Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec la ministre des Affaires étrangères de la Finlande, Elina Valtonen (Athènes, 27 mai 2026)

Déclarations du ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, à l'issue de sa rencontre avec la ministre des Affaires étrangères de la Finlande, Elina Valtonen (Athènes, 27 mai 2026)

C'est un grand honneur d'accueillir aujourd'hui, au ministère grec des Affaires étrangères, la ministre des Affaires étrangères de la Finlande, Elina Valtonen.

C’est une ministre des Affaires étrangères exceptionnelle, dotée d’une expérience précieuse, de vastes connaissances et d’une vision claire de l’Europe et de sa stratégie d’autonomie. L’une des ministres des Affaires étrangères les plus influentes d’Europe.

La Grèce et la Finlande, partenaires au sein de l’Union européenne et alliés au sein de l’OTAN, partagent des priorités communes face aux défis complexes qui se posent dans notre voisinage, en Europe, dans le contexte géopolitique actuel.

Nos points de vue convergent sur l’avenir de l’Union européenne, une Union européenne forte, élargie, mais aussi stratégiquement autonome à l’avenir.

En ce qui concerne l’élargissement, notre objectif commun est l’adhésion des Balkans occidentaux à la famille européenne et le renforcement de leur progression vers cet objectif. La Grèce, en tant que plus ancien membre de l’Union européenne dans la région, reste un fervent défenseur de la perspective européenne des Balkans occidentaux, sur la base des principes de conditionnalité et de mérites propres, dans le plein respect des droits fondamentaux, du droit international et des relations de bon voisinage qui doivent régir les États.

En ce qui concerne la compétitivité de l’Europe, nous partageons l’avis de Mme la ministre selon lequel il est nécessaire de créer un environnement propice au développement, aux investissements, à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à l’industrie dans un contexte d’incertitudes géopolitiques accrues.

En ce qui concerne l’Union géopolitique, les trois crises prolongées dans notre voisinage élargi, en Ukraine, à Gaza, au Moyen-Orient au sens large et en Iran, ont montré que la dépendance dans des domaines stratégiques, tels que la production de défense, l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, peut nous rendre vulnérables.

Par conséquent, la transition vers l’autonomie stratégique, tout en préservant le rôle géopolitique fort de l’Europe dans le monde, est une condition nécessaire ; il est également indispensable de parvenir à une diversification effective afin d’éviter toute dépendance excessive, dans aucun des secteurs constituant des infrastructures critiques pour l’avenir de l’Europe et du monde.

Ces questions liées à la future architecture de sécurité de l’Europe seront également à l’ordre du jour du Conseil des affaires étrangères, qui se tiendra dès ce soir et demain, à Chypre.

La Finlande et la Grèce, pays du nord de l’Europe et du sud méditerranéen respectivement, partagent la conviction que la géographie continue de jouer un rôle central dans les développements géopolitiques.

Nous estimons qu’il est absolument nécessaire qu’un dialogue de fond s’instaure également entre les régions d’Europe et, pour cette raison, nous développerons nos synergies avec l’honorable Madame la Ministre, afin qu’il y ait effectivement un véritable point de contact, qu’il y ait un dialogue constructif et sur les questions cruciales qui concernent l’Europe, notre voisinage et son avenir.

Il apparaît clairement que, de l’Arctique à la Méditerranée, la crise climatique, l’une des grandes crises qui secouent le monde, n’est pas seulement une question environnementale, mais aussi un facteur crucial pour la sécurité et la stabilité de l’Europe et du monde. Sans équilibre environnemental, il est difficile de viser une véritable durabilité dans le monde.

Dans le même temps, en tant qu’États voisins du nord et du sud de l’UE et de l’OTAN, nous sommes confrontés à des défis communs, à des menaces asymétriques et hybrides qui nous rappellent que la sécurité de l’Europe est indivisible. Car désormais, les menaces ne proviennent plus nécessairement de moyens conventionnels, mais de moyens qu’un État a du mal à contrer seul. C'est pourquoi la solidarité entre les États, la solidarité entre les membres de l'Union européenne, est absolument nécessaire.

C'est pourquoi, au sein des deux organisations, l'UE et l'OTAN, l'adoption d'une politique à 360 degrés, d'une politique holistique, qui accorde une attention et une importance égales à toutes les régions géographiques, est une condition nécessaire à une stratégie géopolitique efficace et bénéfique.

En tant que nation dotée d’une longue tradition maritime, la Grèce accorde une importance particulière à la sécurité maritime et à la liberté de navigation.

C'est pourquoi nous nous opposons à l'existence de la flotte fantôme, qui enfreint directement les règles du droit international et de la liberté de navigation et qui, bien entendu, constitue un risque environnemental majeur. La Grèce prend toutes les mesures nécessaires pour lutter contre ce phénomène.

De même, nous réaffirmons notre volonté de contribuer aux efforts appropriés en faveur de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz lorsque les conditions le permettront, en pleine coopération avec toutes les parties concernées.

Il est absolument nécessaire, je tiens à le souligner, d’assurer la sécurité dans toutes les zones maritimes, en particulier là où le trafic est très dense entre les zones continentales et insulaires, aucune action ne doit mettre en danger la sécurité des citoyens, des marins et de la navigation.

Madame la Ministre, chère Elina,

En octobre dernier, lors de ma visite à Helsinki, nous nous sommes engagés à travailler plus intensément pour renforcer notre coopération bilatérale.

L'économie, les investissements dans les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle, le grand enjeu de notre époque, et bien sûr, le tourisme constituent des questions d'intérêt commun pour nos deux pays.

Nous avons eu aujourd’hui un échange de vues extrêmement constructif sur tous ces sujets et je tiens tout particulièrement à remercier Mme la ministre d’avoir, malgré son agenda extrêmement chargé, pris le temps de discuter, notamment avec les acteurs concernés, des questions relatives au renforcement de nos relations bilatérales et de nos échanges commerciaux.

Notre volonté commune, par ailleurs, est de maintenir une coordination étroite au sein des organisations internationales, telles que l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation maritime internationale (OMI), dans le but de promouvoir la légalité internationale et le multilatéralisme, auxquels nous croyons tous deux fermement.

Nous considérons que l’application fidèle du droit international, ainsi que le renforcement des organisations internationales multilatérales, constituent une véritable condition de prospérité et nous œuvrons dans ce sens.

Nous devons unir nos voix en faveur de la diplomatie multilatérale, outil indispensable pour résoudre des questions complexes qui dépassent les frontières géographiques et transcendent les États et les nationalités.

C’est sur ces réflexions, chère Elina, que je voudrais te souhaiter la bienvenue à Athènes et te remercier chaleureusement pour la discussion extrêmement fructueuse que nous avons eue, et que nous poursuivrons ce soir à Chypre.

Je vous remercie.

Mai 27, 2026