Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa réunion avec le ministre albanais de l’Europe et des Affaires étrangères, Igli Hasani (Athènes, 03.06.2025)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa réunion avec le ministre albanais de l’Europe et des Affaires étrangères, Igli Hasani (Athènes, 03.06.2025)

C'est avec une joie particulière que j'accueille aujourd'hui à Athènes le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de l'Albanie, Igli Hasani. Un homme politique exceptionnel, un ami cher.

Monsieur le Ministre, je voudrais profiter de cette occasion pour vous adresser mes sincères félicitations pour votre élection et vous souhaiter plein succès dans vos fonctions.

Mesdames et Messieurs,

Nous vivons une période géopolitique mondiale douloureuse. Les guerres, les conflits armés et les crises humanitaires ont bouleversé l'architecture internationale de la sécurité. Ces développements et les défis actuels en matière de sécurité nous préoccupent, mon homologue albanais et moi-même, tant dans le cadre de l'OTAN que dans celui des Nations Unies. La Grèce, qui préside le Conseil de sécurité en mai, a pris une série d'initiatives pour la protection des civils et la crise humanitaire à Gaza.

Le monde change très rapidement et, malheureusement, pas pour le mieux. La diplomatie multilatérale se trouve souvent impuissante face à des développements qui la dépassent souvent.

Dans ce contexte, le développement de coopérations régionales, en particulier entre nos pays voisins, revêt une importance capitale pour la consolidation de la stabilité et de la prospérité dans notre région. Les ombres qui ont assombri les relations entre nos deux pays doivent disparaître et ne plus jamais réapparaître. Nous devons envisager l'avenir avec optimisme, en nous fondant sur le respect indispensable du droit international et en recherchant toujours des relations amicales et de bon voisinage.

C'est dans cette optique que nous avons discuté de l'ensemble de nos relations bilatérales, de la coopération dans les domaines de l'économie, du commerce, des investissements directs étrangers, de l'interconnectivité, de l'éducation, de la culture et de l'environnement.

Nous restons convaincus que l'élargissement de l'Union européenne avec l'adhésion des Balkans occidentaux à la famille européenne est indispensable pour consolider la stabilité et la sécurité en Europe du Sud-Est. En laissant derrière eux les nationalismes balkaniques et les facteurs de régression et de déstabilisation. Consciente de son rôle important dans la région, la Grèce a été un pays promoteur de l'adhésion des Balkans occidentaux avec l'Agenda de Thessalonique en 2003 et elle reste attachée à cet objectif.

En ce qui concerne plus particulièrement la perspective européenne de l'Albanie, la Grèce, fidèle à sa position déclarée, a donné son accord à l'ouverture des négociations d'adhésion entre l'Union européenne et l'Albanie, après avoir évalué les progrès réalisés dans les différents chapitres.

Dans ce contexte, je tiens tout particulièrement à mentionner le respect absolu qui doit être accordé à la protection et à la garantie des droits de la minorité nationale grecque autochtone, qui constitue pour nous une priorité majeure.

La minorité nationale grecque est l'un des maillons les plus solides des relations entre nos deux pays. Depuis des siècles, elle constitue un pont de communication et de compréhension entre nos deux peuples.

Il en va de même pour le grand nombre d'Albanais qui vivent et travaillent en Grèce, qui se distinguent par leur intégration extrêmement fonctionnelle dans la société grecque.

Il est dans l'intérêt des deux peuples de cultiver nos intérêts communs et de lutter contre les stéréotypes. C'est en effet une excellente occasion de donner un nouvel élan créatif à nos relations.

Non seulement parce que les deux gouvernements ont la volonté d'aller dans ce sens. Mais aussi parce que nous avons la chance d'avoir, dans le pays voisin, l'Albanie, un ministre des Affaires européennes et étrangères qui est un homme aux capacités exceptionnelles et qui parle notre langue. La langue de la raison européenne. Mais aussi la langue grecque, de par ses origines grecques, qu'il honore aujourd'hui.

Et je suis sincèrement heureux aujourd'hui de me tenir ici, au ministère grec des Affaires étrangères, aux côtés de mon homologue, qui n'a même pas besoin de traduction depuis le grec.

C'est sur ces pensées que je voudrais te souhaiter la bienvenue, cher Igli.

Juin 3, 2025