecs et des marins grecs. M. Kikilias a estimé leur nombre à 85. Mais ceux-ci rencontrent une difficulté supplémentaire s'ils doivent être rapatriés. Ils ont tout à fait le droit de demander leur rapatriement. Existe-t-il une coopération avec le ministère de la Marine marchande concernant les navires ? Autrement dit, qu'adviendra-t-il des navires qui sont bloqués, mais aussi des personnes qui souhaitent peut-être elles aussi rentrer en Grèce ?
L. ZOCHIOU : En ce qui concerne votre question, les ministères des Affaires étrangères et de la Marine marchande sont en coordination et en communication permanentes. Le ministre des Affaires étrangères l'a d'ailleurs déclaré après la réunion du Conseil gouvernemental de sécurité nationale, affirmant qu'il était en contact direct avec le ministre compétent. Et bien sûr, des instructions claires ont été données aux navires battant pavillon grec qui se trouvent dans le Golfe. Toutes nos autorités compétentes sont prêtes à fournir une assistance consulaire aux marins grecs.
M. ALATZAS : Une question complémentaire à ce sujet, et en ce qui concerne le personnel se trouvant à bord de navires d'intérêt grec battant pavillon étranger ?
L. ZOCHIOU : Aux citoyens grecs ?
K. ALATZAS : Aux citoyens grecs qui se trouvent...
L. ZOCHIOU : Aucun citoyen grec n'est exclu.
K. ALATZAS : Même ceux se trouvant à bord des navires qui ne battent pas pavillon grec ? Car à bord des 260 navires qui, d'après nos informations, sont bloqués...
L. ZOCHIOU : Aucun citoyen grec n'est exclu. Mais bien sûr, vous savez, chaque compagnie applique des politiques spécifiques. Mais je suis très clair à ce sujet, aucun citoyen grec n'est exclu de l'assistance consulaire.
T. ARGYRAKIS : Combien sont les navires d'intérêt grec ?
L. ZOCHIOU : D'intérêt grec ou battant pavillon grec ? Quoi qu'il en soit, pour les deux chiffres, car les données peuvent avoir changé, je vous renvoie au ministère de la Marine compétent.
P. MICHOS : Panagiotis Michos, du journal « To Manifesto ». La position de la Grèce dans le conflit au Moyen-Orient implique le respect total du droit international et de la Charte des Nations Unies. À quel point de la Charte des Nations Unies ou du droit international, si vous préférez, est-il question du meurtre d'un dirigeant étranger dans son propre pays ? Merci.
T. ARGYRAKIS : Contrairement à l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, qui a été condamnée par la Grèce comme illégale et pour laquelle la Grèce, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, est à l'avant-garde des condamnations de l'invasion russe, dans le cas présent, nous avons une attaque qui n'a fait l'objet d'aucune décision de l'ONU, et la Grèce se contente pour l'instant d'exprimer son inquiétude et, indirectement, de rejeter la responsabilité de toute cette situation au Moyen-Orient à l'Iran, en disant qu'il est de notoriété publique que c'est le programme nucléaire iranien qui provoque, disons, les troubles dans la région et que, par conséquent, s'il y met fin, tout prendra fin.
Indirectement mais clairement, elle rejette donc la responsabilité sur l'Iran. La question est la suivante : pourquoi la Grèce ne condamne-t-elle pas l'attaque dont l'Iran est actuellement victime, comme elle a condamné l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, comme étant illégale ? En fin de compte, la Grèce est-elle favorable - puisque vous évoquez la Charte des Nations Unies - à ce que de telles opérations militaires soient lancées avec l'accord des Nations Unies, sur décision des Nations Unies ou non ? Car nous avons ici un précédent avec les résolutions de l'ONU sur Chypre qui aggrave la situation, c'est-à-dire qu'il est évident que nous devons défendre le droit international. Dans le cas présent, la Grèce est-elle favorable à de telles opérations, avec l'aval, par décision de l'ONU ou non ? Ou y a-t-il deux poids, deux mesures ?
L. ZOCHIOU : La Grèce est favorable au respect universel du droit international. Je vous renvoie à mon introduction. De plus, la position officielle de la Grèce a été exprimée au Conseil de sécurité des Nations Unies, où nous participons en tant que membre non permanent. Notre position a également été exprimée au Conseil des Affaires étrangères et dans la déclaration commune des États membres de l'Union européenne, auxquels je vous renvoie.
M. NIKOLAIDOU : Bonsoir, je m'appelle Nikolaïdou Myrna et je travaille pour le journal « Estia ». Je voudrais vous poser la question suivante : après les attaques contre les bases britanniques à Chypre, la Grèce craint-elle que la base de Souda ne devienne une cible maintenant ou dans un avenir proche ?
L. ZOCHIOU : Toutes les mesures qui ont été prises sont préventives et basées sur un protocole. Et je répète que la Grèce ne participe et n'est impliquée d'aucune manière dans une opération contre l'Iran.
