Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 31.03.2026)

Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 31.03.2026)

L. ZOHIOU : Bonjour à tous.

Nous commencerons par une déclaration sur les développements en Iran et au Moyen-Orient.

Les développements en Iran et au Moyen-Orient menacent la sécurité régionale et mondiale. Nous appelons toutes les parties à une désescalade immédiate, à faire preuve de la plus grande retenue possible, à protéger les civils et à respecter pleinement le droit international, y compris les principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que le droit international humanitaire.

Nous exprimons notre solidarité envers les pays du Golfe.

La liberté de navigation et la sécurité maritime doivent être protégées. Un espace maritime sûr favorise la stabilité politique mondiale, la stabilité économique, le développement durable et la prospérité de tous les peuples.

Nous appelons à la réactivation de canaux de dialogue fiables et au retour à la table des négociations.

Le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a pris contact avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, ainsi qu’en tant que représentant de la Grèce, membre du Conseil de sécurité des Nations Unies. La discussion a porté principalement sur les développements dans l'ensemble du Moyen-Orient. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que la Grèce était favorable à la diplomatie pour trouver une solution viable, au respect total du droit international et à la garantie de la liberté de navigation.

En ce qui concerne le Liban,

Le Liban est devenu un front de guerre parallèle, l'exemple le plus tangible de la propagation du conflit armé au Moyen-Orient.

Nous exprimons notre inquiétude face à l'escalade des hostilités au Liban et à leurs graves conséquences pour les civils, notamment les pertes en vies humaines et les déplacements de population à grande échelle.

Nous appelons à une désescalade immédiate, à la protection des civils et au respect du droit international, y compris le droit international humanitaire.

La Grèce se tient aux côtés du Liban et soutient pleinement sa souveraineté et son intégrité territoriale. Nous réitérons son appel à toutes les parties pour qu’elles respectent et appliquent les termes de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et pour qu’elles mettent pleinement en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Nous exprimons notre soutien à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), qui joue un rôle stabilisateur essentiel. Le personnel de la FINUL et des forces de maintien de la paix en général ne doit jamais être la cible d’attaques.

Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes, au peuple et au gouvernement indonésiens.

En ce qui concerne la Syrie,

Nous suivons avec une vive inquiétude la situation à Al-Soukailabiya, une ville à la population majoritairement grecque orthodoxe. Nous prenons note de la déclaration du gouvernement syrien concernant l’enquête sur les récents incidents de violence dans la ville. Il est nécessaire d’obtenir davantage d’informations, de clarté et, bien sûr, de rendre des comptes.

Nous soutenons la nécessité d’une transition politique inclusive et de la protection de tous les Syriens, y compris les femmes, sans discrimination fondée sur l’origine religieuse ou ethnique, comme condition préalable à la stabilité et à la reprise. La richesse de la Syrie réside dans la diversité et le pluralisme de sa société, et les chrétiens constituent une partie historique et indissociable de la société syrienne multiculturelle.

La Grèce se tient aux côtés de la Syrie et lui apporte son soutien, tant au niveau bilatéral qu’en sa qualité d’État membre de l’Union européenne et de membre du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La Grèce reconnaît les progrès accomplis, mais nous ne négligeons pas les défis. Nous attendons que les assurances données par le gouvernement syrien soient respectées.

En ce qui concerne le Feu Sacré et son transfert vers la Grèce,

Nous comprenons tous que, quelles que soient les possibilités existantes, elles ne peuvent être rendues publiques pour des raisons de sécurité, étant donné que l'opération devrait avoir lieu en pleine guerre.

Le ministre des Affaires étrangères est en contact avec son homologue israélien et nous restons en communication avec toutes les instances compétentes.

L'État grec mettra tout en œuvre pour assurer le transport en toute sécurité du Feu Sacré vers la Grèce.

Nous soulignons à nouveau que le statu quo des lieux saints de Jérusalem, y compris celui du Saint-Sépulcre, doit être pleinement respecté par tous et en toutes circonstances. La Grèce exprime sa solidarité et son soutien indéfectible aux Églises chrétiennes de Jérusalem.

