Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 23.04.2026)

Point de presse de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lana Zochiou (Athènes, 23.04.2026)

Bonne journée à tous et mes meilleurs vœux pour Pâques !

Nous commencerons par la journée d’hier et l’adoption, d’une importance historique, par la Grèce et les partenaires des Balkans occidentaux de la Déclaration de Delphes sur l’adhésion des Balkans occidentaux à l’Union européenne. Si nous devions donner un titre à cet événement, ce serait « La perspective européenne des Balkans occidentaux, de l’Agenda de Thessalonique 2003 à la Déclaration de Delphes 2026 ».

23 ans après l’Agenda de Thessalonique, l’engagement de la Grèce et des partenaires des Balkans occidentaux en faveur de leur adhésion à l’Union européenne est renouvelé, comme un processus irréversible, comme un investissement géopolitique dans la paix et la stabilité.

La Déclaration de Delphes marque le point de départ de l’initiative grecque pour les Balkans occidentaux, menée par le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, et le succès d’hier, l'adoption de la Déclaration de Delphes, a été le couronnement d'efforts inlassables dans ce sens.

La Grèce, dans la perspective de sa présidence au Conseil de l’Union européenne au second semestre 2027, reste un fervent défenseur et un promoteur de l’adhésion de tous les partenaires des Balkans occidentaux à l’Union européenne.

Les actions menées par la Grèce dans ce domaine visent à l'adoption de l'acquis communautaire par les Balkans occidentaux, ainsi qu'à la promotion de la convergence économique et de la stabilité régionale dans des domaines tels que l'énergie, l'interconnectivité, la migration et la sécurité.

Les actions prévues par la Grèce pour renforcer la perspective européenne des Balkans occidentaux comprennent :

- l'adoption de la Déclaration de Delphes, dans le prolongement de l'Agenda de Thessalonique, qui constitue la première étape de l'initiative grecque pour les Balkans occidentaux ;

- les visites du ministre des Affaires étrangères dans les Balkans occidentaux dans les prochains mois et la programmation, d'ici la fin de l'année, d'une réunion ministérielle à Athènes.

La Grèce est disposée et prête à fournir son expertise dans des domaines cruciaux, tels que l'État de droit, l'administration publique, la gouvernance numérique, les infrastructures de transport et d’énergie, et à soutenir concrètement les efforts de réforme de ses partenaires dans la région.

Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères rencontrera dans quelques instants la commissaire chargée de l'élargissement, Marta Kos.

En ce qui concerne l'évolution de la situation dans la région élargie du Moyen-Orient :

La prolongation du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran offre la marge nécessaire à la diplomatie pour parvenir à la paix dans l’ensemble de la région.

Il est indispensable d’empêcher une nouvelle escalade. Nous soulignons à nouveau la nécessité d’un respect universel du droit international, y compris du droit international humanitaire et du droit international de la mer.

Nous réaffirmons que la liberté de navigation est un principe fondamental du droit international, y compris de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

La Grèce a fait part de sa volonté de contribuer aux efforts appropriés visant à assurer la sécurité du passage dans les détroits, lorsque les conditions le permettront. Nous participons activement aux initiatives pertinentes du Royaume-Uni et de la France.

Notre priorité absolue est la protection des marins et la sécurité des navires. Nous renforçons notre coordination avec la communauté maritime et l’Organisation maritime internationale (OMI) et soutenons ces coopérations dans le but d’assurer une traversée sûre, continue et sans entrave du détroit.

À l’occasion de la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères et le vice-Premier ministre libanais, Tarek Mitri, le ministre des Affaires étrangères a souligné le soutien sans faille de la Grèce à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban.

Il s'est félicité du cessez-le-feu obtenu grâce à la médiation du gouvernement américain, ainsi que des pourparlers directs entre le Liban et Israël à Washington, qui pourraient contribuer à la paix et à la stabilité à long terme dans la région.

Nous estimons que ces développements doivent ouvrir la voie à un accord global de cessez-le-feu et à une paix durable dans la région.

La Grèce apporte une aide multidimensionnelle au Liban sur les plans diplomatique, humanitaire et militaire.

Le 14 avril, le ministre des Affaires étrangères a cosigné, avec 17 de ses homologues, une déclaration commune demandant l’inclusion du Liban dans les efforts de désescalade au niveau régional et appelant toutes les parties à œuvrer en faveur d’une solution politique durable. Le texte réaffirme également, entre autres, l’importance de la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité des Nations Unies, et il est déclaré que le soutien à l’État libanais sera maintenu afin qu’il puisse exercer ses droits souverains sur l’ensemble du territoire du pays.