K. BALI : Les ministères des Affaires étrangères travaillent également sur la base de scénarios, je suppose. Travaillez-vous sur la base d'un scénario selon lequel cette guerre durera un mois ? Va-t-elle s'étendre à toute la péninsule arabique ? S'arrêtera-t-elle rapidement ? Je veux dire, quelle est selon vous l'issue la plus probable ? Je parle toujours de scénario, je ne vous demande pas de devenir devin.
L. ZOCHIOU : Permettez-moi de ne pas me prononcer sur les scénarios. Évidemment, toutes les éventualités sont étudiées et il existe un plan précis. Mais comme je vous l'ai dit au début, il s'agit d'une situation complexe, dans laquelle de nombreux États sont impliqués, et bien sûr, la durée de la crise est inconnue.
P. MICHOS : Le renouvellement de l'accord entre la Grèce et la France sur la coopération stratégique en matière de défense et de sécurité est imminent. L'accord précédent, signé en septembre 2021 à Paris, avait été signé par les deux ministres des Affaires étrangères de l'époque, M. Dendias et M. Le Drian, en présence des dirigeants M. Mitsotakis et M. Macron. Cette fois-ci, les discussions sont menées par le ministère grec de la Défense avec le ministère français des Armées. Le ministère grec des Affaires étrangères participe-t-il aux discussions ? A-t-il son mot à dire dans la formulation du texte final qui sera signé prochainement ? La question est la suivante : le ministère grec des Affaires étrangères participe-t-il à l'élaboration de l'accord gréco-français que nous attendons ? Merci.
L. ZOCHIOU : À ma connaissance, les préparatifs sont en cours au sein des directions compétentes du ministère des Affaires étrangères.
K. ALATZAS : En ce qui concerne le Moyen-Orient, je vais vous dire quelque chose de manière indirecte, et vous me direz si vous souhaitez répondre. Étant donné que nous avons une mobilisation militaire du côté grec, à la suite de l'attaque contre la base britannique à Chypre, nous avons envoyé quatre F-16, comme vous le savez, et deux frégates grecques sont également en route. Aujourd'hui, il a été décidé de réorganiser les systèmes de défense aérienne du pays en installant une batterie de missiles Patriot à Karpathos. Et parce que, de toute façon, heureusement ou malheureusement, nous avons la Türkiye en face de nous, qui soulève constamment la question de la démilitarisation des îles. Craignez-vous une réaction de la Türkiye à la suite de cette mobilisation militaire et de la réorganisation des forces, que nous pourrions avoir une réaction de la Türkiye concernant les Patriot ou la force grecque qui, pour la première fois depuis 1964, est envoyée à Chypre ? Existe-t-il, disons, un scénario selon lequel Ankara pourrait prendre des mesures similaires pour protéger la population chypriote turque ? Merci.
L. ZOCHIOU : Je tiens tout d'abord à préciser qu'il s'agit d'une question opérationnelle, je ne peux en dire plus, pour des raisons de confidentialité. Pour toute autre information, je vous renvoie au ministère de la Défense nationale. Je n'ai aucun autre commentaire à faire concernant les scénarios et les réactions possibles des États voisins.
P. MICHOS : Y a-t-il eu des contacts entre M. Gerapetritis et son homologue iranien ou, plus généralement, entre le ministère grec des Affaires étrangères et son homologue iranien, qui n'auraient pas été rendues publiques ?
L. ZOCHIOU : À ma connaissance, il n'a pas communiqué avec son homologue iranien.
T. ARGYRAKIS : A-t-il parlé à M. Fidan ?
L. ZOCHIOU : À ma connaissance, il ne lui a pas parlé. Je reviendrai sur ce point s'il y a du nouveau.
M. MOURELATOU : J'aimerais poser une question, Maria Mourelatou du journal « TA NEA ». Le ministre va-t-il s’entretenir, se rendre sur place ou recevoir une visite en rapport avec la situation en Iran ? Merci. Je parle d’un entretien ou d’une visite d’un de ses homologues...
L. ZOCHIOU : De la région ?
M. MOURELATOU : N'importe où, partout où cela peut avoir un rapport avec cette situation. Autrement dit, si nous attendons une visite. S'il doit se rendre quelque part, participer à une réunion, à une rencontre ou effectuer des contacts.
L. ZOCHIOU : Pour des raisons pratiques, aucune visite ne peut être effectuée à partir de ces pays pour le moment.
M. MOURELATOU : Je ne veux pas dire à partir de ces pays, ça pourrait être quelqu'un qui vient des États-Unis, d'Europe.
L. ZOCHIOU : Il vient juste de rentrer des États-Unis. Je n'ai rien à ajouter.
N. STAVROULAKIS : Étant donné que l'attaque à Chypre a visé les bases britanniques, ce qui signifie que le territoire britannique a été touché, avez-vous le sentiment que les attaques et les menaces de l'Iran mettent en danger Chypre ou la Grande-Bretagne ? Je veux dire, le territoire chypriote ou le territoire britannique sur Chypre ?
L. ZOCHIOU : Permettez-moi de ne pas me prononcer à ce sujet. Je n'ai aucune information à ce sujet.
Je vous remercie.
Mars 3, 2026