Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita (Athènes, 07.09.2026)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita (Athènes, 07.09.2026)

Bonjour.

Monsieur le ministre, cher Nasser.

C’est avec une joie et un honneur particulier que je t’accueille aujourd’hui à Athènes, à une rencontre qui se tient à une période marquée par des défis géopolitiques particulièrement intenses, tant pour le continent africain que pour la sécurité au niveau mondial. Ta présence aujourd’hui ici confirme l’excellent niveau de nos relations bilatérales et notre volonté commune de les approfondir.

La Grèce et le Maroc sont depuis longtemps unis par des liens d’amitié, d’estime mutuelle et de confiance. En tant que pays méditerranéens, nous partageons des défis et des opportunités mais aussi une profonde proximité culturelle. Lors de notre rencontre d’aujourd’hui, nous nous sommes longuement entretenus sur l’ensemble des questions d’intérêt bilatéral et régional.

Nous réaffirmons que notre convergence stratégique est fondée sur notre attachement au droit international, le respect de l’intégrité territoriale des pays ainsi que la diplomatie multilatérale.

En tant que membre élu du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Grèce agit dans le respect total de la Charte des Nations Unies et du droit international, y compris le droit de la mer. Notre attachement à ces principes nous permet d’être un interlocuteur fiable dans la région, tout en promouvant la résolution pacifique des différends.

Lors de nos discussions, nous avons mis l’accent sur les grands défis sécuritaires auxquels est confrontée la région élargie de la Méditerranée et de l’Afrique du nord. Nous avons échangé des vues à la lumière de l’examen imminent du renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies pour le Sahara occidental (MINURSO), dont le mandat expire le 31 octobre 2026.

J’ai souligné que la Grèce soutient fermement le processus politique visant à régler la question du Sahara occidental sous l’égide des Nations Unies. Nous saluons l’adoption de la Résolution 2797 du Conseil de sécurité, à l’élaboration de laquelle nous avons participé en novembre dernier, grâce également aux excellents contacts et canaux de communication que nous entretenons avec toutes les parties, ainsi qu’à une série d’interventions constructives.

La Grèce contribuera à nouveau, en sa qualité de présidente du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies le mois prochain, à l'élaboration de la résolution en question. D’ailleurs, conformément à la position commune de l’Union européenne, nous soutenons pleinement les efforts déployés par l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, portant sur le déroulement de négociations, sur la base de la Proposition d’Autonomie du Maroc, dans le but de parvenir à une solution juste, permanente et mutuellement acceptable.

Nous estimons que la Proposition d’Autonomie constitue une contribution sérieuse et crédible au processus en cours aux Nations Unies et pourrait représenter la solution la plus réalisable. Comme le prévoit la Résolution 2797 (2025), les parties sont invitées à participer à des discussions sans conditions préalables et à présenter des idées qui contribueront à l’atteinte d’une solution définitive et mutuellement acceptable.

Nous avons également exprimé notre vive préoccupation concernant les défis sécuritaires en Méditerranée et en Afrique du Nord, tout en soulignant que la stabilité régionale nécessite une étroite coopération. La Grèce apprécie vivement le rôle du Maroc en tant que pilier de stabilité dans l’ensemble de la région, ainsi que sa contribution active au développement du continent africain.

Parallèlement, nous avons discuté de l’importance de la sécurité maritime et des transports maritimes. La Grèce a mis en avant, en temps utile, l’importance de la sécurité maritime en mai 2025 lors de sa Présidence au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, tandis qu’elle joue un rôle de premier plan dans l’opération « EUNAVFOR ASPIDES », déployée actuellement en mer rouge dans le but de garantir la liberté de navigation dans la région.

En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, la Grèce contribue activement à l’élargissement des canaux de communication et au développement ultérieur de la relation stratégique entre le Maroc et l’UE. Nous accordons également une importance particulière au Nouveau Pacte pour la Méditerranée, visant à créer un nouveau cadre pour l’approfondissement ultérieur de notre coopération dans des domaines cruciaux d’intérêt commun, comme la question migratoire, l’énergie, la transition numérique et les contacts entre nos peuples.

Les récentes évolutions à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, à Ceuta, démontrent une fois de plus, que la gestion de l’immigration constitue un défi commun à l’échelle européenne et régionale et qu’elle nécessite une coopération étroite, une protection efficace des frontières ainsi qu’une lutte contre les réseaux de passeurs. Nous sommes convaincus que ce partenariat entre l’Union européenne et le Maroc, notamment dans les domaines de la connectivité numérique, de l’énergie verte et de la gestion de l’immigration, contribuera à relever efficacement les défis régionaux et internationaux communs.

Dans ce contexte, la signature du Partenariat vert entre l’UE et le Maroc, en octobre 2022, le premier Partenariat vert conclu par l’UE avec un pays partenaire, souligne l’importance qu’accorde le Maroc à la transition écologique et la protection de l’environnement, des domaines qui revêtent d’ailleurs un intérêt particulier pour la Grèce.

Cher Nasser,

Bien que nos relations politiques et diplomatiques se trouvent déjà à un excellent niveau, nous reconnaissons qu’il existe une marge de progression dans nos relations économiques et commerciales bilatérales, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopérations mutuellement bénéfiques.

Nous sommes convenus d’œuvrer en faveur du développement de nos flux commerciaux. Les exportations grecques vers le Maroc restent largement concentrées sur les produits pétroliers. La Grèce considère le Maroc comme une porte d’entrée importante vers les marchés de l’Afrique subsaharienne. Dans cette optique, nous avons examiné les importantes possibilités d’amélioration et de développement de notre coopération bilatérale dans des secteurs d’intérêt précis. Nous nous sommes concentrés sur les infrastructures, où s’ouvrent d’importantes opportunités, dans la perspective de la Coupe du monde de football en 2030, coorganisée par le Maroc.

Nous avons également abordé les perspectives de coopération dans les domaines de l’énergie verte, de la gestion de l’eau ainsi que de la coopération portuaire et maritime. L’accent a notamment été mis sur le secteur agroalimentaire, qui est une priorité absolue pour les deux pays.

Pour mener à bien tous ces objectifs, il est indispensable de renforcer davantage les contacts entre les responsables des deux pays. Parallèlement, ce renforcement devrait également inclure la coopération mutuelle de nos milieux d’affaires et nous estimons que la tenue de la 8e session de la Commission interministérielle mixte constituera le cadre institutionnel approprié pour approfondir notre coopération économique et promouvoir de nouveaux accords commerciaux

Cher ministre,

Je suis convaincu que votre visite d’aujourd’hui insuffle un nouvel élan à notre coopération, dans l’intérêt de nos peuples et de la stabilité dans l’ensemble de notre région.

Je vous remercie chaleureusement de votre présence aujourd’hui et j’espère qu’elle marquera le début d’une relation encore plus étroite et amicale entre nos peuples.

Septembre 7, 2026