Monsieur le Secrétaire d’Etat, Mesdames les Secrétaires générales, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs,
C'est un grand moment aujourd'hui pour notre ministère. Nous présentons notre projet très important, la Plateforme mondiale du centre d'information numérique, le Global Media Center, qui constitue une nouvelle étape vers la modernisation numérique du ministère des Affaires étrangères et, plus généralement, de la République hellénique.
Je tiens tout particulièrement à remercier le ministère de la Gouvernance numérique, la Société de l'information, le Service spécial de coordination du Fonds de relance, dont relève le programme du Global Media Center, et bien sûr notre équipe de coordination ici au ministère des Affaires étrangères, qui a travaillé très dur et de manière très productive pour que nous puissions aujourd'hui avoir le plaisir de présenter ce grand programme, qui sera mis en service le 1er avril.
Nous remercions tout particulièrement notre prestataire pour le travail minutieux qu'il a accompli pendant tout ce temps, afin que nous puissions aujourd'hui parler de cette importante mise à niveau.
Notre programme s'inscrit dans le cadre de la vision globale de la transformation numérique du ministère des Affaires étrangères, financée par le Fonds de relance et de résilience et le Plan national de relance et de résilience « Grèce 2.0 ». Il s'agit de notre réponse aux défis posés par les conditions actuelles, où l'information circule librement, mais sans discernement.
Et la réalité est que la désinformation constitue une menace réelle non seulement pour la cohésion sociale, mais aussi pour la démocratie elle-même. En effet, elle altère l'information libre et authentique et menace ainsi les choix mêmes des citoyens. Malheureusement, cette propagation rapide de l'information, qui est en fait le résultat de l’avancée technologique très importante qui a été réalisée, n'est pas sans conséquences.
Avec le nouveau Global Media Center, nous aurons la possibilité de procéder au traitement numérique de toute l'actualité internationale, à la recherche ciblée d'informations, à l'enregistrement des sources d'information, qu'elles soient fiables ou non, et bien sûr à la gestion et à l'analyse de l'actualité en temps réel à partir de toutes les sources possibles, c'est-à-dire les médias électroniques et imprimés.
En réalité, il s'agit d'un outil moderne grâce auquel nous pouvons accéder en temps réel à toute information concernant la Grèce et, bien sûr, l'Union européenne, qui est notre plus grande famille. Il est particulièrement important que tous ces processus aient un indice d'analyse technique très élevé. Ils seront encadrés par des algorithmes générés par l'intelligence artificielle, un autre outil qui vient gérer les grandes questions numériques, au service des citoyens et des États démocratiques. Cependant, les limites de l'utilisation de l'intelligence artificielle numérique est une question qui doit nous préoccuper tous.
L'équipement technologique de pointe qui appuiera notre plateforme mondiale est déjà installé au ministère des Affaires étrangères. Il s'agit d'un grand centre de données, situé ici même dans notre ministère, un centre de collecte de données ultramoderne, et ce sont nos cadres du ministère des Affaires étrangères qui se chargeront de la gestion et du fonctionnement de ce centre. Je suis très heureux que les cadres compétents et qualifiés du ministère des Affaires étrangères se chargent, au nom de la République hellénique, de cette tâche très importante qui consiste à collecter, à mettre en valeur, à clarifier, mais aussi à réagir lorsque cela est nécessaire, aux informations qui peuvent être soit préjudiciables au pays, soit le produit de manipulations, voire de désinformation.
Comme chacun peut l'imaginer, le Global Media Center est bien sûr un outil de diplomatie publique très avancé, Monsieur le Secrétaire d’Etat, Madame la Secrétaire générale. En effet, la diplomatie publique, c'est-à-dire la manière dont l'image et la représentation d'un pays sont véhiculées dans le monde, est devenue une tâche extrêmement complexe, qui exige non seulement des connaissances et des compétences approfondies, mais aussi des informations extrêmement détaillées. Et la collecte d'informations fiables est une tâche qui sera grandement facilitée par le nouveau Global Media Center.
De cette manière, nous pourrons signaler les informations erronées, qu'elles soient délibérément fausses ou qu'il s'agisse d'une diffusion d'informations erronées qui n'est pas intentionnelle, promouvoir les informations qui concernent la Grèce et l'Europe, les informations positives, afin que l'image du pays et de l'Europe soit promue dans le monde entier en toute vérité, comme il se doit, et, bien sûr, évaluer nous-mêmes nos politiques et nos stratégies en matière d'image de marque de notre pays, c'est-à-dire la représentation de notre pays dans le monde.
Il est très important que le Global Media Center fonctionne en réalité comme un mécanisme d'autocorrection afin que nous puissions améliorer à la fois nos outils et nos politiques en matière de communication du pays, de la République hellénique, dans le monde. Souvent, l'auto-évaluation est le meilleur moyen d'améliorer réellement nos politiques et de rendre notre communication beaucoup plus productive.
Bien sûr, les défis que devra relever la nouvelle plateforme mondiale sont extrêmement importants, en raison de la conjoncture actuelle. La Grèce se trouve actuellement au centre d'évolutions importantes, déjà élue membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, à un moment où l'architecture internationale de sécurité subit des pressions importantes et, dans certains cas, même des ruptures. Et, bien sûr, dans la perspective de la présidence grecque du Conseil européen au second semestre 2027, il est nécessaire d'avoir une présence forte, mais surtout une présence valable et fiable en tant que pays dans le monde, et surtout, il faut contrôler le flux réel d'informations pour pouvoir devenir un acteur essentiel de la politique mondiale.
Nous ne nous arrêterons pas là, comme vous pouvez le comprendre. Comme l'a dit Mme l'ambassadrice, il s'agit d'un des sous-projets de la transformation numérique du ministère des Affaires étrangères. La modernisation des infrastructures numériques se poursuivra. De nouveaux outils verront le jour dans un avenir proche, qui moderniseront et amélioreront en permanence la plateforme mondiale, mais aussi toutes les possibilités numériques offertes par la technologie moderne aux organismes exerçant l'autorité publique. Le grand défi consiste toujours à faire en sorte que le système mis en place pour gérer la désinformation ne soit pas statique, mais dynamique. En effet, comme nous pouvons tous le comprendre, la menace de la désinformation, la menace hybride, qui peut viser des personnes, des communautés, des États, est elle-même en constante évolution. Notre objectif est donc de rendre le système opérationnel à partir du 1er avril, mais aussi de le mettre à niveau en permanence, afin qu'il soit toujours à la pointe de la technologie et puisse réagir à toute désinformation produite.
La gestion de l'équipe de projet des outils numériques au sein de notre ministère est assurée par le Département de la Presse et des Médias en coordination avec la Direction générale E de la diplomatie publique. Il s'agit d'un outil novateur, dont nous sommes fiers et satisfaits.
Bien sûr, il nous pose également le grand défi de la gestion de ces nouveaux outils et met en évidence, je pense, la nécessité d'une formation continue, d'une formation numérique de l'ensemble de notre personnel. L'objectif des dirigeants politiques, mais aussi de l'administration du ministère des Affaires étrangères est que le personnel soit constamment informé, afin qu'il puisse non seulement utiliser de manière fonctionnelle les nouveaux systèmes numériques, mais aussi relever les défis actuels en réagissant très rapidement.
Pour toutes ces raisons, c'est avec une joie et un honneur particulier que je vous présente aujourd'hui la nouvelle plateforme mondiale, qui, je l'espère, marquera un nouveau départ pour des réalisations encore plus importantes de la diplomatie grecque et européenne.
Je vous remercie.
Février 13, 2026