C’est un immense honneur et un immense plaisir d’être aujourd’hui à Amman pour le sommet trilatéral réunissant la Jordanie, Chypre et la Grèce. Au nom de mon Premier ministre et de la délégation grecque, je tiens à remercier chaleureusement Sa Majesté et le ministre Safadi pour leur chaleureuse hospitalité. Nous apprécions sincèrement le travail acharné et précieux que vous accomplissez pour promouvoir la paix dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient.
Notre cinquième réunion, qui se tient à un moment critique pour notre voisinage et pour le monde, témoigne de la force durable de notre partenariat, véritable pilier de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans l’ensemble de la région.
Ce partenariat repose sur notre compréhension commune des défis auxquels notre région est confrontée et sur notre vision commune d’une région exempte de guerre, d’agression, de rivalité et de conflit. Parallèlement, nous sommes guidés par des valeurs et des principes communs, un respect inébranlable du droit international et une adhésion totale aux principes fondamentaux consacrés dans la Charte des Nations Unies.
Nous avons eu l’occasion aujourd’hui d’échanger nos points de vue sur des questions régionales et internationales, en mettant l’accent sur l’évolution de la situation au Moyen-Orient au sens large, en particulier la guerre en Iran, la situation à Gaza, au Liban, en Syrie et en Cisjordanie.
Concernant l’Iran, nous avons réaffirmé notre conviction commune qu’il est primordial d’empêcher toute nouvelle escalade et que la diplomatie doit prévaloir, en soulignant que seules des solutions durables peuvent être trouvées par le dialogue. Dans ce contexte, nous soulignons l’importance de maintenir le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.
La préservation de la sécurité maritime – cher Ayman, cher Konstantinos – et la protection de la liberté de navigation restent également une priorité absolue. La Grèce s’est déclarée prête à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir le libre passage dans le détroit d’Ormuz, lorsque les conditions le permettront.
En ce qui concerne Gaza, nous avons exprimé notre position commune sur la nécessité d’une amélioration immédiate de la situation humanitaire. Nous avons également souligné l’urgence de passer à la phase 2 conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Dans le même temps, nous avons souligné l’importance d’un horizon politique clair pour le peuple palestinien, ainsi que la reprise du processus politique, qui mènera à une solution à deux États, seule solution possible pour une paix durable. La Grèce est prête à contribuer activement à l’après-conflit à Gaza, tant dans le secteur humanitaire que dans la stabilisation et la reconstruction de la région.
Nous avons également exprimé notre préoccupation commune face à la recrudescence des violences commises par les colons en Cisjordanie. Dans ce contexte, nous soulignons l’importance de préserver le statu quo des lieux saints. Nous avons réaffirmé notre soutien au rôle important joué par la tutelle hachémite des lieux saints à Jérusalem.
En ce qui concerne le Liban, nous saluons la décision des dirigeants libanais et israéliens d’entamer des pourparlers directs, qui pourraient servir de base à un accord de paix global.
En ce qui concerne la Syrie, nous avons réaffirmé notre soutien au pays. Comme l’a mentionné Ayman, nous aspirons à une Syrie pacifique et prospère, où tous les Syriens, indépendamment de leur sexe, de leur religion ou de leur appartenance ethnique, se sentiront en sécurité et verront leurs droits respectés. À cet égard, nous soulignons la nécessité d’une transition politique inclusive garantissant la représentation de toutes les communautés ethniques et religieuses du pays, sans aucune exclusion. La Grèce et la Syrie partagent une longue histoire, dont fait notamment partie l’Église orthodoxe grecque en Syrie, à laquelle la Grèce porte un intérêt particulier.
Messieurs les ministres, la Jordanie est un pilier de la stabilité dans la région. Il est impératif que la stabilité soit maintenue au sein du pays.
La Grèce, en tant que membre de l’Union européenne, ainsi que Chypre, en tant que pays assurant la présidence du Conseil européen, veilleront à ce que cet objectif soit atteint au sein de l’Union européenne. Nous continuerons à collaborer étroitement à la poursuite d’une vision commune pour un voisinage sûr, stable et prospère, ce qui prouve qu’une coopération significative est non seulement possible, mais nécessaire dans le contexte actuel d’instabilité internationale.
Ce partenariat tripartite ne constitue pas seulement une coopération entre États, mais aussi une condition préalable, un élan vers davantage de paix et de prospérité dans notre région.
Je me réjouis de vous accueillir à Athènes l’année prochaine.
Je vous remercie.
Mai 6, 2026