Concernant la visite du ministre des Affaires étrangères à Benghazi,

La visite du ministre des Affaires étrangères à Tripoli, qui avait été annoncée pour demain 1er avril, est reportée en raison de conditions météorologiques extrêmes, selon les prévisions météorologiques.

Lors de sa visite à Benghazi, le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a eu des entretiens avec le chef de l'Armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar, en présence de Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l'Armée nationale libyenne, et du chef d'état-major général, le général Khaled Khalifa Haftar.

Il a également rencontré le président de la commission des Affaires étrangères et de la coopération internationale de la Chambre des représentants et président de la commission des avoirs gelés de la Libye, Yousef Alagouri.

L'objectif de cette visite était de renforcer les relations opérationnelles entre Athènes et Benghazi et de tirer parti de la dynamique positive qui s'est créée, notamment depuis juillet dernier, à la suite de la visite du ministre des Affaires étrangères à Benghazi.

En ce qui concerne le processus politique, le ministre a réaffirmé la position de la Grèce, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, selon laquelle elle est prête à contribuer à la promotion du processus politique. Il espère une réconciliation nationale des Libyens. Nous soutenons la tenue d’élections libres et démocratiques comme seule solution viable pour résoudre la crise libyenne, sans ingérence de tiers.

Lors de la visite à Benghazi, il a été convenu de renforcer la coopération en matière de migration, dans le but de réduire les flux migratoires irréguliers. Le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé la volonté de notre pays de renforcer encore la coopération opérationnelle avec les autorités de l’est de la Libye.

Il a été convenu de renforcer la présence des entreprises et des investissements grecs en Libye orientale, dans le prolongement des accords signés lors de la mission commerciale menée par le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, M. Theoharis, à Benghazi (13-14 janvier 2026).

Le rôle de la Grèce et sa contribution au sein de l’Union européenne et du Conseil de sécurité des Nations unies ont été mis en avant. Dans ce contexte, l’aide substantielle apportée par la Grèce sur la question des fonds gelés a été soulignée. Il s’agissait d’ailleurs d’un sujet que le ministre a abordé avec le président de la Commission sur les avoirs libyens gelés, Youssef Alagouri, qui faisait partie de la délégation libyenne en visite à Athènes en janvier dernier.

En ce qui concerne les zones maritimes, la priorité de la Grèce est la délimitation des zones maritimes avec la Libye. Il a été convenu que la Grèce et la Libye, en tant qu’États riverains, étaient prêtes à discuter de la délimitation de la zone économique exclusive.

Je vais maintenant passer à la visite du ministre des Affaires étrangères à Berlin,

Le 17 mars, le ministre des Affaires étrangères s'est rendu à Berlin, où il a rencontré son homologue allemand, Johann Wadephul.

Lors de cette rencontre, le niveau très satisfaisant des relations bilatérales a été confirmé et les possibilités de les approfondir davantage dans une série de domaines ont été examinées, dans le prolongement de la tenue du septième tour de consultations Grèce - Allemagne à Berlin, en novembre dernier.

Ils ont également abordé des questions relatives aux développements régionaux, au Moyen-Orient et en Ukraine, à l’avenir de l’Union européenne en matière d’élargissement et de stratégie d’autonomie, ainsi qu’à la coopération entre les deux pays dans le cadre de l’OTAN.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, devrait effectuer une visite de réciprocité en Grèce dans un avenir proche.

En ce qui concerne le programme du ministre des Affaires étrangères,

Le 2 avril, le ministre des Affaires étrangères recevra à Athènes le ministre des Affaires étrangères de Singapour, le Dr Vivian Balakrishnan.

Le 15 avril, le ministre des Affaires étrangères se rendra à Berlin, où se tiendra la Conférence internationale sur le Soudan.

Nous terminerons par une communication concernant la reconduction de l'application du programme provisoire de délivrance de visas de courte durée aux points d'entrée des îles de la mer Égée orientale aux citoyens turcs et aux membres de leur famille.

