
Monsieur le président,
J'aimerais tout d’abord féliciter notre hôte, le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie pour l'organisation de ce conseil ministériel dans ce pays hospitalier de l'Europe du nord ainsi que pour son accueil chaleureux.
J’aimerais rappeler que le Processus de Corfou, inauguré en 2009 sous la présidence grecque de l'OSCE, a constitué une étape importante en faveur d'un dialogue ouvert, transparent et coopératif visant à valoriser les avantages de la coopération dont bénéficie l'OSCE en tant que cadre de dialogue et de coopération ultérieurs dans le respect de nos intérêts communs.
La Grèce est convaincue qu’en plus de l'esprit et de l’expérience acquise du Processus de Corfou, nous devrons valoriser pleinement les structures de l'OSCE ainsi que ses dispositifs en vue de renforcer la notion de sécurité indivisible, globale et coopérative, d'identifier les problèmes, de comprendre les points de vue des autres, de gommer les différences et de rechercher des solutions mutuellement acceptables.
Dans la pratique, bien entendu, il a été prouvé que nos dispositifs n'étaient pas assez flexibles et efficaces pour une action immédiate et la volonté politique n’était pas toujours de mise lorsqu’elle était absolument nécessaire.
Le renforcement des capacités de l’Organisation à faire face aux conflits et aux crises constitue un projet très important qui nous permettra non seulement d'avoir une réaction rapide et appropriée, mais aussi de maintenir la crédibilité et la cohésion des efforts de médiation de l'OSCE et sa participation à la reconstruction post-conflit.
Nous saluons la réunion en format «5+2» pour la résolution du conflit de la Transnistrie qui s’est tenue il y a quelques jours à Vilnius et la volonté politique de toutes les parties en vue de parvenir à une solution aussi durable que globale, dans le respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la République de Moldavie.
Nous exprimons également notre soutien à la poursuite des pourparlers de Genève qui constitue l’unique forum de résolution de la crise en Géorgie et saluons les efforts du Groupe de Minsk de l’OSCE en vue de la promotion d’une solution durable et viable à la question du conflit du Haut-Karabagh.
Nous sommes particulièrement satisfaits du processus mis en place dans le cadre du Forum sur la Sécurité et la Coopération ainsi que du renouvellement et de la modernisation des mesures de sécurité et de confiance prévues par le Document de Vienne.
Tandis que de nouvelles menaces à la sécurité occupent le devant de la scène, dont la plupart sont de nature interétatique, nous devons envisager, en priorité, les problèmes qui pourraient conduire à des bouleversements sociaux et troubler la normalité de la vie quotidienne.
De nombreuses sociétés sont confrontées à des problèmes économiques de taille, au chômage et à des problèmes liés à l'immigration clandestine.
Les autres sociétés sont tourmentées, plus ou moins directement, par des problèmes liés aux fléaux du terrorisme et du crime organisé de toute forme.
La coopération, la synergie et la solidarité sont des éléments nécessaires en vue de pouvoir relever de concert ces menaces et d’assurer que chacun d’entre nous deviendra le maillon fort et non pas faible, de cette chaîne des efforts internationaux.
Pour ce qui est plus particulièrement de l’immigration illégale et de sa gestion, une question revêtant une importance majeure pour mon pays, nous pensons que la contribution de l’OSCE peut être importante en raison de sa composition et de son approche élargies. A cet égard, nous avons proposé la mise en place d’un réseau en vue de réaliser notre engagement commun en faveur d’une plateforme de participation élargie pour l’engagement d’un débat sur les questions de l’immigration.
Maintenant, s’agissant d’une question importante, je pense que nous devons examiner l’impact du changement climatique sur la sécurité et la stabilité dans la région de l’OSCE, ainsi que les actions complémentaires auxquelles nous devons procéder parallèlement aux efforts consentis par les Nations Unies, en vue de relever ce défi. Nos efforts visant à instaurer la sécurité environnementale doivent aller de pair avec une politique énergétique plus efficace, au niveau national et régional, qui mettra l’accent sur l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique. Il va de soi que la sécurité énergétique dans le sens plus large, demeure au cœur de la perception de l’OSCE concernant la sécurité globale et coopérative.
La Grèce reconnaît les progrès réalisés ces dernières années par le biais du dialogue et de la coopération avec nos partenaires dans la région de la Méditerranée et de l’Asie, tout en accordant une importance majeure à leur éventuelle contribution au renforcement de la sécurité dans la région de l’OSCE, s’agissant des trois dimensions.
Comme nous avons à maintes reprises souligné le caractère interdépendant de la sécurité sur les deux rives de la Méditerranée, mon pays salue les processus des reformes politiques qui sont menés par certains Etats de la région du sud de la Méditerranée cette dernière année et est prête à soutenir le transfert de l’expertise de notre Organisation dans tous les domaines présentant un intérêt pour les Etats concernés.
Demeurant toujours ouverte aux demandes de coopération formulées par les pays intéressés, la Grèce salue l’aspiration de la Mongolie à devenir Etat participant à l’OSCE et est prête à la soutenir.
Des sa creation, l’OSCE n’a jamais ete seulement un forum intergouvernemental. Son objectif etait de reunifier les peuples. Dans cet effort, nous pensons que le role de l’Assemblee parlementaire qui rassemble les representants elus par les peuples, revet une importance cruciale. La presidence de l’Assemblee parlementaire a ete confiee pour une deuxieme annee a mon compatriote, ami et collegue, M. Petros Efthymiou, ce qui constitue un grand honneur pour nous. Je suis sur qu’il continuera de promouvoir, dans le cadre de l’Assemblee parlementaire, le meme esprit de cooperation qui a ete inaugure par la presidence hellenique de l’OSCE en 2009.
Enfin, notre réunion ici à Vilnius, constitue pour nous une opportunité et un défi pour la prise de décisions substantielles en vue de frayer la voie pour le futur rôle de l’OSCE dans le maintien de la paix et de la stabilité dans notre région.
Saisissons donc cette opportunité et relevons ce défi. Dans ce même esprit, j’aimerais présenter à l’Irlande qui exercera la prochaine présidence, mes vœux de succès dans son œuvre. Je suis sûr qu’au cours de sa présidence de nombreuses opportunités seront valorisées. J’aimerais aussi féliciter la Suisse et la Serbie pour leur dépôt de candidature pour les prochaines présidences de 2014 et de 2015, ce que nous soutenons de tout cœur.
Je vous remercie Monsieur le Président.
Décembre 7, 2011