La Grèce continuera à soutenir le président Aoun et le gouvernement libanais dans leurs efforts visant à renforcer des institutions étatiques solides.

Plus d'un million de citoyens libanais ont été touchés par le conflit. Le 21 avril, la Grèce a achevé la première phase de son opération d'aide humanitaire à Beyrouth, manifestant une fois de plus son soutien concret au gouvernement et au peuple ami du Liban.

L'aide grecque s'articule autour de trois axes principaux :

1. Aide financière par l'intermédiaire des Nations Unies. La Grèce a alloué la somme de 300 000 euros à titre de contribution financière d'urgence au Fonds humanitaire pour le Liban du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

2. Renforcement du secteur de la santé au Liban. En étroite collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Grèce offre 500 000 euros pour soutenir le système de santé libanais.

3. Fourniture d'aide humanitaire. Le transport et la livraison de 3 tonnes d'aide humanitaire à Beyrouth ont été menés à bien. Le matériel, qui comprenait des fournitures médicales, de la nourriture, de l'eau et des produits de première nécessité, a été acheminé par un avion C-130 de l'armée de l'air grecque à l'aéroport international Rafic Hariri.

Enfin, la Grèce continue de soutenir les Forces armées libanaises afin de garantir le plein exercice de la souveraineté du pays.

En ce qui concerne l'Autorité palestinienne, le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a reçu le vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein Al Sheikh, au ministère des Affaires étrangères.

Le ministre a réaffirmé la position de la Grèce en faveur de la solution à deux États comme seule voie viable vers la paix et la sécurité au Moyen-Orient. La Grèce soutient le renforcement et la réforme de l’Autorité palestinienne, en tant que seul représentant légitime des Palestiniens.

Le ministre grec des Affaires étrangères a souligné que la situation à Gaza et en Cisjordanie devait rester au centre des efforts diplomatiques. Nous ne devons pas laisser notre attention se détourner de Gaza.

La mise en œuvre intégrale de la deuxième phase du Plan de paix et de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU est indispensable.

Le volet humanitaire reste une priorité. Il faut garantir le fonctionnement des points de passage existants et nouveaux, ainsi que le renforcement de l’aide humanitaire. Il est également indispensable de rétablir les infrastructures et les services de base à Gaza, tels que le fonctionnement des hôpitaux.

En ce qui concerne la participation du ministre des Affaires étrangères à la Conférence internationale sur le Soudan :

Le 15 avril, le ministre des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a participé à la 3e Conférence humanitaire internationale sur le Soudan, qui s’est tenue à Berlin.

Dans son intervention, M. Gerapetritis a notamment souligné l’engagement constant de la Grèce en faveur de l’unité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Soudan, et a appelé toutes les parties à respecter pleinement le droit international humanitaire. Il a également évoqué la nécessité du retrait immédiat de tous les acteurs extérieurs, de la création de couloirs de passage sécurisés pour l’aide humanitaire, du retour organisé des personnes déplacées vers des zones sûres, ainsi que de la fourniture d’un financement planifié et prévisible aux acteurs locaux légitimes au Soudan. Il a également annoncé l'engagement de la Grèce à verser une contribution financière supplémentaire d'un million d'euros.

En marge de la conférence, le ministre des Affaires étrangères a eu des entretiens avec le ministre d'État des Émirats arabes unis, avec l’envoyé américain, avec la ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, ainsi qu’avec le président de l’Union africaine.

En ce qui concerne la rencontre avec l’envoyé américain, ils ont eu une discussion productive axée sur les développements en Libye et le processus politique. Le ministre des Affaires étrangères a informé M. Boulos de sa visite à Benghazi et de sa prochaine visite à Tripoli, qui aura lieu lundi prochain, le 27 avril.

La Grèce soutient le règlement de la crise libyenne par la tenue d'élections libres et équitables, sans ingérence extérieure, afin de mettre en place un gouvernement représentatif dans le pays.

Numérisation des archives diplomatiques et historiques

Le lundi 20 avril, le ministre des Affaires étrangères a prononcé un discours lors de la cérémonie de présentation du projet de numérisation des archives diplomatiques et historiques du ministère des Affaires étrangères. Dans le cadre de ce projet, plus de 31 millions de pages de documents datant de la période 1830-2010 ont été numérisées, provenant tant des archives de l'administration centrale du ministère des Affaires étrangères que des archives de nombreuses missions diplomatiques, et plus de 84 000 dossiers de documents non classés ont été classés.

