Déclarations conjointes du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères E. Vénizélos avec le ministre bulgare des Affaires étrangères M. Kristian Vigenin

Déclarations conjointes du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères E. Vénizélos avec le ministre bulgare des Affaires étrangères M. Kristian VigeninE. VENIZELOS : C’est avec grand plaisir que je reçois au ministère des Affaires étrangères mon homologue bulgare, un très cher ami et collègue, avec lequel j’entretiens une coopération très étroite dans le cadre de l’Union européenne et autres réunions multilatérales. Une visite officielle ici en Grèce est un acte symbolique attestant du niveau particulièrement bon des relations bilatérales entre la Grèce et la Bulgarie et de leur importance.

Nous avons eu l’occasion d’aborder tout l’éventail des questions bilatérales et de prendre des décisions en vue de la promotion rapide de ces questions et du règlement de tous les sujets demeurés en suspens. Lors de notre rencontre en tête à tête, nous avons eu l’occasion de passer en revue la situation internationale et régionale. Le dénominateur  commun est que nous abordons les questions de la même façon, tant au niveau international que régional. Et notre volonté commune est d’avancer pour toutes les questions qui nous préoccupent.

J’ai informé mon collègue des priorités de la présidence grecque imminente du Conseil de l’Union européenne et nous sommes convenus de prendre des initiatives conjointes concernant la région élargie de l’Europe du Sud-est.

La question des flux migratoires nous intéresse tout particulièrement, ainsi que celle du contrôle des frontières, de la lutte contre l’immigration clandestine et illégale, des immigrés sans papiers, et ce, toujours dans le cadre des règles et conceptions européennes. A ce titre, nous avons besoin d’une présence européenne plus marquée et d’un financement européen plus solide. La crise humanitaire, la catastrophe humanitaire qui a eu lieu à Lampedusa, en Sicile nous sensibilise tous et bien entendu la présidence hellénique imminente du Conseil de l’UE.

L’accord conclu sur le nouveau gazoduc TAP et la construction du dispositif d’interconnexion entre la Grèce et la Bulgarie (IGB) ouvrent de nouvelles voies de coopération entre la Grèce et la Bulgarie.

Nous avons par ailleurs, les champs de coopération traditionnels, nous avons notre coopération transfrontalière pour ce qui est de la gestion des eaux et nous avons bien entendu notre décision commune d’ouvrir de nouvelles voies de communication entre les deux pays. Cela devient réalité et permet le développement du marché du tourisme et des relations commerciales bilatérales.
Je conclurais en une phrase. Nous partageons une longue histoire, nous partageons notre position dans la même région, nous partageons un destin euro-atlantique commun et nous sommes déterminés à travailler ensemble. Nous sommes alliés, amis et partenaires stratégiques et nous le prouvons en pratique tous les jours.

Κ. VIGENIN : Merci monsieur le ministre. Je voudrais tout d’abord confirmer ce que vient de dire monsieur le ministre. En effet, lors de nos entretiens, nous avons touché le fond des questions qui nous préoccupent et avons eu une discussion très constructive et j’espère vraiment que notre coopération se poursuivra.

En effet, la Grèce et la Bulgarie coopèrent étroitement dans un cadre de coopération stratégique, que nous comptons élargir et améliorer. Notre coopération est tout aussi étroite qu’excellente, tant au niveau bilatéral, qu’au niveau des organisations multilatérales, régionales, internationales et au sein de l’UE.

Nous soutenons pleinement les priorités et les objectifs de la présidence hellénique, tels qu’ils ont été annoncés à la presse, la présidence d’un pays ami et voisin. En tant que pays membre de l’Union européenne, nous ferons tous les efforts nécessaires, à compter du 1er janvier 2014, pour appuyer la présidence grecque et que celle-ci soit couronnée de succès.

Nous sommes en effet convenus de poursuivre notre coopération et coordination s’agissant de questions majeures dans le cadre de l’UE, des instances européennes, mais aussi au niveau bilatéral, afin de régler les questions en suspens, qui sont également de nature technique. D’ailleurs, monsieur le ministre en a parlé tout à l’heure.

J’estime donc que ci ces questions mineures de nature technique sont réglées, nous pourrons – encore faut-il qu’il y ait la volonté politique – axer nos efforts sur la résolution d’autres questions, de nature régionale notamment.

