
M. D. DROUTSAS : Je voudrais souhaiter la bienvenue à Athènes à M. Vuk Jeremic, ministre serbe des Affaires étrangères et très cher ami.
Malheureusement, j’ai perdu l’occasion d’assister récemment à Belgrade à la cérémonie d’inauguration de la Tour Nebojša où Rigas Féréos fut emprisonné et exécuté. J’ai appris que la cérémonie était exceptionnelle et très émouvante avec la participation de nos deux présidents, M. Papoulias et M. Tadic. Le monument qui a été rénové avec la contribution des deux Etats servira à toujours nous rappeler les relations historiques qui nous unissent, mais aussi notre amitié et notre avenir commun.
En ce qui concerne nos relations bilatérales, j’aimerais encore une fois affirmer avec certitude qu'elles sont excellentes et enregistrent une tendance sans cesse haussière. Je me réfèrerais seulement à un domaine, le tourisme, qui est d'actualité, puisque la période touristique vient de commencer en Grèce. Nous constatons avec satisfaction que le nombre de visiteurs de Serbie a augmenté. A cette tendance a contribué bien entendu l'abolition du régime des visas, mais aussi la qualité des services offerts dans notre pays à des prix intéressants.
Ces derniers temps, la Serbie a fait des progrès impressionnants dans son cheminement vers l’Union européenne. Nous l’encourageons et la soutenons pour qu’elle suive ce parcours avec le même dynamisme dont elle a fait preuve jusqu’à aujourd’hui et il est important d’avoir des modèles de réussite dans notre région. Ils constituent une motivation pour tous, accélèrent le rythme de tous les pays des Balkans occidentaux, non seulement de la Serbie, vers l'objectif fixé qui, il ne faut pas l'oublier, est commun : l'intégration de la région tout entière à l'Union européenne. La Grèce, comme nous l'avons déjà annoncé, œuvre systématiquement dans ce sens et se prépare dès aujourd'hui à lier sa présidence à l'UE en 2014, comme elle l’avait fait en2003, à la réalisation concrète de cet objectif. A savoir que tous les pays des Balkans occidentaux adhèrent bientôt à l'Union européenne.
Encore une récente évolution qui nous permet d’être optimistes quant au fait que le parcours de la région vers l’Union européenne est acquis. Je veux parler ici des contacts directs entre Belgrade – Pristina. Il faut du courage politique, il faut un sentiment de responsabilité. C’est une condition de base pour avancer dans notre région et l’UE, et bien entendu la Grèce, soutiennent les deux parties, nous sommes aux côtés de la Serbie et fondons de grands espoirs sur ce dialogue.
Mais nous aurons bien entendu l’occasion de nous entretenir de toutes ces questions lors de notre discussion qui aura lieu tout de suite après. Encore une fois, Vuc, je te souhaite la bienvenue en Grèce.
JOURNALISTE : Monsieur le ministre, avez-vous un commentaire au sujet de l’article paru aujourd'hui dans un journal grec concernant la fuite de Wikileaks qui se réfère à Pharmakonissi et Agathonissi?
M. D. DROUTSAS : Nous avons d’emblée affirmé qu’il n’était pas question de commenter les fuites de télégrammes diplomatiques secrets du ministère américain des Affaires étrangères, les fameux Wikileaks, et pour moi c'est une question de principe. J'estime que la publication de correspondance diplomatique secrète est condamnable et entrave l’exercice de la politique étrangère.
Mais pour ce qui est de la question d’Agathonissi et de Pharmakonissi, ou de tout autre endroit sur le continent grec, j’aimerais être clair sur le fait – et je le dis avec emphase – que nous ne tolérerons pas ce genre de contestations et qu’il n’y a aucun doute sur la moindre parcelle de terre grecque. Tous ceux là, et notamment nos amis de l’autre côté de la mer Egée, doivent une fois pour toutes se le mettre bien dans la tête.
Mai 18, 2011