Vos excellences,
M. le président de l’ITF,
Chers amis et collègues du ministère des Affaires étrangères,
C’est un grand honneur pour moi d’inaugurer cette double exposition photographique dans le cadre de l’atelier intitulé « Never, ever be a bystander » (Ne soyez jamais de simples spectateurs)
Le mois d’octobre occupe une place très spéciale dans notre mémoire collective. En effet, le 28 octobre nous célébrerons l’anniversaire de la lutte grecque contre les forces de l’Axe qui a duré jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Pendant la grande guerre la Grèce a subi non seulement de grandes dévastations économiques, mais aussi des pertes humaines, militaires et civiles.
L’occupation nazie a engendré une baisse de la population de la Grèce de 10% environ. Parmi eux, 67 000 Juifs, soit 86% des Juifs de Grèce, ont péri dans les camps de la mort.
La Grèce a décidé de mettre en place, suite à la conclusion d’un accord bilatéral avec la Pologne, une exposition permanente sur l’Holocauste des martyrs et des héros qui ont connu une mort atroce dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Le livre publié par le Ministère intitulée « Les Grecs à Auschwitz-Birkenau » a mis en lumière de nouveaux éléments de preuve qui quasiment inconnus pour un bon nombre de nous : la révolte grecque de 300 Juifs Grecs, dont certains officiers de l’armée grecque qui avaient combattu au front albanais.
Ces héros qui ont choisi la mort en échange de quelques moments de liberté sont morts dans la dignité, en chantant l’hymne nationale de la Grèce. Il s’agit de l’une des pages les plus glorieuses de la Résistance grecque pendant l’occupation nazie.
Aujourd’hui nous rendons hommage à la mémoire de ces victimes.
Leur souvenir sera à jamais tracé dans notre mémoire.
La meilleure façon d’honorer leur mémoire est de ne « jamais être de simples spectateurs ». En ces temps particulièrement difficiles, cela signifie faire preuve d’une tolérance zéro à l’égard de toute forme de racisme ou d’antisémitisme. Cela signifie également de se mobiliser contre les forces obscures qui exploitent les difficultés économiques et sociales et l’incertitude quant à l’avenir. Ces forces qui exploitent l’incapacité de l’Etat à faire face à l’immigration clandestine afin de cultiver dans la société grecque le fléau du racisme et de l’antisémitisme. La mémoire des Grecs à Auschwitz-Birkenau ne permettra jamais que cela se produise.
Merci.
Octobre 5, 2012