Immigration
• Nous ne pouvons rester indifférents devant ce qui se passe sur le littoral sud méditerranéen. J’ai demandé au Conseil des ministres des Affaires étrangères de considérer l’immigration clandestine comme une question politique majeure de l’Union européenne.
• Nous ne pouvons nous en tenir au cadre réglementaire existant et aux infrastructures existantes, aux fonds et aux capacités existants de la FRONTEX, qui est présente en Grèce, une présence qui – je dirais – est principalement symbolique. Nous voulons une présence plus concrète de la FRONTEX. Nous devons prendre des initiatives différentes quant à leur envergure avec un plus grand financement. Et pour ce, une conception radicalement différente de la notion de solidarité européenne, de répartition équitable des charges, est nécessaire
• Nous sommes victimes d’une situation disproportionnée émanant de la géographie et des inactions institutionnelles, organisationnelles et économiques de l’Union européenne. Il est inadmissible que la Grèce ou des pays comme Malte, l’Italie ou Chypre subissent ces pressions, sans qu’il y ait un réel mouvement de solidarité.
• Dans le respect de la souveraineté nationale de chaque Etat membre, une opération d’envergure sur le terrain, avec de réels résultats, en mettant en œuvre de grands moyens, doit être organisée pour envisager ce phénomène à sa source, dans les régions d’origine de ce problème.
• Pendant la présidence grecque, nous prendrons des initiatives, à tous les Conseils, afin de partager équitablement et efficacement le problème et apporter une solution humanitaire et efficace.
• Et cela concerne, comme je l’ai dit, tous les côtés de la Méditerranée, le Sud mais aussi l’Est, selon la charge supportée par chaque pays.
• S’agissant de Dublin II, il y des divergences d’opinions entre les différents groupes géographiques des Etats membres. Mais la réalité internationale fait pression, tout comme l’incapacité de la communauté internationale et de l’UE de s’attaquer à la source du problème.
• Certains sont donc sans doute obligés maintenant de comprendre qu’il doit y avoir des accords politiques qui permettront à l’UE de faire face à des crises humanitaires, de surveiller ses côtes, d’intervenir en temps utile afin d’éviter des situations dramatiques ou des situations ingérables pour les pays d’accueil, pour que nous puissions avoir une réponse par rapport à Dublin II également et aussi par rapport à de nouveaux outils juridiques qui pourraient se présenter.
• Nous ne pas du tout satisfaits de la façon dont fonctionnent les accords et les protocoles de réadmission. L’UE doit insister sur ce point dans ses relations avec les pays tiers.
Dossier chypriote
• Hier, j’ai eu l’occasion de m’entretenir de manière approfondie avec mon confrère chypriote, Ioannis Kassoulidis. La conception prévalant au sein du gouvernement chypriote est que les pourparlers ont, à toutes fins et intentions, d’ores et déjà commencé.
• Le « communiqué conjoint » est un document substantiel d’orientation dans le cadre duquel aura lieu la négociation sur le fond. Ce texte est en réalité le résultat de la phase préliminaire de la négociation.
• De ce fait, nous ne devons pas être étonnés du retard, des désaccords existants, de l’insistance, d’une partie ou de l’autre, sur certains points qui sont très cruciaux. Nous savons quels sont les points cruciaux pour la partie chypriote grecque. Ce sont ceux qui concernent la politique nationale, le respect des décisions du Conseil de sécurité, le respect de l’acquis communautaire, le critère ultime d’une solution qui puisse être acceptée par voie de référendum par le peuple chypriote.
• Car si une solution n’est pas acceptée par le peuple chypriote lui-même par voie de référendum, alors nous ne pouvons parler d’une solution substantielle et applicable.
Albanie
• Avec l’Albanie, il y a un accord de délimitation des zones maritimes en général. Cet accord a été signé, convenu, paraphé, ratifié par la partie grecque, par la partie albanaise et la loi y relative a été annulée par décision de la cour constitutionnelle albanaise.
• Nous demandons à ce que l’Albanie achève, dans le cadre du droit international de la mer, le processus d’élaboration de cet accord. Les principes ne peuvent changer puisque les principes sont le droit international de la mer.
• Il existe, peut-être, des questions techniques que nous sommes disposés à revoir au niveau des comités techniques. Deux choix s’offrent à nous : le choix du droit international et de la pratique européenne et celui de la contestation du droit international et de la pratique européenne.
• L’Albanie se veut un pays prêt à adhérer à l’UE. Nous soutenons sa perspective européenne, nous voulons que s’accélère la procédure en vue de son adhésion, nous voulons lui offrir un savoir-faire et une assistance, sous certaines conditions bien entendu.
• Il y a les critères de Copenhague, le principe des relations de bon voisinage, le respect du droit international, le respect de l’acquis communautaire.
• A ce stade, la Commission européenne vient dire : « J’ai fait une étude et de cette étude il découle que l’application du droit international de la mer, l’application des zones maritimes en Méditerranée, est favorable à la prospérité et au développement des peuples européens méditerranéens ».
• C’est donc ce que nous entendons faire avec l’Albanie. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait avec l’Italie. Nous ne pouvons avoir la délimitation du plateau continental depuis 1977 avec l’Italie et ne pas avoir la même pratique avec l’Albanie. D’ailleurs, nous devons travailler sur certains points de manière trilatérale.
