«Il est regrettable et paradoxal que la Turquie, à un moment où toute l'attention de la communauté internationale s'est portée sur la lutte contre l'Etat islamique et les nombreux foyers de crise au Moyen-Orient et en Afrique du nord, et à l'heure où des négociations sont en cours à Chypre dans le cadre du communiqué conjoint du 11 février 2014 et où le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU vient d'assumer ses fonctions, ait décidé de provoquer une nouvelle tension qui vient saper le processus de négociation visant au règlement de la question chypriote.
Au cœur de ces choix de la Turquie se trouve, malheureusement, son refus de comprendre que la République de Chypre est un Etat membre de l'ONU et de l'Union européenne, indépendant est souverain, exerçant sa souveraineté et ses droits souverains, conformément aux dispositions du droit international. L'exercice de ces droits comprend également les zones maritimes prévues par le droit de la mer, et notamment la zone économique exclusive et le plateau continental.
La République de Chypre et le Président, Nikos Anastassiadis, à titre personnel, a, à plusieurs reprises, fait clairement savoir et sur tous les tons que les avantages résultant de l'exploitation des ressources minières sous-marines de la République de Chypre appartiennent à tous les citoyens chypriotes. Par ailleurs, dans le cadre de la solution convenue recherchée à la question chypriote, les questions ayant trait à l’exploitation des ressources naturelles et des richesses minières ainsi que les questions liées à l'exercice des droits souverains, relèveront de la compétence du gouvernement central.
Par conséquent, il est complètement contradictoire d'accuser la République de Chypre d'avoir exercé ses droits souverains et valorisé ses richesses minières au profit du peuple chypriote, à l'heure où la Turquie elle-même à travers l'émission illégale du NAVTEX, menace de porter préjudice auxdits droits souverains.
Il est également paradoxal que la Turquie s'adresse à la Grèce pour ce qui est de la question chypriote. La Grèce n'est pas accusée au niveau international d'invasion militaire, d'occupation illégale et de colonisation et elle respecte les institutions et les processus de la République de Chypre et de la communauté chypriote grecque, laquelle s'exprime par la voie démocratique à travers son gouvernement. La Grèce contribue de manière constructive au progrès des négociations et à travers des rencontres croisées qui ont lieu à Athènes et à Ankara avec les médiateurs de la communauté chypriote grecque et turque.
Toutefois, la Turquie ne devrait pas juger les autres par rapport à elle-même et considérer que l'attitude de la Grèce à l'égard de la question chypriote ou que la relation de la Grèce avec la République de Chypre est la même que sa propre relation, sa propre responsabilité et sa possibilité d'exercer une influence sur la communauté chypriote turque, au nom de laquelle elle émet des communiqués.
La Turquie peut, dès lors qu'elle le souhaite, contribuer de manière efficace à la reprise des pourparlers entre les deux dirigeants, au progrès des négociations et à la stabilité en Méditerranée orientale à travers des actions respectueuses du droit international et en acceptant le fait que la République de Chypre est un Etat membre de l'ONU et de l'Union européenne avec une souveraineté nationale et des droits souverains nationaux».
Octobre 9, 2014