Parallèlement, toutes les mesures possibles ont été prises pour assurer la conservation et la sauvegarde durables de ce matériel, tant dans sa version numérisée que sous forme de copies de sécurité sur support physique. Il convient également de noter que le nouveau matériel numérisé garantit un accès et une récupération plus faciles et plus rapides des informations grâce à l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle, ce qui le rend plus facile à utiliser et plus facilement exploitable.

Pour la diplomatie grecque, la mémoire historique, la prise de conscience des grands moments, mais surtout des échecs du passé, constituent – comme l’a souligné le ministre des Affaires étrangères – une condition préalable à l’élaboration d’une politique future sur des bases solides.

Ce nouveau projet renforce considérablement la possibilité d’exploiter des connaissances historiques documentées en tant qu’outil institutionnel de communication internationale et d’exercice de la diplomatie. Mais la communauté des chercheurs et tout citoyen intéressé bénéficient désormais de possibilités nettement améliorées d’accès et d’étude de l’histoire diplomatique du pays, dans la limite bien sûr du caractère classifié de certains documents.

De cette manière, les Archives diplomatiques et historiques fonctionnent comme un pôle de documentation, d’ouverture sur l’extérieur et de transparence, renforçant ainsi la démocratie et améliorant l’image et la présence internationales de la Grèce.

Je vous remercie.

QUESTIONS

M. NIKOLAIDOU : Nikolaidou, du journal Estia. Lorsque les travaux de pose du câble entre la Grèce - Chypre - Israël, la Grèce est-elle déterminée à protéger ce projet par tous les moyens ? Car il est clair qu’Ankara a l’intention de harceler tout ce qui bouge, de le chasser. Tout ce qui bouge dans les eaux maritimes qu’elle revendique, selon son point de vue, dans sa tête, elle le harcèle par tous les moyens, sans cesse, que ce soit les Grecs, les pêcheurs grecs, et maintenant les Néerlandais. Il y a donc une escalade qui semble devoir se poursuivre. C’est pourquoi la question est claire : la Grèce est-elle prête à défendre ce projet par tous les moyens ?

L. ZOCHIOU : Écoutez, nous ne pouvons pas répondre à tout cela d’un seul coup. Il faut les examiner un par un et y répondre séparément, car ce sont des sujets différents. Commençons par le navire de recherche néerlandais. Précisons tout d’abord que cet incident avec le navire néerlandais ne s’est pas produit à Kasos. Il s’est produit bien plus au sud et à l’est de Crète, dans les eaux internationales de la Méditerranée. La partie néerlandaise a demandé au préalable et par voie officielle l'autorisation des autorités grecques pour effectuer des travaux dans une zone spécifique, concernant la maintenance d'un câble existant, et l'autorité grecque compétente a émis un NAVTEX à cet effet, informant ainsi de la réalisation des travaux conformément à la pratique habituelle. La Türkiye, invoquant le mémorandum turco-libyen sans fondement, a demandé au navire néerlandais de solliciter une autorisation, ce qui, à notre connaissance, n’a bien sûr pas eu lieu. Face à ces agissements, la Grèce prône depuis toujours le calme, la légalité internationale et le droit de la mer, dont le respect passe par la mise en avant et la documentation de nos positions auprès de tous nos interlocuteurs.

En ce qui concerne le Great Sea Interconnector, la mise à jour des paramètres économiques et techniques du projet reste une priorité, comme l’ont également indiqué dans leurs déclarations les deux dirigeants, le Premier ministre grec et le président de la République de Chypre. Nous sommes prêts à mettre en œuvre ce projet, auquel tant la Grèce et la République de Chypre que la Commission européenne, en tant que projet d'intérêt européen commun, restent attachées.

Ch. MAZANITIS : Mazanitis Christos, ANT1. Êtes-vous préoccupé par le fait que ce qui s’est passé récemment, au sud-est de Crète, dans les eaux internationales avec le navire néerlandais, soit une répétition d’autres événements similaires ? Si finalement la Türkiye parvient à mettre en place un système où quiconque souhaite mener des recherches ou effectuer tout autre type de travail devra demander l'autorisation non seulement à nous, mais aussi à la Türkiye.

