Communiqué conjoint de la 9e réunion tripartite des ministres des Affaires étrangères de la Grèce, de la Roumanie et de la Bulgarie (Thessalonique, le 07.05.2014)

Nous vous communiquons ci-après le texte du communiqué conjoint de la 9e réunion tripartite des ministres des Affaires étrangères de la Grèce, de la Roumanie et de la Bulgarie, respectivement MM. Evangelos Vénizélos, Titus Corlăţean et Kristian Vigenin (Thessalonique, le 07.05.2014):

COMMUNIQUÉ CONJOINT

Nous, ministres des Affaires étrangères de la Grèce, de la Bulgarie et de la Roumanie, nous sommes réunis à Thessalonique, pour la 9e réunion ministérielle tripartite.

Considérant que nos trois pays sont partenaires et alliés à l’Union européenne et à l’OTAN, entretiennent d’excellentes relations, sont unis par des liens étroits d’amitié, de solidarité, de coopération plurielle et de partenariat dans de nombreux domaines d’action et d’intérêt communs, participent activement à de nombreuses enceintes et organisations régionales, européennes et internationales et constituent des piliers de paix, de stabilité, de croissance et de progrès en Europe du sud-est.

Considérant que l’avenir de l’Europe du sud-est se trouve au sein de l’UE et de l’OTAN, nous réitérons notre soutien sans faille à la perspective européenne et euro-atlantique de tous les pays candidats et candidats potentiels de la région, à la condition de la pleine satisfaction des critères d’adhésion et des conditions définies par l’UE et l’OTAN.

Soulignant que l’établissement et le maintien de relations de bon voisinage et de coopération régionale fructueuse font en réalité partie intégrante tant du processus d’adhésion européen qu’euro-atlantique à tous les stades.

Nous sommes convenus :

D’examiner les possibilités de renforcement de la coopération tripartite dans le domaine de l’administration publique, dans le but d’englober un plus grand nombre de structures administratives et d’encourager leur participation (ex. ministères). Dans ce cadre, nous orienterons les autorités publiques vers le développement de la communication et l’application de synergies trilatérales. Notre principal objectif sera de valoriser, de concert, les occasions émergentes et de relever les défis communs dans le domaine de l’économie, du commerce, de la coopération transfrontalière, de l’énergie, du tourisme, des projets d’infrastructure régionaux, des transports, des télécommunications, de l’immigration clandestine et de la lutte contre la corruption, le crime transfrontalier et organisé et le trafic d’êtres humains.

De souligner les résultats tangibles importants qui ont été réalisés jusqu’à présent par la Présidence hellénique du Conseil européen dans de nombreux domaines fondamentaux. L’accord politique avec le parlement européen concernant le mécanisme de résolution unique (MRU, qui constitue un pas important vers le parachèvement de l’Union bancaire, de la législation concernant le cadre financier pluriannuel (CFP), les pas réalisés dans le domaine de l’immigration, de la gestion des frontières et de la mobilité des citoyens européens ainsi que l’adoption de la directive sur l’aménagement de l’espace maritime constituent d’importants pas en avant et évolutions, comme par ailleurs, la décision positive concernant la libéralisation du régime des visas pour les ressortissants de la République de Moldavie.

D’accélérer nos efforts communs en vue de diversifier les sources et voies d’approvisionnement énergétique et d’œuvrer de concert en vue de la mise en œuvre rapide des projets d’infrastructure régionaux dans le domaine de l’énergie, notamment des connecteurs de gaz naturel entre nos pays et des projets en cours dans le couloir sud, ainsi que du renforcement du rôle de la communauté énergétique de l’Europe du sud-est, dans le but de créer des réseaux énergétiques qui relient l’Europe du sud-est à l’Europe centrale et septentrionale.

D’exprimer de nouveau notre souhait de voir le Conseil « Justice et Affaires intérieures » de l’UE adopter au plus vite la décision sur l’adhésion en temps et en heure de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen. L’empressement des deux pays d’adhérer à l’Espace a été confirmé, à plusieurs reprises, par les différentes instances européennes, à savoir le Conseil européen, le Parlement européen et la Commission. Et l’adoption de la décision ne saurait plus tarder.

