E. KOZAKOU-MARKOULLIS : Bonjour. Je commencerai, comme la tradition l'impose, par quelques remarques. La première visite officielle à l'étranger de Dimitris Avramopoulos, cher ami et ministre des Affaires étrangères de la Grèce, s'effectue à Chypre. En outre, le premier invité officiel de Chypre lors de nos premiers jours à la présidence de l'UE est le ministre des Affaires étrangères de la Grèce, M. Dimitris Avramopoulos. Cela est, à mon sens, un message clair et important qui atteste des liens très étroits qui unissent la Grèce et Chypre et de leur coopération étroite de longue date.
L'occasion nous a été offerte de discuter d’un large éventail de questions relatives aux priorités de la présidence chypriote, la crise de la zone euro, la question chypriote, les menaces turques concernant la zone économique exclusive de Chypre, les négociations d'adhésion de la Turquie et, en général, des questions ayant trait à l'élargissement et au Voisinage sud, et comme vous le savez, les questions relatives à l'élargissement, notamment aux Balkans occidentaux et celles du Voisinage sud, constituent l'une des priorités de la présidence de Chypre.
Il y a eu convergence de vues et nous avons également eu l'occasion de jeter les bases d'une meilleure coordination, notamment pendant ce semestre. J'aimerais encore une fois remercier le ministre des Affaires étrangères et le gouvernement grec pour leur soutien par le biais des experts qu'ils nous ont envoyés, lesquels nous aiderons dans l'accomplissement de notre mission pendant la présidence. Je donne la parole au ministre des Affaires étrangères de la Grèce.
D. AVRAMOPOULOS :
«Tout d'abord, je tiens à remercier la ministre des Affaires étrangères et cher amie, Erato pour l'accueil qu'elle m'a réservé et pour le climat chaleureux dans lequel se sont déroulés nos discussions. En outre, je dois vous dire que c'est un grand plaisir pour moi d'inaugurer mon mandat en tant que ministre des Affaires étrangères de la Grèce, ici à Chypre. Cela ne revêt pas seulement un caractère symbolique mais aussi sentimental pour moi.
C'était donc un grand plaisir pour moi de m'entretenir aujourd'hui avec ma chère amie, la ministre des Affaires étrangères de Chypre avec laquelle nous avons eu une discussion très intéressante, dans un climat particulièrement chaleureux marqué par la compréhension mutuelle.
Je voudrais, par conséquent, remercier notamment la ministre des Affaires étrangères pour une raison supplémentaire, à savoir notre rencontre aujourd'hui en un jour particulièrement historique pour la République de Chypre, mais aussi pour l'Europe et pour la présidence chypriote qui vient de débuter. J'ai formé tous mes vœux de succès à mon arrivée à l'aéroport et je suis certain qu’à l’issue de ces six mois Chypre marquera cette présidence de son sceau, grâce à ses initiatives, son sens exceptionnel de l’organisation et les résultats importants qui détermineront l’avenir de notre nouveau grand pays, l’Europe.
Nos discussions étaient particulièrement utiles, car nous avons eu l’occasion de passer en revue l’état d’avancement du dossier chypriote, des opérations de prospection dans la zone économique exclusive chypriote et la préparation excellente de la présidence européenne de Chypre.
Nous avons également discuté des efforts consentis pour faire face à la crise économique, des dernières évolutions à l’UE, après la réunion au sommet, mais aussi de la situation en Syrie et dans la région élargie du Moyen-Orient.
Nos entretiens ont confirmé et confirment la convergence de vues et d'objectifs de la Grèce et de Chypre, ainsi que l’excellent niveau de coopération étroite entre nos deux ministères.
J’ai assuré à mon amie, Erato, que la Grèce continuera à se tenir concrètement aux côtés de Chypre. A ce stade, j’aimerais dire que nous traversons des moments difficiles en raison de la crise économique qui sévit dans notre pays, mais la Grèce continuera d'être un facteur important de stabilité dans la région élargie. Son « potentiel diplomatique » est toujours aussi important et elle est toujours prête à prendre des initiatives dans ce sens.
La fin de l’occupation de l’armée turque et l’atteinte d’une solution globale et convenue de la question chypriote constitue une priorité absolue de la politique étrangère grecque et la clé de la pleine normalisation des relations gréco-turques. Cette solution doit être juste, viable et fonctionnelle et se baser sur les résolutions de l’Organisation des Nations Unies, les principes et valeurs de l'Union européenne et être conforme à l'acquis communautaire.
J’estime que ce serait une erreur stratégique de la Turquie de ne pas concevoir la participation de la République de Chypre à l’Union européenne et les ressources importantes de la zone économique exclusive chypriote, en tant que moteur pour la résolution rapide de la question chypriote.
L’atteinte d’un règlement est dans l’intérêt de nous tous. Mais malheureusement, la Turquie continue de menacer par des plans de division de l’île et en évitant les contacts avec la présidence chypriote, tout en effectuant des activités provocatrices dans la zone économique exclusive chypriote. Ces actions sont sans issue, elles alourdissent le climat et entravent la résolution de la question chypriote.
Il faut immédiatement cesser l'agressivité vis-à-vis de Chypre, tout comme les menaces contre elle.
En conclusion, j'aimerais remercier de nouveau Mme Erato Markoullis pour son accueil et cette discussion particulièrement intéressante et chaleureuse. Je tiens à l’assurer que le gouvernement grec et moi-même personnellement seront toujours à ses côtés, aux côtés des Chypriotes pour pouvoir parvenir à une solution équitable et durable dans l’intérêt de la prospérité de nos citoyens et garantir la paix et la stabilité dans la région.
Nous avançons ensemble, dans un esprit de compréhension mutuelle, et je suis certain, comme je l'ai dit tout à l'heure qu'à la fin de ce semestre des résultats positifs seront enregistrés au nom de la coopération, de la paix, de la stabilité dans la région élargie et de notre avenir européen commun. Encore une fois merci et bien entendu nous aurons assez de temps aujourd’hui et demain pour poursuivre dans le même esprit les discussions et notre coopération».
JOURNALISTE (question aux deux ministres) : Quel bilan dressez-vous des résultats de la récente réunion au sommet de l’UE et est-ce que vous avez abordé des projets de coordination et de compréhension mutuelle ?
E. KOZAKOU-MARKOULLIS : C’était l’un des sujets que nous avions abordé, notamment les résultats et les conclusions du dernier Conseil européen. Vous comprenez toutefois qu’il faudra poursuivre les contacts et notamment au niveau des ministères compétents. Ces conclusions et ces décisions sont très importantes pour toute l’Union européenne et notamment pour les Etats membres du sud. Très certainement la Grèce et Chypre et nos autres partenaires du sud de l'UE peuvent et doivent valoriser au maximum ces décisions. Très certainement, notre coopération est acquise dans ce domaine aussi ».
D. AVRAMOPOULOS : « Je partage le point de vue de Mme la ministre et j’ajouterais que la valorisation des résultats et des conclusions de la récente réunion au sommet est dans l'intérêt de l'Europe tout entière et notamment des pays du sud européen.
Le gouvernement grec étudie et évalue ces conclusions et je suis certain, après les assurances données par le Premier ministre grec, que la voie s’ouvre pour la valorisation de ces conclusions - jusque là positives - de la réunion au sommet.
Mme la ministre et moi-même avons étudié et discuté de la dernière réunion au sommet à laquelle - comme vous le savez - j'ai participé puisque je faisais partie de la délégation grecque dirigée par le président de la République hellénique M. Papoulias. Nous avons approfondi tous les aspects des conclusions de cette réunion au sommet très importante »
Juillet 1, 2012