Allocution du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos lors du Forum Francophone des Affaires (23.10.2014)

Allocution du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, E. Vénizélos lors de l’Athens Forum 2014 intitulée «La Démocratie sous pression»Monsieur l’ambassadeur,
Honorables députés,
Honorables membres du Forum Francophone des Affaires et de la Chambre de commerce et d’industrie franco-hellénique,

J’aimerais vous souhaiter la bienvenue à Athènes, à ce forum économique très important qui forge et renforce les relations traditionnellement excellentes entre la Grèce et la France.

Le niveau de coopération entre la Grèce et la France est toujours très élevé, la contribution importante de la France au cheminement de la Grèce vers la communauté économique européenne est tout aussi connue que reconnue, tout comme notre étroite coopération dans le cadre de l’UE et de toutes les grandes organisations internationales.

y compris bien sur l’Organisation internationale de la Francophonie dont la Grèce est membre à part entière depuis 2006.

Je suis heureux parce que la devise « Grèce-France Alliance » qui est passée du domaine de la défense dans les années ’70 au domaine de la culture de nos jours, avec l’initiative récente très réussie de l’ambassade de France à Athènes, s’étend aujourd’hui au domaine de l’économie également.

Dans le domaine de l’économie, nous pouvons faire beaucoup de choses pour renforcer les investissements français en Grèce, pour favoriser la coopération entre la France et la Grèce, pour développer les activités d’exportation des entreprises grecques en France et les actions communes qui pourraient promouvoir davantage les relations économiques entre la France et la Grèce.

J’aimerais vous remercier tous, un à un, pour vos efforts considérables et pour votre présence ici.

Une présence qui atteste au mieux de la volonté marquée des entreprises, des sociétés, des dirigeants de nos pays de renforcer et de consolider l’amitié franco-grecque et la coopération économique.

Excellences,
La Grèce se trouve dans une période cruciale. Cinq ans d’efforts sans précédent s’achèvent. Nous parcourons le dernier kilomètre du Marathon vers la sortie de la crise.

Nous avons choisi la voie difficile : rester dans la zone euro. Car c’était la voie la plus sure pour le pays et celle qui a finalement redonné l’espoir aux Grecs que très vite la Grèce, non seulement retrouvera la place qu’elle occupait, mais aussi une place compétitive et satisfaisante en Europe et dans l’économie mondiale.

La Grèce possède un plan global de sortie du mémorandum et de la supervision de la troïka, dès lors qu’à la fin de cette année s’achève le volet européen du plan. Nous l’avons soumis au vote de confiance du parlement.

L’objectif du gouvernement est que ce plan devienne un accord à part entière avec nos partenaires, incluant la confirmation de la viabilité de la dette, avant l’élection du président de la République.

Dans ce contexte, nous avons dit que nous allons examiner la finalisation convenue du volet du programme concernant le FMI en coopération tant avec celui-ci qu’avec nos partenaires européens.

Nous avons souligné que les dispositifs européens existants pouvant être activés, suffisent.

La Grèce mérite de passer à une autre phase. Une phase « post-programme », en maintenant actifs les mécanismes européens de soutien existants.
La Grèce, bien entendu, respecte les règles de fonctionnement en vigueur de la zone euro et les conditions afférentes. La Grèce, comme tous les autres Etats membres de la zone euro, participe aux dispositifs de supervision multilatérale dans le cadre des institutions et des procédures européennes, mais cela n’a aucun rapport avec la troïka…

Chers amis,

La Grèce avance en fonction d’un plan, en toute sécurité, avec une stratégie de stabilité basée sur cinq axes afin de franchir les étapes suivantes vers une sortie définitive de la crise. Ces cinq axes sont les suivants :

1. Sortir progressivement du mémorandum, revenir à la normalité européenne, la mise en œuvre du programme national de relance sans troïka mais dans le cadre institutionnel de l’UE et de la zone euro. Avec la décision définitive quant à nos relations avec le FMI, avec la confirmation définitive de la viabilité de la dette, viabilité que nous avons d’ores et déjà assurée.

2. Le deuxième axe est la stabilité politique et institutionnelle. Qui commence par la protection des institutions, l’élection du président de la République, le consensus nécessaire.

3. Le troisième axe est la protection de notre cohésion sociale.

4. Le quatrième axe : consolider la place de la Grèce en Europe et dans le monde. Renforcer les institutions d’un pays qui, comme l’a prouvé la réussite de la présidence hellénique, demeure un pilier de stabilité dans une région troublée.

5. Le cinquième axe : le rassemblement des forces vives du pays autour d’un plan de développement national qui soit un programme d’emploi.

Excellences,

Tout au long de ce parcours, la France a toujours été à nos côtés et elle est un partenaire véritable de la Grèce en vue de la sortie de la crise.

La France constitue un partenaire stratégique de la Grèce et nos deux pays sont unis par des liens d’amitié portant sur plusieurs décennies.

Aujourd’hui, nous travaillons intensivement avec le gouvernement français pour renforcer et développer nos relations économiques et commerciales bilatérales afin que celles-ci soient en ligne avec l’excellent niveau de nos relations politiques.

La visite en Grèce du Président de la République française François Hollande en février 2013 a confirmé le plein soutien de la France aux efforts déployés par la Grèce pour relancer son économie en encourageant en même temps les entreprises françaises à investir dans notre pays.

Pendant la visite un mémorandum très important a été signé concernant la création d’un Conseil entrepreneurial entre la Fédération des Entrepreneurs grecs et le MEDEF.

J’ai moi-même eu l’occasion lors de ma visite à Paris en janvier 2014 de discuter en détail, entre autres, des relations économiques franco-grecques avec mon homologue et ami, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Nous avons notamment mis l’accent sur les moyens visant à renforcer la présence des entreprises françaises en Grèce.

La participation de la France, à hauteur de 30 millions d’euros à la création du fonds d’investissements grec est la preuve de la coopération économique de plus en plus étroite entre nos deux pays.

Le secteur de la construction, du tourisme, des transports, de la santé, des sources d’énergie renouvelables, de la croissance verte, de la gestion environnementale des ressources hydriques et des technologies de l’informatique (IT) offrent des possibilités inépuisables de coopération économique entre les entreprises grecques et françaises.

En tant que vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, je tiens à confirmer que nous continuerons à placer au premier rang de nos priorités le soutien à un entreprenariat tourné vers l’extérieur et à la promotion des relations économiques et commerciales avec la France, partenaire d’exception et pays ami.

Je vous souhaite de nouveau la bienvenue et le plein succès des travaux de votre forum.

Octobre 23, 2014