Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec le vice-président et ministre des Affaires étrangères de la Confédération suisse, Ignazio Cassis (Athènes, 22 mai 2026)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec le vice-président et ministre des Affaires étrangères de la Confédération suisse, Ignazio Cassis (Athènes, 22 mai 2026)

C’est avec une joie et un honneur particuliers que j’accueille aujourd’hui à Athènes le vice-président et ministre des Affaires étrangères de la Confédération suisse, Ignazio Cassis.

Notre rencontre d’aujourd’hui est l’occasion de réaffirmer l’excellente qualité de nos relations bilatérales. La Grèce et la Suisse sont liées par une amitié longue et profonde, fondée sur des liens historiques et des valeurs communes.

Nous convergeons sur de nombreuses questions d’intérêt international ; nous croyons en la force de la diplomatie multilatérale, de la démocratie, de l’État de droit et des droits de l’homme, des valeurs et des principes qui coïncident avec vos priorités, Monsieur le Ministre, sous votre présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en 2026.

Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion d’échanger sur les développements géopolitiques actuels concernant la situation mondiale, en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient au sens large. La Grèce est résolument favorable au règlement des différends par la négociation et le dialogue.

La politique étrangère grecque s’inspire des principes fondamentaux du droit international, y compris le droit international de la mer et le droit international humanitaire.

Dans ce contexte, nous apprécions particulièrement la position de la Suisse, en tant qu’État dépositaire des Conventions de Genève et siège d’importantes organisations internationales.

Elle incarne la notion de neutralité active par son attitude constante envers les initiatives de paix, sa tradition de médiation, les bons offices qu’elle fournit, ainsi que par le biais de l’aide humanitaire et  l’aide au développement qu’elle apporte.

Nous avons également discuté des relations entre la Suisse et l’Union européenne. La Grèce soutient fermement le maintien d’une relation étroite et fonctionnelle.

Nous considérons la Suisse comme une partie intégrante de l’architecture européenne de sécurité et de prospérité et nous nous réjouissons de l’approfondissement de notre coopération, notamment dans des domaines tels que la politique étrangère et la défense, l’immigration et la recherche.

En ce qui concerne notre coopération bilatérale, la Suisse est l’un des principaux investisseurs étrangers en Grèce, avec une forte présence dans des secteurs clés tels que l’industrie pharmaceutique, les services bancaires ainsi que les services liés à l’innovation.

Nous sommes convenus de renforcer encore cette dynamique, en encourageant de nouvelles coopérations qui tireront parti de l’environnement stable et favorable aux investissements qui existe en Grèce, tel qu’il s’est développé dans notre pays.

En ce qui concerne le commerce bilatéral, nous convenons qu’il existe une marge de progression, même s’il est certes en hausse ces dernières années. Dans le domaine du tourisme, nous nous réjouissons tout particulièrement du fait que la Grèce soit traditionnellement l’une des destinations les plus prisées des visiteurs suisses.

Avec la Suisse, nous entretenons une coopération constructive dans le domaine de l’immigration irrégulière. Celle-ci se concrétise dans le protocole de coopération signé entre la Grèce et la Suisse pour la période 2025-2029, entre les ministères de l’Immigration respectifs. Il s'agit d'actions visant l'intégration des femmes et des enfants et le renforcement des procédures de retour volontaire.

La Grèce et la Suisse collaborent également étroitement dans les domaines de la culture et de l'éducation. L’École suisse d’archéologie en Grèce accomplit un travail extrêmement important, comme les fouilles à Érétrie, qui constituent un exemple vivant du profond philhellénisme qui anime la société suisse.

La « Maison suisse de la culture, de la recherche et de la diplomatie », qui sera inaugurée aujourd’hui par le ministre, abritera à la fois l’École archéologique et la nouvelle ambassade de Suisse, dans l’un des quartiers les plus beaux et les plus historiques d’Athènes, à Plaka.

Nos liens se renforcent chaque jour grâce à la présence d’une communauté grecque dynamique en Suisse, qui fait office de pont solide entre nos deux peuples.

Au-delà de l’agenda diplomatique, c’est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire moderne de la Grèce qui nous rapproche de la Suisse.

La Grèce et la Suisse ont un « architecte » commun : Ioannis Kapodistrias. En 2026, cette année, on célèbre le 250e anniversaire de sa naissance.

Ce diplomate et homme politique éminent, premier gouverneur de l’État grec nouvellement créé, a été l’un des acteurs les plus déterminants dans la réorganisation institutionnelle de la Suisse et dans l’instauration de sa neutralité permanente.

Lors de l’inauguration du buste de Ioannis Kapodistrias dans la ville suisse, le 25 mars 2025, la maire de Genève, Christina Kitsos, a déclaré que « Ioannis Kapodistrias incarne l’intelligence diplomatique, la prévoyance et la capacité d’agir avec courage et conviction face aux défis historiques. Des qualités dont nous avons absolument besoin aujourd’hui. » Des qualités, j’ajouterais, dont dispose amplement le vice-président et ministre des Affaires étrangères de la Suisse, qui nous honore aujourd’hui de sa présence.

Je tiens encore une fois à vous remercier chaleureusement.

Mai 22, 2026