Points principaux :
- S’il y a certaines similarités entre les événements survenus dans chaque pays, des similarités qui attribuent aux événements un caractère d’ « avalanche », chaque situation a ses propres particularités et, bien entendu, des différences. Tous ces événements sont marqués par une tendance commune et bien évidente, le peuple demande des changements. Changement des systèmes de gouvernance, changement des politiques sociales et économiques et, bien entendu, des changements qui garantiront la promotion de la liberté universelle et des droits de l’homme fondamentaux.
- Sans aucun doute, le processus de changement variera selon le pays. La culture politique de chaque pays déterminera dans une large mesure tant le champ des réformes politiques et économiques que le rythme de ces réformes. La remise en cause des gouvernements et des systèmes de gouvernance sera un long processus et l’impact sur les pays arabes sera important et se ressentira à long terme. Si cette « expérience » démocratique est couronnée de succès en Egypte et en Tunisie, au niveau politique et économique à la fois, les pressions exercées sur les autres pays connaîtront une progression géométrique.
- La violence et l’assassinat, de toute sorte et de toute forme, des personnes innocentes sont inacceptables et la communauté internationale ne fera pas preuve de tolérance comme l’a révélé la récente résolution 1970 qui a été unanimement adoptée par le Conseil de sécurité sur la situation en Libye. Je lance de nouveau un appel à l’arrêt immédiat des atrocités et au respect des droits de l’homme fondamentaux et des demandes légitimes du peuple libyen. La communauté internationale doit également faire preuve de détermination et traduire en justice les responsables.
- Il est également important que la communauté internationale suive de près la question palestinienne en cette période d’agitation dans le monde arabe. Ce vent de changement qui souffle dans la région pourrait très facilement se transformer en tempête si nous tournons le dos au processus de paix ou si ce dossier cesse d’être notre première priorité.
- Les partenaires euro-atlantiques et les alliés doivent être prêts à toute éventualité et, le plus important, nous devons être prêts à répondre de manière efficace et sans retard aux différents appels à l’aide qui seront lancés par ces pays.
- Lors de la finalisation des mesures qui devront être prises, un accent particulier doit être mis sur le principe de responsabilité des pays de la région. Par conséquent, nos actions doivent être axées sur le respect de la dignité et des sensibilités de nos voisins et partenaires de la Méditerranée du sud. Nous ne devons pas oublier que cette transformation a été inaugurée par les peuples eux-mêmes et notre objectif primordial est de trouver les moyens qui nous permettront de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les soutenir dans leurs parcours vers la démocratie.
- Je voudrais également souligner un aspect encore plus important de la récente crise en Afrique du nord et notamment celui du flux migratoire vers l’UE. Vu que ce problème n’est pas seulement méditerranéen mais aussi européen, nous devons entreprendre des actions préventives avant que la situation ne se dégrade davantage. Et, permettez-moi de signaler de nouveau qu’aucun Etat membre de l’UE ne doit assumer tout seul cette responsabilité. Cette question concerne l’Europe dans son ensemble. Par conséquent, la coopération et la solidarité entre les partenaires européens sont indispensables et évidentes. C’est un devoir moral de l’Union européenne et des partenaires européens.
Mars 2, 2011