Nous, Abdel-Fattah Al-Sisi, Président de la République arabe d’Egypte, Nikos Anastassiadis, Président de la République de Chypre et Antonis Samaras, Premier ministre de la République hellénique, considérant les défis majeurs ayant trait à la stabilité, à la sécurité et à la prospérité de la Méditerranée orientale qui nécessitent une réponse coordonnée et globale, nous sommes réunis au Caire, en Egypte, le 8 novembre 2014 afin de relever efficacement ces défis et de renforcer davantage notre coopération trilatérale dans les années à venir, dans le prolongement des progrès substantiels réalisés à ce jour.
Nous rappelons les liens historiques étroits et le riche patrimoine culturel commun que nous partageons, qui est le résultat de deux grandes civilisations et qui constitue un héritage universel unique pour l’humanité tout entière. Nous partageons la conviction que cette première réunion au sommet ouvrira la voie à une nouvelle ère de coopération tripartite pour la promotion de la paix, de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité en Méditerranée orientale dans tous les domaines (politique, commercial, culturel et touristique).
Nous soulignons que les principes directeurs de cette coopération tripartite sont le respect du droit international ainsi que des principes et objectifs prévus par la Charte des Nations Unies, notamment l’engagement en faveur des relations amicales, de la paix et de la sécurité internationales, du respect de l’égalité souveraine des Etats, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale, de la résolution pacifique des différends internationaux, de la non-ingérence et non-intervention dans les affaires intérieures des Etats et du non recours à la menace ou à la violence. La présente coopération trilatérale peut servir de modèle à un dialogue régional élargi, par le biais d’une coordination et coopération étroite dans le cadre des enceintes multilatérales et des efforts visant à promouvoir davantage les relations entre l’UE et le monde arabe.
Bien que nous soyons conscients des immenses opportunités de coopération dans notre région et au Moyen-Orient, nous reconnaissons que la région est confrontée à des défis complexes.
En outre, le conflit israélo-arabe non résolu est l’une des menaces les plus graves à la sécurité et à la stabilité à long-terme. Les doctrines d’exclusion, la xénophobie, l’extrémisme et le sectarisme compromettent l’avenir de la transition politique de nombreux pays, car elles détruisent le tissu social et menacent la notion même d’Etat.
Le terrorisme et la violence motivée par l’idéologie menacent la paix régionale et internationale et portent gravement atteinte au développement économique et social. La détérioration de l’environnement constitue une source supplémentaire de préoccupation, tout comme l’inégalité des revenus, le chômage et l’absence de croissance économique suffisante.
Nous sommes déterminés à continuer de soutenir le peuple égyptien dans sa lutte pour la démocratie et la prospérité à travers l’application de la feuille de route, y compris la tenue des prochaines élections législatives qui marqueront le point culminant du processus de démocratisation, dans le cadre duquel a d’ores et déjà été adoptée la nouvelle Constitution et les élections présidentielles se sont déroulées. Nous sommes déterminés à consentir tous les efforts possibles en vue de soutenir l’Egypte dans sa lutte, qui constitue un bastion de la résistance contre le terrorisme dans la région.
Nous reconnaissons que la découverte d’importants gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale peut servir de catalyseur pour la coopération régionale. Nous soulignons que cette coopération sera mieux promue par le biais de l’adhésion des pays de la région aux principes bien établis du droit international. Dans ce contexte, nous soulignons le caractère universel de la Convention des Nations Unies pour le droit de la mer et décidons d’avancer, dans les plus brefs délais, dans les négociations sur la délimitation de nos zones maritimes, là où cela n’a pas encore été fait.
Nous soulignons l’importance du respect des droits souverains et de la juridiction de la République de Chypre sur sa ZEE et invitons la Turquie à arrêter toutes opérations de recherches sismiques en cours dans les zones maritimes de Chypre et de s’abstenir d’entreprendre toute activité similaire à l’avenir.
Nous lançons par ailleurs un appel pour une solution équitable, globale et permanente de la question chypriote qui réunira l’île selon les principes du droit international, y compris les résolutions y afférentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Une telle solution non seulement serait dans l’intérêt du peuple de Chypre dans son ensemble, mais contribuerait de manière déterminante à la stabilité et à la paix dans la région.
Nous appelons à une solution pacifique équitable, globale et pacifique au Moyen-Orient conformément aux résolutions y afférentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’établissement d’un Etat palestinien souverain, durable et contigu sur les territoires occupés depuis le 4 juin 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, et qui coexistera dans des conditions de paix et de sécurité avec tous ses voisins, conformément aux positions et aux initiatives prises par l’Union européenne et la Ligue arabe. Une telle solution est la seule garantie permettant d’éviter la récurrence des décès de civils innocents, la destruction et l’escalade de la tension. Dans le même temps, les efforts de l’Egypte pour parvenir à un cessez-le-feu durable à Gaza sont indispensables et dignes d’éloges.
Le terrorisme constitue une menace tant pour le Moyen-Orient que pour l’Europe et vise à mettre en place, par la voie de la violence, un régime de terreur dans la région ce qui aura des répercussions désastreuses mondiales. Nous condamnons fermement toutes les actions terroristes et nous invitons tous les Etats à lutter de manière efficace contre cette menace d’une ampleur concrète, soit en Libye, soit dans une région quelle que soit de la Méditerranée orientale et à accélérer la coopération en matière de sécurité en vue d’éradiquer ces groupes et d’exposer leurs principaux défenseurs.
Alors qu’actuellement les efforts de la coalition internationale contre l’EI sont principalement axés sur la situation en Irak et en Syrie et alors que nous continuons toujours de soutenir les efforts déployés par le nouvel Envoyé spécial pour la Syrie et d’encourager l’action collective sous l’égide des Nations Unies sur la base des résolutions 2174 et 2178 du Conseil de sécurité, nous sommes également préoccupés par la situation en Libye et nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires en vue de soutenir l’appel à la cessation immédiate des hostilités ainsi que l’engagement en faveur d’un dialogue politique qui n’exclue personne et du processus de réconciliation en Libye conformément à l’Initiative des Pays voisins de la Libye adoptée au Caire le 25 août 2014.
Nous nous engageons à mobiliser tous les moyens dont nous disposons en vue de promouvoir de manière efficace nos intérêts communs et nos valeurs. Dans ce contexte, nous avons mis en place le mécanisme de consultation tripartite dans le cadre duquel s’est tenue aujourd’hui la réunion au sommet au plus haut niveau dans le but de valoriser pleinement le potentiel de notre région au profit des peuples des trois pays et de la région tout entière.
Novembre 10, 2014