ARYM
• En dépit du différend existant sur la question du nom, la Grèce est le premier investisseur étranger du pays voisin. Les deux économiques sont dans une large mesure étroitement liées. La Grèce pourrait devenir le vecteur de l’intégration euroatlantique rapide de Skopje. Nous y tenons et voulons que cela devienne réalité. Nos relations sont exceptionnelles et elles peuvent devenir encore plus étroites. Sur le plan énergétique, de nouvelles opportunités se présentent et sont le résultat de tout ce qui se passe en rapport avec les gazoducs.
• S’agissant de notre position concernant le nom, cette position est la même que celle que j’ai exprimée à M. Nimetz, en septembre, lors de sa visite, et au SG de l’ONU que j’ai rencontré à New York, à M. Poposki que j’ai rencontré deux fois, une à Bruxelles et une à New York, et enfin à M. Ahmeti, qui a eu l’amabilité de me rendre visite ici, au ministère des Affaires étrangères.
• Nous acceptons un nom composé, tel que celui-ci a été formulé en tant politique nationale, ce qui atteste de la bonne foi de la Grèce. Bien entendu, par nom composé nous entendons un déterminatif géographique et non un déterminatif se référant au système de gouvernement, ce qui n’a absolument pas de sens. Nous parlons par ailleurs d’un nom qui soit pour tous les usages, au niveau national et international.
• Il est très important de changer le climat mais ce climat ne peut changer si des déclarations provocatrices de ce type sont faites : « La Grèce doit être appelée ancienne province ottomane de la Grèce ». Cela est un affront aux procédures et résolutions de l’ONU et j’en suis profondément navré, même si c’était un mauvais jeu de mots et non une remarque politique substantielle. J’espère que c’était juste un mauvais jeu de mots.
• Et par ailleurs, nous ne pouvons accepter que soit formulée publiquement la position selon laquelle « nous n’acceptons aucun nom qui porte atteinte à l’appellation constitutionnelle ». Ce qui reviendrait à dire que l’ARYM elle-même n’accepte pas le processus mené sous l’égide des Nations Unies ? Nous nous devons de respecter le SG et le Conseil de sécurité et, bien entendu, les critères de Copenhague, l’acquis communautaire et l’obligation qu’ont tous les pays de respecter les règles du droit international et les relations de bon voisinage.
Visite du ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergei Lavrov
• Nous nous réjouissons d’accueillir à Athènes le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Serguei Lavrov, avec lequel j’ai eu une discussion tout aussi amicale que substantielle à New York, en marge de l’Assemblée générale.
• Nous passerons en revue tout l’éventail de nos relations bilatérales, avec notamment les questions liées à l’économie et à la croissance. Des accords seront signés et autres textes internationaux, que nous annoncerons lorsque les préparatifs des deux ministères des Affaires étrangères seront terminés.
Projet de loi contre le racisme
• Il s’agit d’un acte normatif qui permet à la législation grecque d’être harmonisée avec les normes européennes et qui concerne le rejet du discours et des actions qui viennent perturber la cohésion sociale, la paix et la sécurité.
• Nous avons fait un travail tout aussi systématique que responsable en coopération avec le ministère de la Justice. Il est très important que soit adoptée cette loi qui concerne notamment des crimes inspirés par des discours haineux. Car notre législation sur les homicides ou les crimes organisés est déjà suffisante. Nous avons besoin de compléter notre législation pour sanctionner les expressions susceptibles de dégénérer en propos nazis, fascistes ou violents.
Economie
• La Grèce peut présenter maintenant un excédent primaire structurel de 5% du PIB, la meilleure performance de la zone euro et au sein de l’UE. Cet excédent primaire structurel tient naturellement compte de la récession excessive et cumulée.
• La viabilité de la dette souveraine est un système d’hypothèses et de calculs et une conception commune qui prévaut non seulement au sein des organes institutionnels, mais aussi sur les marchés. Il est donc très important qu’il y ait une conviction sur la viabilité de la dette souveraine.
• Selon l’étude de viabilité sur laquelle se fondent les décisions de l’Eurogroupe et du FMI, la dette grecque est viable et à partir d’un certain point elle se rétrécit à un rythme particulièrement impressionnant.
• Cela doit bien entendu être facilité par divers arrangements qui ne créent de problèmes à personne, qui concernent l’expiration des obligations ou des annuités des prêts, ou encore des taux d’intérêt, malgré le fait que le taux d’intérêt soit particulièrement bon et la durée moyenne est très longue car en 2012 nous n’avons pas seulement réussi le haircut mais aussi la restructuration radicale de la dette souveraine grecque, qui est aujourd’hui dans une situation incomparablement meilleure.
Navtex turc concernant des recherches de vaisseau
• Il y eut une démarche immédiate de la part de la Grèce et une confirmation expresse de la partie turque que le vaisseau turc procèdera à des recherches purement scientifiques et donc des recherches qui ne sont pas liées au fond marin, directement ou indirectement, dans les eaux territoriales turques et les eaux internationales. C’est la réponse qui a été reçue de la part de la partie turque. Bien entendu nous suivons la situation de très près en coopération avec la Marine grecque.
Octobre 23, 2013