À la suite d'actions coordonnées entre le ministère des Affaires étrangères et la Commission européenne, la prolongation d'un an, à compter du 31 mars 2026, du programme temporaire de délivrance de visas de court séjour aux points d'entrée des îles de la mer Égée orientale aux citoyens turcs et aux membres de leur famille.

La Commission s'est félicitée du succès du programme au cours de ses deux années de mise en œuvre, ainsi que de sa contribution positive à la promotion des contacts entre les deux peuples.

Le programme concerne les îles de Kalymnos, Kastellórizo, Kos, Leros, Lesbos, Lemnos, Patmos, Rhodes, Samothrace, Samos, Symi et Chios, soit au total 12 îles grecques.

La durée du visa sera de sept jours maximum et il sera délivré aux points d'entrée prévus à cet effet.

Nous en avons terminé avec notre introduction et nous sommes à votre disposition.

TH. BALODIMAS : Dans l’esprit de la déclaration que vous nous avez lue au début concernant l’Iran et la région au sens large, je voudrais poser une question. Le ministre de la Défense se rend aujourd’hui aux Émirats pour y rencontrer des responsables du pays. Y a-t-il eu une concertation préalable avec vous ou avec le Palais Maximou, si vous en avez connaissance, sur la manière dont cette solidarité envers les pays du Golfe pourrait se concrétiser et sur la manière dont la liberté de navigation pourrait être garantie ?

L. ZOCHIOU : Quelle est votre question ? Voulez-vous savoir s’il y a eu une concertation ?

TH. BALODIMAS : Et s'il s'y rend afin de présenter également des propositions pour que cela se concrétise.

L. ZOCHIOU : Monsieur Balodimas, vous devriez peut-être adresser cette question au ministère compétent. Je ne représente pas le ministère de la Défense nationale.

TH. BALODIMAS : Oui. Mais c'est comme si vous nous disiez que cela se passe sans qu'il y ait de concertation...

L. ZOCHIOU : Je ne vous ai pas dit cela. Je n'ai pas fait référence à cette visite en tant que telle. Je n'ai toutefois rien à dire à ce sujet.

TH. BALODIMAS : Je pensais simplement qu’il y avait une certaine coordination.

L. ZOCHIOU : Je ne l’exclue pas. Il se peut que je ne sois pas au courant pour le moment.

M. NIKOLAIDOU : Bonsoir. Je suis Myrna Nikolaidou, du journal Estia. Je voudrais demander s’il y a eu une réaction suite à cet incident grave impliquant le patrouilleur turc qui a harcelé des chalutiers grecs à Farmakonisi. Il a pénétré dans les eaux territoriales grecques, l’affaire a été médiatisée, on en a parlé, je crois que la chaîne de télévision STAR a été la première…

L. ZOCHIOU : Je ne vous entends pas bien. Excusez-moi.

M. NIKOLAIDOU : Concernant l'incident au cours duquel des pêcheurs grecs ont été harcelés par un patrouilleur turc à Farmakonisi, il n'y a aucune réaction de la part de la Grèce.

Cet incident est très grave. Les Turcs ont pénétré dans les eaux territoriales grecques et multiplient les provocations ces derniers temps. Il n’y a toutefois eu aucune réaction de la part du ministère des Affaires étrangères.

L. ZOCHIOU : Il n’est pas de coutume que le ministère des Affaires étrangères réagisse publiquement à ce genre de sujets. Nous faisons ce qu’il convient et soulevons la question tant auprès de la partie turque que de nos partenaires européens.

