Points principaux
[Sur la Libye :]
· La communauté internationale a pris une position claire et exige le cessez-le-feu immédiat et la protection des populations civiles. C’est bien dommage qu’on en soit arrivé à ce point là. C’est dommage que le régime Kadhafi ait répondu aux aspirations du peuple libyen au changement et à la démocratie par le recours aux armes et par la violence, une violence – et à cela la communauté internationale consent pleinement – qui doit cesser.
· A Paris, la communauté internationale a réitéré sa détermination à l’égard de l’application de la Résolution 1973. Les pays amis, partenaires et alliés, ont d’ores et déjà passé à l’action. La Grèce ne participe pas aux opérations militaires mais dans le cadre de ses obligations et de l’application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, elle fournit une aide logistique aux pays amis et alliés.
· L’Union européenne réitère sa solidarité à l’égard des Etats membres qui sont exposés aux pressions migratoires. Cela revêt une importance majeure pour la Grèce ce que j’ai d’ailleurs souligné dans mon intervention aujourd’hui lors du Conseil. Il s’agit d’un effort commun lors duquel notre unité et notre capacité de réaction rapide seront mises à rude épreuve.
[Sur la piraterie au large de Somalie :]
· Dans le cadre de la discussion engagée sur la stratégie de l’Union européenne en Somalie, a été soulevée de ma part la question de caractère plutôt humanitaire de la situation des marins retenus comme otages par des pirates en Somalie.
· Grâce à nos efforts, une référence a été faite dans les conclusions du Conseil sur la Somalie qui ont été adoptées aujourd’hui. Dans le texte des conclusions est exprimée la vive inquiétude de l’Union européenne à l’égard de cette question et est signalée la nécessité de faire face à cette grave situation dans laquelle se trouvent les marins retenus comme otages. J’espère qu’une suite similaire sera donnée à cette question sur le terrain.
M. D. DROUTSAS : Comme vous le comprenez, la question de la Libye et les évolutions y relatives ont dominé les travaux du Conseil « Affaires étrangères ». Nous sommes tous au courant de la situation actuelle. Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1973. La communauté internationale a pris une position claire et exige le cessez-le-feu immédiat et la protection des populations civiles. C’est bien dommage qu’on en soit arrivé à ce point là. C’est dommage que le régime Kadhafi ait répondu aux aspirations du peuple libyen au changement et à la démocratie par le recours aux armes et par la violence, une violence – et à cela la communauté internationale consent pleinement – qui doit cesser.
La Grèce a dès les premiers moments donné une priorité absolue à l’adoption d’une résolution par le Conseil de sécurité ce qui déterminerait la position qui serait prise à l’égard de cette question et fournirait une base de légitimation à la réponse de la communauté internationale à travers l’embargo et le gel des capitaux du régime. Nous avons dans un premier lieu limité tous les moyens que Kadhafi avait à sa disposition. Et, à travers la saisie de la Cour pénale internationale, nous avons assuré qu’il n’y ait pas d’impunité. Toutefois, le régime a poursuivi ses attaques contre les populations civiles. Il a été de notre devoir de mettre fin à cette situation.
Samedi dernier à Paris, la communauté internationale a réitéré sa détermination à l’égard de l’application de la Résolution 1973. Les pays amis, partenaires et alliés, ont d’ores et déjà passé à l’action. La Grèce ne participe pas aux opérations militaires mais dans le cadre de ses obligations et de l’application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, elle fournit une aide logistique aux pays amis et alliés.
En ce moment, les consultations se poursuivent au sein de l’OTAN afin de déterminer la participation à l’opération de l’embargo sur les armes, aux opérations humanitaires et à l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne et l’UE à travers les décisions actuelles, assumera un rôle de premier plan dans le domaine humanitaire, toujours dans le cadre de la résolution du Conseil de sécurité et en coordination avec les instances compétentes de l’ONU.
En outre, l’Union européenne réitère sa solidarité à l’égard des Etats membres qui sont exposés aux pressions migratoires. Cela revêt une importance majeure pour la Grèce ce que j’ai d’ailleurs souligné dans mon intervention aujourd’hui lors du Conseil. Il s’agit d’un effort commun lors duquel notre unité et notre capacité de réaction rapide seront mises à rude épreuve.
Nous, pays de la région, pays arabes, africains, avec nos partenaires devons faire preuve de détermination face au régime Kadhafi et l’approbation et la participation, notamment des pays arabes, revêtent une importance particulière.
Enfin, la Grèce a des intérêts directs dans la région. Les évolutions influent de manière décisive sur la sécurité et la stabilité de tout notre voisinage. Notre politique, la politique de la Grèce est dictée par les principes évidents découlant du droit international et humanitaire et, bien entendu, par nos intérêts directs. Nous espérons toujours qu’une solution diplomatique – et nous consentons des efforts dans ce sens – sera trouvée à cette crise et dans cet effort la communauté internationale peut compter sur la Grèce.
J’aimerais évoquer brièvement une question importante pour la Grèce. Il s’agit des personnes prises en otage par des pirates en Somalie.