L. ZOCHIOU : Il s’agit là d’un scénario sur lequel, vous le comprenez, je ne peux pas m’exprimer. Nous constatons qu’il y a eu récemment une escalade de la part de la Türkiye, qui, dirions-nous, n’est pas constructive. La Grèce continuera toutefois à œuvrer pour le calme, les relations de bon voisinage et la stabilité régionale.

M. NIKOLAIDOU : Mais vous ne m’avez pas répondu. Comment la Grèce va-t-elle protéger le projet du câble ? Avec des frégates ? Que compte-t-elle en cas de nouvelle provocation de la part de la Türkiye de la manière que l’on connaît ? Nous savons aussi ce qui s’est passé à Kasos.

L. ZOCHIOU : Nous en restons à ce que nous avons dit, Madame Nikolaidou.

K. FRYSSA : Katerina Fryssa, de la chaîne ERT. Concernant la perspective européenne de l'Albanie et les mesures qui ont été prises. Y a-t-il des mesures concrètes, des initiatives de la part de Tirana visant à protéger la minorité ethnique grecque dans le pays voisin, c'est-à-dire de la part de l'Albanie ?

L. ZOCHIOU : Comme nous l’avons dit dans l’introduction, la Grèce est et reste, 23 ans après l’agenda de Thessalonique, un pays moteur pour l’adhésion de nos partenaires des Balkans occidentaux.

En ce qui concerne l’Albanie, sur laquelle vous m’interrogez, comme vous le savez, les négociations d’adhésion avec l’Albanie ont effectivement débuté en octobre 2024, avec l’ouverture du premier volet, qui porte sur les principes fondamentaux. Le premier volet de chapitres s'ouvre au début, se clôt à la fin et détermine le rythme des négociations.

Le message principal de notre pays vers la partie albanaise est que le processus de réforme doit avancer en ce qui concerne l’État de droit, la protection des droits fondamentaux, la lutte contre la corruption et le crime organisé. Notre priorité concerne les obligations de la partie albanaise quant à la sauvegarde des droits de la minorité ethnique grecque et à la protection des droits de propriété.

M. MARGARITIS : Bonjour. Konstantinos Margaritis, du journal AXIA. Hier, M. Rama a tenté, dans son discours, de passer sous silence tout cela. Il a d'ailleurs souligné, entre autres, qu'il souhaitait que l'Albanie devienne une plaque tournante énergétique, avec le soutien des États-Unis et l'aide de la Grèce. Il a également répondu à M. Beleris, en affirmant que son système judiciaire ne fonctionnait pas. Il a augmenté le PIB. En d'autres termes, M. Rama tente, de manière diplomatique, de se mettre en avant et d'atteindre ses objectifs. Avec tous ces problèmes dans les Balkans occidentaux, pensez-vous que l’Union européenne, avec l’adhésion d’un ou de plusieurs États membres, puisse trouver un équilibre et obtenir des résultats ?

L. ZOCHIOU : Je m'en tiendrai à l'introduction concernant les Balkans occidentaux et à ce que j'ai mentionné spécifiquement au sujet de l'Albanie à Mme Fryssa. Il existe des conditions préalables à l'adhésion à l'Union européenne, qu'elles concernent l'acquis communautaire, l'État de droit ou les relations de bon voisinage. Je pense que tout ce qui précède répond à votre question.

Ch. MAKRI : Concernant la visite du ministre en Libye, à Tripoli, lundi. Avons-nous quelque chose de précis à dire sur les travaux de la commission qui a été créée pour la délimitation de la ZEE ? Qui l'accompagnera dans cette mission ? Qui rencontrera-t-il ?

L. ZOCHIOU : Oui. En ce qui concerne les contacts que le ministre des Affaires étrangères aura, un communiqué sera publié dans les prochains jours. Concernant les discussions techniques sur la délimitation des zones maritimes, le calendrier du prochain tour de discussions techniques, qui se tiendra à Tripoli, sera fixé lors de la visite.

T. ARGYRAKIS : Vous avez évoqué la rencontre du ministre avec M. Boulos. Comme on le sait, disons-le, l'envoyé spécial de Trump, M. Boulos, pour l'Afrique et le Moyen-Orient, serait également le porteur de la proposition d’un format quadripartite – Grèce, Türkiye, Égypte et Libye. Ce sujet a-t-il été abordé lors de la rencontre ?

