A l'issue de sa rencontre avec son homologue américain, M. John Kerry, au State Department, le ministre des Affaires étrangères de la Grèce, M. Nikos Kotzias a tenu une conférence de presse à l’intention des journalistes grecs:
Ν. Kotzias: Nous avons eu une discussion très intéressante et amicale avec le Secrétaire d'Etat américain, M. Kerry tout comme avec la délégation américaine. Nous avons avant tout discuté de la situation économique en Grèce, de la manière dont les Etats-Unis pourraient, aujourd'hui et à l'avenir, apporter une aide financière au pays, de la nécessité de renforcer la confiance dans l'économie grecque, d'attirer des investissements et de renforcer les échanges commerciaux.
Nous avons également discuté des initiatives entreprises par le gouvernement grec au niveau des relations gréco-turques, de nos relations avec l'ARYM ainsi que des évolutions dans la région et de l’état d’avancement de la question chypriote. Nous avons évoqué les conditions qui prévalent dans la région et les initiatives qui devront être prises.
Enfin, nous avons tenu une discussion sur le fameux projet de loi et j'ai décliné la position du gouvernement grec à cet égard. Il s'agit d'une position qui, comme je l’ai expliqué au ministre, est axée sur le fait qu'il y a onze condamnations prononcées par la Cour européenne des droits de l'homme contre la Grèce concernant les conditions carcérales. J'ai également expliqué, ce que j'ai aussi déclaré lors de mon intervention d'introduction, qu'aucune personne condamnée relevant du champ d'application de la nouvelle loi ne sera libérée. Ce sont les conditions de détention qui seront changées, à savoir les personnes concernées seront placées en résidence surveillée conformément aux conditions de détention prévues par la loi et les amendements apportés samedi dernier.
Question: Qu'a-t-il affirmé M. Kerry à cet égard?
N. Kotzias: Si je m'en souviens bien, il n'a rien répondu. J'imagine qu'il attendra de voir les évolutions relatives à cette nouvelle loi.
Question: Que pensez-vous de l'interview de l'ambassadeur américain en Grèce dans laquelle ce dernier a affirmé que cet acte du gouvernement grec était inamical et hostile?
N. Kotzias: Je pense qu'après une étude approfondie de ladite loi, la réponse serait bien différente.
QUESTION: Pourriez-vous nous donner quelques informations sur la question chypriote ?
N. Kotzias: Je pense que la volonté de tous nos partenaires occidentaux est en faveur de l'atteinte d'une solution à la question chypriote. En ce qui me concerne, comme je l'explique toujours et je l'ai d'ores et déjà expliqué publiquement, je pense que la question chypriote ne sera réglée qu'à travers une solution acceptée par le peuple chypriote. Afin que cette solution soit substantielle, elle ne doit pas accorder des droits auxdites puissances garantes.
Question: Est-ce que cette question a été discutée?
N. Kotzias: Non, cette question n'a pas été abordée au cours de la discussion. Nous avons abordé cette question en privé avec M. Nuland à l'issue de la rencontre.
Question: Concernant la Russie ?
N. Kotzias: Il y a eu une discussion sur la Russie. Ils ont décliné la position des Etats-Unis à l'égard de la Russie et de la question ukrainienne. Pour notre part, nous avons parlé des bonnes relations traditionnelles que nous entretenons avec la Russie, de l'aide que nous apportons actuellement à l'Ukraine et nous avons été également interrogés sur le dernier voyage du Premier ministre, Alexis Tsipras à Moscou. S’agissant de cette question, nous leur avons dit qu'il s'agissait d'un accord financièrement avantageux, présentant des perspectives économiques pour le pays. M. Kerry m 'a informé que dans quelques jours ils nous présenterions leurs propositions aussi en faveur du développement de l'économie du pays.
Question: Vous avez dit que M. Kerry n'avait pas réagi à la position que vous avez présentée. Mais, j'imagine qu'il a pris position à l'égard de cette question. Pourriez-vous nous dire ce qu'il a affirmé ?
N. Kotzias: C'était lui qui a soulevé cette question. Il a dit qu'il s'agissait d'une question d'importance fondamentale pour la politique étrangère américaine et en général pour l'image de la Grèce au sein des institutions américaines. Tout le monde sait que le gouvernement américain accorde une très grande importance aux questions liées au terrorisme. Il est communément admis, et nous l'avons souligné, c'est la délégation grecque qui l'a souligné, que la Grèce comprend leurs préoccupations, mais ces dernières ne correspondent pas à la réalité et à l'essence de la loi.
Nous avons expliqué qu'il s'agissait d'une loi qui prévoyait des procédures, la mise en place d'une équipe médicale qui enquêterait sur les conditions carcérales, la mise en place d’ un comité judiciaire qui jugerait du caractère convenable ou non des actions envisagées et l’utilisation du bracelet dans le cadre d'une assignation à résidence, une technique bien spécifique et, j'ai même dit à M. Kerry que s'ils avaient une meilleure technique à nous proposer, nous pourrions en discuter. Nous n'avons aucune objection à cet égard. Mais, nous avons toutefois souligné que ces questions revêtaient un caractère humanitaire et qu'il ne s'agissait pas seulement de la personne qui fait l'objet du débat actuel, mais de toutes les personnes concernées par cette loi. Nous devons faire preuve d'une sensibilité humanitaire à cet égard. Par ailleurs, c'est justement cela que nous imposent les cours européennes et notamment la cour des droits de l'homme.
Question: Avez-vous parlé de la visite du Premier ministre ?
N. Kotzias: Nous n'avons pas abordé cette question. J'ai invité le Secrétaire d'Etat américain en Grèce.
Question: S'agissant des questions relevant de l'économie, pensez-vous que les Etats-Unis entreprendront de nouvelles actions en vue d’apporter une aide à la Grèce ?
N. Kotzias: Je pense que les Etats-Unis s'intéressent à la stabilité de la Grèce et de toute la région et c'est en fonction de ce critère qu'ils discutent avec tous leurs partenaires.
Avril 21, 2015