De souligner notre volonté réelle de promouvoir de concert les perspectives européennes et euro-atlantiques de tous les pays de la région de l’Europe du sud-est, sur la base du respect des critères et des conditions fixées par l’UE et l’OTAN, qui seront évaluées en fonction de leurs performances.

De continuer à échanger des vues régulièrement et de coopérer étroitement au sein d’enceintes et organisations internationales et dans le cadre d’initiatives au niveau régional, notamment de l’Organisation pour la Coopération économique en Europe du sud-est et de l’Organisation pour la Coopération économique en mer Noire. Nous félicitons l’actuelle présidence roumaine de l’Organisation pour la Coopération en Europe du sud-est, qui constitue la seule enceinte politique de coopération régionale en Europe du sud-est, basée sur les principes d’inclusion et d’implication régionale.

De féliciter la présidence bulgare de l’Organisation pour la coopération en mer Noire et saluer les résultats réalisés pendant son mandat au sein d’une organisation revêtant une importance économique particulière pour la région. Nous coopèrerons étroitement dans le cadre de l’Organisation pour la coopération en mer Noire, pendant la présidence bulgare en exercice et la présidence grecque imminente. Il est important de veiller à la continuité des deux présidences successives, afin d’obtenir une valeur ajoutée dans tous les domaines de priorité.

De saluer l’importance qu’accorde la Grèce aux questions maritimes. Nous demeurons attachés à l’identification de synergies et de complémentarité entre les outils et les politiques de l’UE pour les régions de la Méditerranée et de la mer noire.

De renforcer la coopération, notamment au sein de l’UE, y compris dans le domaine de l’immigration clandestine, en tenant compte des pressions exercées par les flux migratoires illégaux dans les pays situés aux frontières de l’UE et du fait que chaque crise, à l’intérieur ou près du continent européen, peut engendrer des flux migratoires illégaux. Dans ce contexte, nous mettons l’accent sur l’importance du principe de solidarité afin de parvenir à une répartition équitable du fardeau des pressions migratoires et soulignons que la coopération avec les pays tiers d’origine ou / et de transit des immigrants revêt une importance déterminante.

De rester fermement attachés au soutien de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de réitérer notre soutien à un règlement politique et diplomatique de la crise actuelle. Nous soutenons les efforts consentis par l’UE et l’OTAN en faveur de la facilitation et du déroulement d’un dialogue concret, avec la participation de l’Ukraine et la Fédération de Russie, dans le but de parvenir à une solution politique et nous lançons un appel pour que la déclaration de Genève soit appliquée sur le champ.

De soutenir activement le parachèvement rapide des travaux de préparation pour la signature des accords d’association, y compris des zones de libre échange renforcées et complètes avec la République de Moldavie et la Géorgie, dans les plus brefs délais et au plus tard d’ici juin 2014, conformément aux conclusions du Conseil « Affaires générales » du 14 avril.

De réitérer notre engagement ferme en faveur de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité politique de la Bosnie et Herzégovine et de sa perspective européenne. Conformément aux conclusions du Conseil européen d’avril 2014, nous réaffirmons que les critères et les modalités de base requis en vue de la progression de la Bosnie et Herzégovine vers l’UE doivent être pleinement remplis. Nous soutenons la participation active de l’UE dans le pays et saluons l’initiative de l’ « accord de croissance » et l’extension du dialogue structurel pour la justice dans d’autres questions liées à l’Etat de droit, notamment celles liées à la lutte contre la corruption.

Thessalonique, le 7 mai 2014

Evangelos Vénizélos, ministre des Affaires étrangères de la République hellénique,
Kristian Vigenin, ministre des Affaires étrangères de la République de Bulgarie, Titus Corlatean, ministre des Affaires étrangères de la Roumanie

Mai 8, 2014