L. ZOCHIOU : Non, il n’a pas été abordé.

T. ARGYRAKIS : Très bien. Vous avez dit tout à l'heure, si j'ai bien compris, que lorsque les conditions le permettront à Ormuz, la Grèce assumera un rôle de médiation pour la liberté de navigation ? Ai-je bien entendu ?

L. ZOCHIOU : Écoutez, il ne s'agit pas d'un rôle de médiation. Il existe des initiatives de la Grande-Bretagne et de la France concernant la navigation à Ormuz, qui englobent les dimensions diplomatique et opérationnelle. La Grèce soutient ces initiatives. Elle n'aura pas de rôle de médiation pour l'instant. Elle jouera toutefois un rôle de premier plan en matière de coopération avec le secteur maritime.

T. ARGYRAKIS : Étant donné l’insistance de Trump auprès des Européens, principalement des membres de l’OTAN, pour qu’ils s’impliquent dans la question d’Ormuz, et étant donné que des scénarios d’une éventuelle participation sont déjà en cours d’élaboration, pour autant bien sûr qu’un accord soit trouvé dans divers cercles, voire d’une participation de la Grèce dans la question du golfe Persique, dans le détroit d’Ormuz, je ne comprends pas où s’inscrit cette initiative ? S’agit-il ici de scénarios militaires, diplomatiques, ou des deux à la fois ?

L. ZOCHIOU : Toutes ces initiatives, si et quand elles se concrétiseront, seront de nature purement défensive. Et tout cela – pour le préciser une fois de plus – concerne l’après-guerre.

T. ARGYRAKIS : Autrement dit, une participation navale et aéronavale de la Grèce n’est pas exclue, pour autant bien sûr que les conditions le permettent à Ormuz ?

L. ZOCHIOU : Je ne sais pas quelle forme cela prendra. Je ne peux pas le savoir pour l'instant, du moins, mais nous parlons en tout cas de la période suivant la cessation des hostilités.

T. ARGYRAKIS : Et encore une chose. Récemment, l’ambassadeur américain à Ankara, M. Barrack, a fait lors du forum d’Antalya des déclarations qui penchent clairement en faveur des positions turques, dirais-je, et qui sont quelque peu déséquilibrées. Autrement dit clairement au détriment de la Grèce et clairement en faveur des positions turques. Il a notamment déclaré : « Si je parle des relations gréco-turques, les Grecs ne me laisseront plus jamais retourner à Mykonos ». Je ne sais pas, envisagez-vous de lui interdire d’aller à Mykonos ? Qui, au final, exprime la position officielle américaine concernant les relations gréco-turques ? Est-ce M. Barrack ou l’ambassadrice américaine en Grèce, Mme Guilfoyle ? Mme Guilfoyle a-t-elle été convoquée ou va-t-elle être convoquée au ministère des Affaires étrangères pour fournir des explications ?

L. ZOCHIOU : Des explications sur quoi exactement ?

T. ARGYRAKIS : Sur les déclarations. Nous ne savons pas qui. Quelles sont les déclarations officielles de la partie américaine, de M. Barrack ?

L. ZOCHIOU : Sur quel sujet ?

T. ARGYRAKIS : Sur ce qu'a dit M. Barrack.

L. ZOCHIOU : Sur les F-35 ?

T. ARGYRAKIS : Non, pas sur les F-35. Il s’est essentiellement exprimé sur les relations gréco-turques. Il a clairement dit que s’il parlait des relations gréco-turques, les Grecs ne le laisseraient pas aller à Mykonos. Mme Guilfoyle va-t-elle être invitée pour qu'on discute avec elle à un moment donné ? Au final, qui représente, disons qui transmet la position officielle américaine ?

L. ZOCHIOU : Écoutez, je pense que votre question devrait peut-être être un peu plus précise. L'ambassadrice Mme Guilfoyle n'a manifestement pas été convoquée pour quoi que ce soit de ce genre.

T. ARGYRAKIS : Ce n'est pas la première fois que M. Barrack s'exprime sur les relations gréco-turques. Ce n'est donc pas sa dernière déclaration. Mme Guilfoyle, pour sa part, ne s'est pas exprimée, n'a pas pris position sur les relations gréco-turques. Une question reste donc en suspens. En fin de compte, qui exprime, qui transmet la position officielle américaine concernant les relations gréco-turques ?

L. ZOCHIOU : En ce qui concerne la question de la représentation, je ne peux pas vous répondre. Pour vous le dire autrement, si vous me posez la question de manière plus générale, nous apprécions la bonne volonté de la part de M. l’ambassadeur en ce qui concerne les relations gréco-turques.

