Allocution du ministre des Affaires étrangères, M. D. Avramopoulos lors de la cérémonie d’inauguration du Centre de Recherche et d’Innovation de Procter & Gamble

Bonsoir,

Lorsque dans l’après-midi j’ai reçu un coup de fil du Premier ministre qui m’a demandé de le représenter à cette manifestation, je me suis demandé quelle serait ma place parmi vous. Et, heureusement pour moi, les orateurs éminents précédents ont présenté avec éloquence la question d’aujourd’hui. Permettez-moi de vous faire part de quelques réflexions à cet égard.

J’aimerais que le peuple grec eût suivi en direct cette présentation. Pour une seule raison très simple. Pour retrouver une partie de sa confiance en soi. Les trois dernières années la Grèce traverse des moments difficiles. Je suis tout à fait d’accord avec M. Panagiotopoulos car j’ai moi aussi visité la Chine plusieurs fois. Le mot « crise » en chinois s’écrit par le même idéogramme que celui représentant le mot « opportunité ».

La crise nous a aidés à nous rendre compte de la réalité. Nous nous sommes regardés dans le miroir et nous savons désormais ce que nous devons faire. Le gouvernement est déterminé, et en dépit du fait que la conjoncture actuelle est très difficile et délicate, il fait preuve d’audace. Et je pense que bientôt nous aurons les premiers résultats tangibles, à savoir nous verrons émerger une nouvelle Grèce qui sera à la fois digne de son passé, fière de son présent et sûre de son avenir.

Pour parvenir à cette fin, les conditions sont simples. Et la recette est bien connue de vous tous. J’espère qu’un jour nous comprendrons tous en Grèce qu’en cette période particulièrement difficile il y a une seule façon d’envisager la réalité. Nous nous connaissons dans ce pays et nos affirmations tout comme nos actes portent notre signature.

Et vous m’avez à plusieurs reprises écouté dire, depuis le début même de la crise, que l’entente est la seule voie à suivre.

Le secteur privé nous montrera la voie. Le secteur privé qui porte l’empreinte de l’identité grecque ainsi que les grandes entreprises telles que P & G qui ouvre aujourd’hui ses portes à ce centre d’Innovation et de Recherche, sont les preuves que la Grèce y parviendra. Nous disposons du personnel, des gens, à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce. Nous avons l’âme, la force, les idées. Nous avons le dynamisme. Nous faisons preuve d’un esprit de créativité et le fait que les Grecs se distinguent par leurs exploits dans le monde entier n’est pas une coïncidence. A partir du moment où nous avons fondé l’Etat grec, la Grèce est devenue plus petite. Car dans le passé, la Grèce représentait une idée, une civilisation, elle était un exemple à suivre. Elle représentait des principes, des valeurs. Aujourd’hui, la Grèce retrouvera son image d’antan. Et cela se fera à travers une réflexion profonde dans laquelle sera plongé le peuple grec. Et tous les incidents qui surviennent quotidiennement dans les rues ne doivent pas nous décourager. Mais au contraire, ils doivent nous inciter à persévérer dans nos efforts.

La présence en Grèce de cette compagnie américaine aussi importante constitue une marque de confiance envers l’économie grecque. De la nouvelle économie grecque qui émergera de la crise. Et dans le cadre de la nouvelle économie grecque, nous aurons tous une part de responsabilité, en tant qu’individus mais aussi en tant que société.

Je vous ai donc dit au début que je ne savais pas la raison de ma présence ici. Mais maintenant je le sais car demain matin je pourrai défendre mieux, en tant que personne publique mais aussi en tant que citoyen grec, cette valeur que représente la Grèce.

A travers tous ces programmes que nous élaborons ce dernier temps, en ne se laissant pas séduire par le chant des sirènes, en surmontant les difficultés et en se frayant avec optimisme une nouvelle voie vers l’avenir. Nous devons tout simplement faire part de cet échange de vues à la société grecque. Nous avons une grande responsabilité, tout comme les médias, à l’égard de la façon dont l’aspect misérable de la Grèce est représenté. La réalité difficile est une chose, la misère en est une autre. Ce n’est pas ça la Grèce. Des progrès ont été réalisés.

