Déclaration du ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias au journaliste de la chaîne de télévision ERT, Nikos Meletis (Athènes, 29.6.2015)

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, vous avez aujourd’hui une série de rencontres avec des diplomates étrangers à Athènes. Quel est l’objet de ces rencontres ?

Ν.ΚΟΤΖΙΑS : Ce matin, je me suis entretenu avec tous les diplomates des Etats membres de l’Union européennes ainsi que les diplomates – représentants de leurs pays, de la Norvège et de la Suisse. J’ai expliqué pour quelles raisons notre gouvernement a pris ces mesures concernant le système bancaire. J’ai expliqué qu’en réalité ces mesures ont été prises par la Banque centrale européenne avec la suspension de l’ELA et par conséquent, le gouvernement a pris ces mesures pour que nous puissions nous rendre avec sérénité aux urnes pour le référendum.

Je leur ai expliqué la question du référendum qui les intéressait bien davantage. Je leur ai rappelé qu’au sein de l’UE, les référendums sont chose courante avec des conséquences positives pour le développement ultérieur de l’Europe. Les référendums tenus en France ou au Danemark sont des exemples caractéristiques. Mais, avant tout, je leur ai rappelé le référendum en Irlande. A l’époque, 20 Etats membres avaient approuvé le traité d’alors et l’Irlande l’a rejeté en contraignant ainsi l’Union européenne à recommencer toute la négociation. Je leur ai donc indiqué qu’ils devront cesser cela, à savoir que ce référendum paraisse comme un paradoxe ou quelque chose d’étrange, alors que cela est très naturel dans l’histoire de l’UE

La Grèce n’a aucune intention de sortir de l’euro, elle n’a pas dit une chose pareille, ni n’a l’intention de se soumettre. Devant le dilemme « soumission ou grexit », la Grèce a choisi la lutte pour plus de démocratie dans l’UE et dans notre pays. En d’autres termes, je leur ai expliqué que le référendum faisait partie de la négociation, qui permet au peuple lui-même de se prononcer devant une question précise. Et il faudra que les médias dans leurs pays respectifs cessent – et qu’eux-mêmes nous aident en tant qu’ambassadeurs – à altérer le sens, l’orientation et l’objectif de ce référendum.

Par ailleurs, je leur ai expliqué les mesures spéciales qui ont été prises concernant les touristes, la possibilité qu’ont ces derniers de retirer autant d’argent qu’ils le veulent au moyen de leurs cartes bancaires, car cet argent revient automatiquement dans les comptes des banques grecques. Et je les ai priés de nous aider, pour ce qui est de la grande vague de tourisme dans notre pays – qui a augmenté de 39% au premier trimestre avec une augmentation de 16% des revenus – que cette vague continue, car cela est dans l’intérêt de l’UE, des autres pays et de la Grèce. J’ai souligné entre autres que la Grèce est et sera toujours – indépendamment de la crise – un pays très beau et très accueillant.

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, pensez-vous qu’il y ait une possibilité de relance des négociations jusqu’à dimanche, ou bien est-ce que tout l’intérêt est désormais axé sur l’après-référendum ?

Ν. ΚΟΤΖΙΑS : Je pense que le gouvernement grec a déclaré sur tous les tons que la proposition faite à l’Eurogroupe demeure sur la table et nous sommes toujours ouverts à la poursuite de cette négociation. Personnellement, je pense qu’un grand non retentissant donnera des ailes et des forces au gouvernement grec pour mener à bien un meilleur accord que celui qui nous a été proposé.

Juin 29, 2015