Cependant, je pense que le cadre est défini et qu’il est parfaitement couvert par le dialogue structuré entre la Grèce et la Türkiye.

M. MOURELATOU : Maria Mourelatou, de TA NEA. Y a-t-il une participation du ministre des Affaires étrangères, en vue de la visite du président français en Grèce prévue dans les prochains jours, demain ? Y a-t-il quelque chose que nous devrions savoir ? Et y a-t-il des nouvelles concernant le dialogue stratégique Grèce-États-Unis et la visite imminente du ministre américain des Affaires étrangères à ce sujet ? Merci.

M. ALATZAS : Je voudrais moi aussi poser une question en rapport avec ce sujet. Y a-t-il des informations concernant les intentions du gouvernement grec, comme cela a été répété à plusieurs reprises, de renouveler l’accord stratégique gréco-français ? Comme vous l’avez dit, la Grèce souhaite participer aux initiatives qui pourraient être prises après la fin des hostilités pour assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Permettez-moi de préciser un peu plus ma question : à la suite de la visioconférence que nous avons eue la semaine dernière à l’initiative de Macron et avec le concours du Royaume-Uni. D'après ce que nous avons appris et lu dans la presse nationale et étrangère, il existe certaines réflexions concrètes concernant l'après-conflit. Premièrement, le déminage du détroit d'Ormuz et la sécurisation des navires marchands. La Grèce est-elle disposée à participer au déminage ? Est-elle disposée à participer à une opération sur le modèle d’ « ASPIDES », mais dans une autre zone géographique, à savoir le détroit d’Ormuz ? Et comme nous avons la visite du président français demain, je suppose que ces questions pourraient être soulevées.

L. ZOCHIOU : Je commencerais par la fin et je dirais je n’ai rien d’autre à ajouter à ce sujet, car je ne sais vraiment pas comment la situation va évoluer à Ormuz. En ce qui concerne la visite du président français, tout d’abord, le ministre des Affaires étrangères participera aux réunions qui sont prévues. Je crois comprendre que son homologue français ne sera pas présent.

Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères offrira un déjeuner samedi midi en l'honneur de la délégation française et des ministres qui accompagneront le président français.

En ce qui concerne cette visite en soi, tout ce que je peux dire, étant donné que le porte-parole du gouvernement vous en dira davantage, c’est qu'il s'agit d'une visite historique du président français, cinq ans après la signature de l'accord de partenariat stratégique en matière de sécurité et de défense. Des liens historiques traditionnels nous unissent à la France. Nous sommes partenaires au sein de l'Union européenne et alliés au sein de l'OTAN, et nos positions convergent sur de nombreux sujets. Dans le cadre de cette visite, une série d'accords sera signée dans de nombreux domaines.

M. MOURELATOU : Concernant le dialogue stratégique Grèce-États-Unis ?

L. ZOCHIOU : Je n'ai rien à annoncer pour le moment.

N. PETANIDOU : Nikoletta Petanidou, de Naftemporiki. Des articles ont été publiés dans la presse libyenne selon lesquels Massad Boulos aurait présenté une proposition américaine pour un règlement politique entre Benghazi et Tripoli, non pas par le biais d’élections, mais par la création d’un conseil présidentiel dirigé par un fils de Khalifa Haftar. Au cours de la même période, c'est-à-dire pendant ces deux jours où ces articles ont été publiés, une rencontre a eu lieu à Berlin entre le ministre des Affaires étrangères et M. Boulos, et la question de la Libye a été abordée. Lui a-t-il dit quelque chose au sujet de cette proposition ?

L. ZOCHIOU : Je vous ai exposé notre position sur le processus politique et la solution globale pour la Libye dans mon introduction. Je n’ai rien à ajouter à ce sujet. Je ne suis d’ailleurs pas habilitée à m’exprimer sur les initiatives de M. Boulos.

M. MOURELATOU : Avons-nous nommé un envoyé spécial pour la Syrie ? J’ai lu hier un tweet concernant l’ONU et la Syrie, et j’ai cru comprendre que nous avions nommé un envoyé spécial.

L. ZOCHIOU : La Grèce a eu une envoyée spéciale pour la Syrie pendant de nombreuses années, l’ambassadrice Athanassiou. Aujourd’hui, notre ambassade reste ouverte et opérationnelle à Damas, sous la direction de l’ambassadeur Kakavelakis.

Avril 23, 2026