Je prononce la présente déclaration au nom de l’Égypte, de Chypre, de Bahreïn, des Émirats arabes unis, de l’Union européenne, ainsi que de mon pays, la Grèce.
La récente décision de la Chambre des représentants de la Libye de ratifier le soi-disant « mémorandum entre la Turquie et la Libye sur la délimitation des zones de juridiction maritimes en Méditerranée » de 2019 soulève de graves préoccupations quant à la sécurité et à la stabilité régionales. Elle met également en évidence un enjeu plus large pour l’ordre juridique international : la nécessité de veiller à ce que des accords bilatéraux arbitraires ne sapent pas les règles établies du droit international ni ne portent atteinte aux droits d’États tiers.
Le droit international, et en particulier la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) et le droit international coutumier, fournissent le cadre juridique de la délimitation des zones maritimes. Ces règles sont essentielles pour garantir la prévisibilité, la sécurité juridique et des relations pacifiques entre les États. Accepter des accords bilatéraux qui font fi des règles et principes applicables du droit international créerait un dangereux précédent, sapant l’ordre juridique international et les principes sur lesquels repose le règlement pacifique des différends.
Le soi-disant « mémorandum turco-libyen » est incompatible avec ces principes fondamentaux. Il fait fi des réalités géographiques et des droits maritimes de tous les États côtiers concernés, y compris les droits maritimes des îles au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. La décision prise par la suite par la Chambre des représentants libyenne ne modifie en rien cette réalité juridique. Ledit mémorandum reste nul et non avenu, contraire au droit international, et ne saurait servir de fondement légal à la délimitation de zones maritimes ni produire de conséquences juridiques pour des États tiers.
Nous restons attachés à la réunification des institutions libyennes et à une Libye unie et prospère. Une Libye stable, activement engagée dans la coopération régionale, est essentielle à la paix et à la sécurité dans toute la Méditerranée. La transition politique de la Libye et ses relations avec les pays voisins doivent être guidées par le respect du droit international et des relations de bon voisinage.
En tant que membres des Nations Unies, nous avons toujours plaidé en faveur du règlement pacifique des différends par le dialogue et conformément au droit international. C’est dans cet esprit que la Grèce a mené des pourparlers bilatéraux avec la Libye sur la délimitation de zones maritimes, en toute bonne foi et conformément au droit international, et qu’elle est prête à poursuivre ces efforts.
Le respect du droit international est essentiel à la stabilité régionale et à un ordre international fondé sur des règles.
Octobre 26, 2026