E. VENIZELOS : L'occasion m'a été offerte d'informer aujourd'hui le Conseil national sur la politique étrangère sur le processus de destruction de l'arsenal chimique de la Syrie, une question d'intérêt pour l'opinion publique grecque, pour tout le monde à Crète, pour la Grèce, en tant que pays méditerranéen, touristique avec des sensibilités environnementales.
J'ai présenté aux représentants des partis et aux autres membres du Conseil national sur la politique étrangère les efforts coordonnés et continus que nous déployons par la voie diplomatique, politique et au niveau technique, afin d'écarter de manière tangible tous les dangers pour l'environnement maritime méditerranéen.
Car il existe des engagements émanant du droit international, car il y a la responsabilité de l'ONU elle-même et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, nous avons également mobilisé, moyennant de fortes pressions, l'Union européenne, car il y aura des observateurs, car il y a de nombreux Etats qui garantissent qu'il n'y a aucun problème pour la Mer méditerranée, des Etats tels que l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark, la Norvège et, bien entendu, les Etats-Unis qui sont par ailleurs chargés de la gestion centrale de la question.
Nous voulons une plus grande participation d'autres pays méditerranéens. Mais, la Grèce toute seule déploie aussi tous les efforts nécessaires, au nom du peuple grec, et nous aurons toutes les garanties nécessaires pour la protection de la richesse précieuse de la Méditerranée.
Les dernières évolutions relatives au dossier chypriote ont été la principale question à l'ordre du jour de la réunion du Conseil national sur la politique étrangère. J'ai eu l'occasion de briefer les représentants des partis et les autres membres du Conseil sur les questions débattues lors de la récente visite du Président, M. Anastassiadis, à Athènes, sur les prochains pas, sur la façon dont l'étape actuelle de la question chypriote s'intègre dans l'historique de ce dossier et dans le cadre des rapports de force régionaux et internationaux.
Notre objectif est de mettre toujours en avant la question chypriote en tant qu'un problème de violation du droit international, d'invasion, d'occupation, de mettre en valeur les responsabilités, mais aussi d'ouvrir la perspective pour une solution conformément au droit international, aux résolutions du Conseil de sécurité, aux accords de haut niveau et à l'acquis communautaire.
Une solution qui protégera la personnalité juridique internationale de la République de Chypre, une solution axée sur un Etat fédéral, bizonal, bicommunautaire, membre de l'ONU, membre de l'Union européenne, un Etat fédéral doté d'une personnalité juridique internationale unique, d'une souveraineté unique et d'une citoyenneté unique.
Nous sommes tout au début de ce parcours, il faut beaucoup travailler, il faut consentir de nombreux efforts et l'initiative de démarches appartient au Président Anastassiadis, aux dirigeants des deux communautés. En aucun cas, la Grèce, tout comme la République de Chypre, ne reconnaitront le pseudo-Etat chypriote turc.
Et, bien évidement, il est de notre devoir de mettre en place les conditions favorables à un consensus politique très élargi et à un accord, tant en Grèce qu'à Chypre, car le sort du peuple chypriote se trouve entre ses mains, car la décision sera prise par la voie d'un référendum organisé par les citoyens chypriotes eux-mêmes. Ainsi, c'est le citoyen chypriote qui déterminera l'avenir et nous devons mettre en place les conditions qui lui permettront de prendre une décision qui sera à la hauteur de son poids historique.
Je vous remercie beaucoup.
JOURNALISTE: M. Kammenos a déclaré qu'il allait envoyer aujourd'hui une lettre au Président de la République en proposant à ce dernier l'organisation d'une réunion du Conseil des chefs politiques sur la question chypriote et celle de Skopje. Est-ce que le gouvernement est d'accord avec cette proposition?
E. VENIZELOS : J'ai dit à M. Kammenos que nous discuterions avec le Premier ministre et avec le Président de la République afin de voir dans quelle mesure un tel processus pourrait faciliter les choses, car nous devons assurer la mise en place des processus consensuels.
JOURNALISTE: Vous avez eu une première réunion sur la question chypriote qui s'est déroulée dans un climat tendu. Avez-vous constaté ce consensus de la part des partis politiques grecs?
E. VENIZELOS : La réunion s'est déroulée dans un climat très positif et constructif. J'ai eu l'occasion de briefer les membres du Conseil de façon détaillée sur tous les aspects de la question.
Nous avons eu l'occasion de rappeler les moments critiques du passé, d'analyser les notions les plus fines et difficiles du droit international et du droit constitutionnel, d'évoquer les aspects du rapport de force régional et international car nous ne sommes pas, la Grèce et Chypre, les seuls pays dans la région.
Février 14, 2014