M. NIKOLAIDOU : Mais il n'y a pas eu de réaction jusqu'à présent...

L. ZOCHIOU : J'ai répondu. Merci beaucoup.

S. NIKOLAIDIS : Bonjour, bon après-midi, Madame la Porte-parole. Stefanos Nikolaidis de skai.gr. En ce qui concerne la visite du ministre à Benghazi et sa rencontre avec le maréchal Haftar, vous nous avez indiqué dans votre déclaration liminaire que c'était une priorité, ce qui a également été exprimé par la partie libyenne, du côté de Benghazi, et par la partie grecque, que la délimitation des zones maritimes avec la Libye est une priorité. Bien sûr, vous savez très bien qu’il existe le mémorandum turco-libyen, qui est sans fondement, qui est illégal, comme vous l’avez souligné à maintes reprises. Je voudrais demander si le maréchal Haftar a exprimé une volonté, une intention, une volonté commune, un objectif commun pour surmonter cet obstacle ? Car Tripoli, comme vous le savez, aura du mal à procéder à un compromis en vue de saisir une juridiction internationale. Le maréchal a-t-il donc manifesté une telle volonté de surmonter cet obstacle et d’en rester aux côtes opposées ? Merci.

L. ZOCHIOU : Reprenons depuis le début. Lors de sa rencontre avec le maréchal Khalifa Haftar, le ministre a déclaré qu’il ne devait y avoir aucun fait accompli. Il a bien sûr réitéré la position de la Grèce selon laquelle le mémorandum turco-libyen est nul et non avenu, qu'il viole le droit international et qu'il n'a donc aucun effet juridique.

En ce qui concerne les pourparlers. Les discussions techniques ont débuté avec Tripoli ; la première réunion a eu lieu ici à Athènes, où leur lancement a été annoncé. La prochaine se tiendra à Tripoli et son calendrier sera fixé lors de la visite que le ministre effectuera à Tripoli.

Les négociations s'appuient sur le droit international de la mer, ce qui a été convenu par les deux parties.

CH. MAKRI : Sur le même sujet, vous avez dit qu'il avait été convenu de lancer les discussions. De quelle manière ? Y aura-t-il un comité technique similaire à celui qui existe avec Tripoli ? Un tel accord a-t-il été conclu ?

L. ZOCHIOU : Il a été convenu que les deux parties étaient prêtes à discuter de la délimitation. La manière dont cela se fera sera bien sûr examinée dans les prochains jours.

M. MOURELATOU : Maria Mourelatou, du journal TA NEA. Je voudrais poser une question concernant la deuxième mission du ministre à Tripoli, qui a été reportée en raison des conditions météorologiques : avons-nous une nouvelle date ou nous tiendrez-vous informés dès que possible ? Merci.

L. ZOCHIOU : Vous serez informés à ce sujet. Les services diplomatiques sont à la recherche d’une nouvelle date.

CH. KRATSI : Christina Kratsi, de la chaîne ALPHA. Je voudrais poser la question suivante. Étant donné que Tripoli insiste, pour ce qui est de l’accord turco-libyen, pour autant que nous le sachions, aucune autre déclaration n'a été faite et la Grèce estime que cet accord est dénué de fondement, sur quelle base les deux délégations vont-elles discuter ? En d’autres termes, sur quelle base vont-elles discuter, étant donné que l’une considère qu’il y a un fait accompli et que l’autre considère qu’il n’y en a pas ?

L. ZOCHIOU : Je vais réitérer notre position, Madame Kratsi, je ne m’exprimerai pas au nom de la partie libyenne. Notre position est la suivante : la base sur laquelle nous avons convenu de mener les discussions techniques est le droit international de la mer.

CH. KRATSI : Simplement, la Türkiyeestime elle aussi qu'elle agit conformément au droit international de la mer, mais les points de vue divergent considérablement. Bref.

A. TELOPOULOS : Bonjour à vous aussi. Telopoulos, de i-efimerida, Efimerida ton Syntakton. Premièrement, concernant les populations chrétiennes au Moyen-Orient, il y a eu aujourd’hui un article en une du quotidien Kathimerini qui affirme que nous avons activé divers canaux, notamment avec l’Arabie saoudite et le Qatar, pour faire pression sur le régime en Syrie. Si vous pouvez le confirmer, si cela est vrai, si nous allons intensifier cette pression sur la Syrie, si nous ne sommes pas satisfaits des résultats de l’enquête, je veux dire la pression diplomatique, ou peut-être par l’intermédiaire du Conseil de sécurité. Et une deuxième question pour ne pas y revenir plus tard, car vous avez dit qu’il y avait des contacts entre M. Gerapetritis et son homologue israélien. Au-delà de la question du Feu sacré, a-t-il fait part de notre vive préoccupation concernant le Liban ?