Dans le cadre de la discussion engagée sur la stratégie de l’Union européenne en Somalie, a été soulevée de ma part la question de caractère plutôt humanitaire de la situation des marins retenus comme otages par des pirates en Somalie.
Dans une lettre adressée il y environ un mois à la Haute représentante, Mme Ashton et à la Commissaire chargée des questions humanitaires, Mme Georgieva, j’ai soulevé cette question tout en signalant la nécessité de trouver des moyens pour faire face, dans la mesure du possible, à cette situation grave dans laquelle se trouvent les marins retenus comme otages, par le biais d’une coopération internationale entre l’Union européenne, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales actives dans ce domaine. Grâce à nos efforts, une référence a été faite dans les conclusions du Conseil sur la Somalie qui ont été adoptées aujourd’hui. Dans le texte des conclusions est exprimée la vive inquiétude de l’Union européenne à l’égard de cette question et est signalée la nécessité de faire face à cette grave situation dans laquelle se trouvent les marins retenus comme otages. J’espère qu’une suite similaire sera donnée à cette question sur le terrain.
Je vous remercie et je suis à votre disposition pour toutes vos questions.
JOURNALISTE : La Grèce participe à cette opération en fournissant une aide logistique. Pensez-vous que les choses progresseront à travers l’OTAN ou les entraves imposées par la Turquie au sein de l’OTAN ont-elles bloqué la situation ?
M. D. DROUTSAS : Comme je l’ai tout à l’heure dit, les consultations au sein de l’Otan se poursuivent actuellement. Lors de la réunion d’hier, il n’y a pas eu d’accord, notamment pour ce qui est de la question de la zone d’exclusion aérienne. Les consultations se poursuivre aujourd’hui. En ce moment, je ne suis pas en position de vous dire quelle sera l’issue des consultations. Comme vous l’avez affirmé, il y a un membre de l’alliance, la Turquie, qui a formulé des objections. Nous verrons aujourd’hui, lors des consultations, si la Turquie lève ses objections. J’aimerais simplement souligner que pour notre part, il n’est pas opportun que des questions aussi importantes, comme la lutte contre la crise en Libye, tout comme d’autres questions directement liées aux évolutions en Libye à l’égard desquelles la communauté internationale a parlé d’une seule voix, soient exploitées. Nous devons tous assumer nos responsabilités et faire preuve de la responsabilité nécessaire. Et j’espère que cet esprit prévaudra lors des consultations au sein de l’OTAN.
JOURNALISTE : Vous avez dit que vous alliez à Berlin après Bruxelles. Quel est l’objectif de ce déplacement ?
M. D. DROUTSAS : C’est une visite qui a été fixée il y a bien longtemps. Je prononcerai un discours lors d’une manifestation consacrée aux évolutions économiques, devant le parlement allemand aussi, portant justement sur cette question des évolutions économiques. Afin d’éviter tout malentendu, ce déplacement n’a aucun rapport avec le résultat positif auquel s’est parvenu le Premier ministre à Bruxelles lors de la réunion au somme de l’Eurogroupe. Et, bien entendu, l’occasion me sera offerte de m’entretenir avec le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Guido Westerwelle avec lequel nous aurons l’opportunité de discuter de toutes les questions d’actualité et, bien entendu, des évolutions en Libye.
JOURNALISTE : J’imagine que vous êtes au courant du fait que le rapporteur du rapport sur l’ARYM, le Slovène, M. Thaler, est accusé de vénalité. Ce dernier a aujourd’hui présenté sa démission. Nous contesterons la crédibilité de ce rapport par le biais de nos députés européens. Quelle est notre position ?
M. D. DROUTSAS : Je me suis également informé aujourd’hui sur ces évolutions, des évolutions malheureuses. Nous enquêterons sur cette question et rien n’est exclu.
JOURNALISTE : Une dernière question : vous avez dit que vous et d’autres pays avaient demandé une aide pour faire face à l’immigration clandestine. Votre homologue italien, M. Frattini a parlé de la nécessité de repartir la charge qu’impliquerait le flux migratoire imminent parmi tous les pays de l’UE. Est-ce qu’il existe une telle perspective ?
M. D. DROUTSAS : Aucune discussion officielle n’a été engagée sur cette question à ce jour portant sur des mesures concrètes. Comme vous le comprenez, nous sommes en contact avec nos partenaires lesquels sont confrontés actuellement ou seront confrontés à ce genre de problèmes. Il existe à cet égard la nécessaire coordination et lorsque le moment sera propice, nous présenterons à nos partenaires des propositions concrètes.
Force est de rappeler, qu’il existe un engagement important de la part de la Commission européenne d’après lequel elle élaborera et présentera un plan global sur cette question d’ici au prochain Conseil européen, non celui qui se tiendra les 24 et 25 mars, mais celui de juin. Et dans le cadre de ces travaux de la part de la Commission, nous présenterons en coordination avec nos partenaires qui sont confrontés à des problèmes similaires, nos propres propositions.
Mars 21, 2011