Au cours des 50 dernières années la Grèce a changé, à travers les erreurs qu’elle a commises mais aussi à travers des choix appropriés. Nous sommes un pays fier au cœur de l’Union européenne, un pays pionnier au niveau des initiatives internationales tout en prouvant notre rôle important, positif et stabilisateur. Il y a quelques années, la Grèce a été un exemple à suivre en Europe du Sud-est. Elle ne l’est pas actuellement mais le deviendra de nouveau. La crise ouvre la voie une fois encore. Ces dernières années la Grèce était la brebis galeuse, mais je suis convaincu que le moment où la Grèce sera citée en exemple pour sa capacité à retrouver son orientation et son prestige ne tardera pas à venir. De laborieux efforts doivent être consentis à cette fin. Et l’exemple est ici, devant nous et ce soir.

J’ai essayé de retenir des phrases-clé des discours prononcés par les orateurs précédents. Et ces phrases-clés sont si nombreuses qu’un texte de principes pourrait être rédigé sur la base de celles-ci et dans lequel serait indiquée la façon dont la Grèce pourra de nouveau aller de l’avant avec fierté et crédibilité.
Mesdames et messieurs,

J’ai préparé un discours pour ce soir mais je ne pense pas qu’il soit utile de prononcer ce discours car il s’agit des paroles imposées par le respect des convenances. Toutefois, je voudrais dire une chose. Et je m’adresse à vous M. Panagiotopoulos ainsi qu’à vos collaborateurs. Votre mission est beaucoup plus importante que la seule promotion des produits. L’objectif de cette manifestation d’aujourd’hui est – et nous sommes tous unis par cet objectif – de rendre de nouveau la Grèce en tant que « marque » crédible dans le monde entier.

Cela est une responsabilité que nous devons tous assumer, le milieu politique, celui des affaires et la société grecque. Cela figure parmi les priorités de ce gouvernement et c’est un grand honneur pour moi d’être nommé responsable par le Premier ministre du suivi de ces actions visant au changement de l’image de la Grèce.

Il y a quelques jours, au ministère des Affaires étrangères et par la suite au cabinet du Premier ministre se sont rassemblées toutes les entités impliquées dans ce projet de promotion de la Grèce. L’organisation Invest in Greece, telle que représentée par le ministère compétent, le ministère du Développement et le ministère du Développement rural. Nous avons soumis à la table nos idées, nos propositions et je vous assure que bientôt nous aurons une nouvelle proposition qui sera annoncée. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir. Vous savez très bien combien il est difficile d’élaborer une nouvelle image – vous le savez très bien – et combien il est facile de détruire une image, qu’il s’agisse de l’image d’un produit ou de celle d’un pays. Actuellement et nous devons être sincères à cet égard, la Grèce en tant que « marque » n’est pas celle qu’elle devrait être. Il faut travailler d’arrache pied. Toutefois, nous avons la force, l’énergie, l’inspiration, la détermination, tous ces éléments qui nous aideront à atteindre cet objectif. Et nous aurons besoin de votre aide. Nous aurons même besoin de ce centre de recherche et d’innovation qui, comme je l’ai tout à l’heure dit, est à notre disposition dans ce milieu accueillant et moderne du point de vue du soutien technologique et des nouvelles technologies offertes.

Travaillons ensemble. Ce message d’unité et de consensus est important pour que la Grèce puisse retrouver son identité. Et la Grèce en tant que « marque » sera de nouveau en première ligne. Les messages affluent ici, ce soir, dans le cadre de cette manifestation. Mais ils affluent aussi du monde entier. Et en dépit de l’image internationale ternie de la Grèce en raison de la crise économique généralisée, ceux qui ont cru et croient toujours en ce pays sont plus nombreux. Car ils ont grandi avec tout ce que ce pays a fait naître. Et aujourd’hui, cet élément grec dynamique nous représente dans le monde entier. Et permettez-moi à ce stade de faire référence à l’Initiative hellénique. Ces Grecs distingués, comme notre ami M. Panayiotopoulos, qui ont commencé à s’unir et à se rallier, joueront, j’en suis certain, un rôle très important pour la promotion de la nouvelle identité de notre pays.

Personnellement, je vous remercie pour la joie que vous m’avez donnée d’être aujourd’hui ici parmi vous.

Je vous remercie.

Janvier 25, 2013