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne les populations chrétiennes, je m'en tiendrai à la déclaration faite lors de notre introduction.

En ce qui concerne l’entretien que le ministre des Affaires étrangères a eu avec son homologue israélien ces derniers jours, il a abordé les questions relatives à la situation au Moyen-Orient, sur le terrain. Le ministre a appelé au respect universel du droit international et a insisté sur la question de la protection du Liban.

S. RISTOVSKA : Je voudrais vous poser une question concernant les Balkans occidentaux, Madame la porte-parole. Le ministre des Affaires étrangères a évoqué à plusieurs reprises certaines initiatives grecques et, la dernière fois, je crois que c'était le mois dernier à Bruxelles, il a déclaré avoir informé ses homologues. Pouvez-vous nous donner quelques détails ? De quoi s'agit-il ? En quoi consistent exactement ces initiatives ? Merci.

L. ZOCHIOU : Le ministre des Affaires étrangères a évoqué cette initiative concernant les Balkans occidentaux, dans la perspective de la présidence grecque au second semestre 2027. Nous sommes fermement convaincus que l’Union européenne doit rester résolument attachée au processus d’adhésion et à la promotion de la perspective européenne des Balkans occidentaux. À plus forte raison en cette période d’instabilité et, plus généralement, de troubles, de crises et de guerres qui font rage dans notre région élargie. La Grèce, comme vous le savez, a joué un rôle de premier plan dès 2003 avec l’agenda de Thessalonique pour la promotion du processus d’adhésion. 23 ans plus tard, elle souhaite donner une vision aux peuples des Balkans occidentaux et estime que ce processus doit conserver son élan et, surtout, sa crédibilité.

Toujours dans le plein respect des critères d’adhésion, de l’acquis communautaire, du droit international, des principes de la démocratie et de l’État de droit, mais aussi du principe des performances équivalentes, la Grèce est disposée à prendre des initiatives en ce sens. Le ministre des Affaires étrangères a informé ses partenaires de l’Union européenne à ce sujet. Il a également eu une discussion approfondie avec son homologue allemand, qui a exprimé le soutien de l’Allemagne sur cette question. Nous attendons des communiqués à ce sujet dans les prochains jours.

N. STAMOULI : Je souhaitais poser une question concernant le détroit d'Ormuz : a-t-on une idée du nombre de navires grecs qui s'y trouvent, s'il y a des demandes de rapatriement de la part de marins grecs, car il y a eu diverses plaintes de la part des syndicats de marins selon lesquelles on leur fait signer certains documents disant qu'ils passent de leur plein gré juste avant d'entrer dans la zone de conflit. Et s’il y a des réflexions et des pressions en Grèce, mais aussi des réflexions de la part du gouvernement grec concernant une éventuelle participation à une opération visant à protéger les navires qui transitent par cette zone.

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne les navires, d’après les dernières informations que j’ai reçues du ministère de la Marine, dix navires grecs se trouvent toujours dans le golfe. Et [89] marins grecs. Je n'ai pas connaissance, du moins au niveau du ministère des Affaires étrangères, d'une demande de rapatriement pour le moment. Il faudrait toutefois vérifier cette information auprès du ministère de la Marine compétent.

Quant à savoir si nous subissons des pressions pour participer à ces opérations, précisons que la Grèce ne subit aucune pression.