J’aimerais vous remercier pour votre accueil et l’occasion qui m’est donnée car en une journée seulement nous avons réussi à intégrer dans mon agenda des rencontres avec le Président de la République, le Premier ministre et le Président du Parlement. Cet élément à lui seul vient confirmer l’importance qu’accorde le gouvernement grec aux excellentes relations avec la Bulgarie.

JOURNALISTE : La question est adressée aux deux ministres. Vous avez discuté du projet du gazoduc TAP sur lequel sera axée notre coopération. Au-delà de tout cela, vous avez discuté d'autres domaines de coopération en matière d'énergie. Qu'avez-vos décidé?  Vu le temps limité que nous avons eu à notre disposition, nous avons discuté d'un bon nombre de questions. Nous avons discuté du nouveau gazoduc et du dispositif d'interconnexion Grèce-Bulgarie. Nous sommes également convenus qu'au cours du déjeuner auquel nous assisterons, nous aurons plus de temps à notre disposition afin de parler en détail de notre coopération en matière d'énergie, de sources d'énergie et de diversification de celles-ci non seulement dans notre région, mais aussi au sein de l'Union européenne.

E. VENIZELOS : Comme l'a a affirmé le ministre, Au stade actuel des pourparlers, nous avons abordé la question du TAP et du dispositif d'interconnexion (IGB), entre la Grèce et la Bulgarie, car la nouvelle branche du TAP qui approvisionnera les autres pays de l'Europe du Sud- est revêt également une très grande importance.

La position géographique de la Bulgarie et sa participation à cette coopération a influé sur le choix du gazoduc TAP par rapport aux autres solutions. Cela constitue un nouvel élément qui revalorise également nos relations bilatérales ainsi que notre coopération dans le domaine de l'énergie. Par la suite, nous aborderons d'autres questions.

JOURNALISTE: Monsieur le vice-premier ministre, avez-vous discuté de la question des rapports de la Commission européenne et notamment de Skopje et de la question du nom?

E. VENIZELOS : Au cours de notre entretien privé, nous avons bien entendu évoqué le rapport présenté par la Commission européenne sur le processus d'élargissement aux pays souhaitant adhérer à l'Union européenne.

Notre position est bien connue. Ces rapports de l'Union européenne sont, bien évidemment, pris en considération par le Conseil de l'Union européenne auquel sont représentés les Etats membres. Ce sont les Etats membres du Conseil qui prennent les décisions politiques y relatives, sur la base des critères de Copenhague, des critères qui renvoient à la civilisation juridique et politique, au respect du droit international, à la relation de bon voisinage.  

Ces critères doivent être remplis par tous les pays souhaitant adhérer à la famille européenne. Nous soutenons la perspective européenne et euro-atlantique de tous les pays des Balkans occidentaux, mais, bien évidemment, cela dépend de chaque pays - car chaque pays est un cas particulier - et de la mesure dont chaque pays est déterminé à remplir ces critères et une fois que ces derniers sont remplis, le pays peut devenir membre de l'UE.

En ce qui nous concerne, nous offrirons notre aide à cette fin, de façon constructive et de bonne foi, en fonction toujours du droit international et de l'acquis européen.

Κ. VIGENIN: Une brève remarque pour ce qui est du rapport de la Commission européenne sur la réalisation des progrès. En effet, des évolutions positives sont enregistrées, ce qui est également reconnu par la Commission européenne. Pour ce qui est de l'ARYM, comme vous le savez, actuellement une négociation est en cours visant à la signature d'un pacte de coopération sur la base des relations de bon voisinage.

Nous espérons qu'après la publication du rapport, les rythmes seront accélérés et, dans l'intervalle, les principales questions qui demeurent en suspens vis-à-vis de l'Union européenne seront réglées.  Par ailleurs, c'est justement cela qu'on attend par tous les pays aspirant à leur adhésion.

Les discussions se poursuivront d'ici à la prochaine réunion du Conseil. Toutefois, en ce moment, les questions soumises à la table sont bien claires et par conséquent nous nous attendons à une réponse de la part de Skopje sur la base des conclusions du rapport sur les progrès réalisés concernant les questions en suspens.

Octobre 17, 2013