La Grèce participe à l'opération EUNAVFOR ASPIDES de l'Union européenne, dont la zone d'activité est bien définie. De plus, le rôle de cette opération est purement défensif, conformément au droit international, et elle fonctionne, comme vous le savez, avec un effectif très restreint. Le ministre des Affaires étrangères, lors de sa participation au Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne, a clairement exposé la position grecque. Lors de ce même Conseil, il a été constaté qu’il n’y avait ni intention, ni possibilité d’élargir le mandat de cette opération.

Par ailleurs, la Grèce a l'intention d'adhérer à la déclaration commune des 33 États et plus concernant le détroit d'Ormuz. Cette déclaration reste ouverte. Je précise que les États signataires expriment leur volonté de contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la navigation dans le détroit.

Je souligne la volonté de la Grèce de contribuer à ces efforts, lorsque la paix sera rétablie. C'est-à-dire, après la fin des hostilités. 

D. ÖZCAN : Le Parlement israélien a approuvé la peine de mort pour les Palestiniens. Quel est votre commentaire à ce sujet ? Merci.

L. ZOCHIOU : Je sais que des discussions sont en cours au sein de l'Union européenne en vue de la publication d'une déclaration à ce sujet. Nous l'attendons.  

[ Israel: Statement by the High Representative on behalf of the European Union on the approval of the Death Penalty Bill by the Israeli Parliament (31.03.2026)

https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2026/03/31/israel-statement-by-the-high-representative-on-behalf-of-the-european-union-on-the-approval-of-the-death-penalty-bill-by-the-israeli-parliament/ ]

K. ALATZAS : Y a-t-il eu des contacts ou une demande d’assistance en matière de défense de la part des Émirats arabes unis, étant donné qu'il existe depuis quelques années un accord avec ce pays et que, comme cela a été annoncé il y a quelques minutes, le ministre de la Défense se rend aujourd'hui aux Émirats arabes unis. Et je fais référence à cet accord car il prévoit, entre autres, une clause d'assistance en matière de défense. Merci.

L. ZOCHIOU : Il n'y a pas de demande spécifique dans le cadre de l'accord entre la Grèce et les Émirats arabes unis. 

M. MOURELATOU : Je vais poser deux questions, qui n’ont aucun lien entre elles. La première est que j’ai lu hier dans un média libyen que Dbeibah avait demandé l’accélération des procédures de délimitation des zones maritimes avec la Grèce et Malte. Savons-nous quelque chose à ce sujet ? Et la deuxième question est de savoir s’il y a des avancées concernant le forum 5 x 5, si les discussions se poursuivent du côté de la Grèce, si nous avons de nouvelles informations ou des avancées. Merci.

L. ZOCHIOU : Concernant le forum 5 x 5, je n’ai pas d’avancées à signaler et je n’ai rien à annoncer.

En ce qui concerne la question de Tripoli et la délimitation des zones maritimes, je m’en tiens à ce que nous avons dit, à savoir que la délimitation des zones maritimes, du plateau continental et de la zone économique exclusive constitue une priorité pour la Grèce également, et qu’elle y travaille. J'imagine que les processus correspondants sont également en cours là-bas.

M. NIKOLAIDOU : Je voudrais demander si la Grèce est en concertation avec Chypre afin de soulever la question de l'adhésion de Chypre à l'OTAN lors du prochain sommet en Türkiyeen juillet. S'il y a des contacts entre les deux parties. Car la partie chypriote a désormais commencé à aborder la question publiquement.

L. ZOCHIOU : La République de Chypre est un État souverain. La Grèce soutiendra toute demande de sa part concernant cette question.

N. PETANIDOU : Il y a eu des articles dans les médias turcs concernant des îles grecques et le fait qu’Israël souhaiterait les acheter. Dans le même temps, un journaliste turc a invoqué des sources diplomatiques grecques, qui ont bien sûr démenti cette information. Avez-vous un commentaire à faire ? Car je ne sais pas si ces sources diplomatiques grecques provenaient du ministère grec des Affaires étrangères ou d'une autre source.

L. ZOCHIOU : C'est catégoriquement démenti. Il s'agit là de propos absurdes.

Mars 31, 2026