M. DROUTSAS : Je voudrais souhaiter la bienvenue a un ami tres cher de notre pays, M. Murray McCully, ministre des Affaires etrangeres de la Nouvelle Zelande.
Tout d’abord, je voudrais dire en présence de Murray – je l’ai également évoqué lors de notre entretien – que la Grèce a été profondément émue par les conséquences du violent tremblement de terre qui a récemment touché Christchurch en Nouvelle Zélande.
La visite de Murray en Grece coincide avec un anniversaire historique qui revet une importance particuliere pour nos deux peuples a la fois. 2011 marque 70 ans depuis la Bataille de Crete, une bataille qui, d’apres de nombreux historiens, a determine l’issue de la Seconde guerre mondiale. Dans cette bataille du siecle dernier, les Grecs et les Neo-zelandais se sont battus ensemble pour l’ideal de la liberte. La Grece rend hommage aux heros tombes de la Nouvelle Zelande de la meme facon dont elle honore la memoire de ses propres victimes, dans un esprit de reconnaissance et de profond respect.
Avec Murray, nous avons eu l’occasion d’evoquer des questions relevant de nos relations bilaterales. Force est de rappeler qu’en Nouvelle Zelande il existe une nombreuse communaute grecque dont les membres constituent un vrai pont d’amitie entre nos deux pays. Nous considerons que le domaine economique offre de nombreuses opportunites de cooperation. Comme je l’ai explique a Murray, notre pays traverse une periode marquee de grands changements et reformes qui rendront l’environnement economique tres attrayant pour les investisseurs. La Grece peut aussi devenir la principale porte d’acces pour les investissements dans les pays de l’Europe du Sud-est ou notre pays a une presence bien marquee a travers les banques grecques. Enfin, nous voulons accroitre le flux touristique vers notre pays. Il serait, a mon sens, toujours profitable pour les Neo-zelandais qui visitent l’Europe d’inclure la Grece aussi dans la liste de leurs destinations.
J’ai également informé de manière détaillée mon collègue sur les questions auxquelles est confrontée notre région, à savoir l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE et nos efforts en vue de parvenir à une solution à la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et, bien entendu, le dossier chypriote.
Bien evidemment, a l’heure actuelle toute notre attention est axee sur les pays de notre voisinage sud. J’ai fait part a Murray de mes impressions et estimations car, comme vous le savez, ces dernieres semaines j’ai eu un grand nombre de contacts avec mes homologues du monde arabe, dans le cadre de mes deplacements au Caire, a Doha et a Abu Dhabi.
Je l’affirmerai de nouveau, la violence n’est pas une solution. La seule solution qui pourrait etre durable a long terme est une solution qui sera atteinte par la voie politique. Pour ce qui est plus particulierement de la Syrie, permettez-moi de repeter la declaration que j’avais faite le samedi Saint, une declaration qui malheureusement demeure actuelle. La violence utilisee par les autorites pour reprimer les manifestations est pleinement condamnable. La reponse aux demandes du peuple syrien ne peut etre autre que la mise en place des reformes politiques.
Cher Murray, je voudrais encore une fois vous souhaiter la bienvenue en Grèce. Je vous remercie beaucoup pour cette discussion très constructive et j’attends avec intérêt la poursuite de notre coopération étroite.
M. McCULLY: Je voudrais vous remercier chaleureusement pour l’accueil que vous m’avez reserve ici a Athenes ainsi que pour les discussions constructives que j’ai eues non seulement avec vous mais aussi avec la ministre adjointe et le Secretaire d’Etat.
Nous avons saisi cette opportunité pour évoquer de nouveau les liens historiques qui unissent nos deux peuples et notamment la Bataille de Crète. Par ailleurs, dans les deux semaines à venir, le ministre de la Défense de la Nouvelle-Zélande visitera la région pour commémorer cette bataille.
Notre pays est petit et assez lointain, situé dans la région de l’Asie-Pacifique. Néanmoins, nous entretenons des relations étroites avec le monde occidental et avec l’Europe, et nous sommes profondément attachés aux institutions de la démocratie, à l’Etat de droit et aux droits de l’homme. Bien que la distance qui nous sépare soit grande, nous sommes unis par les principes communs que nous partageons ainsi que par nos approches similaires concernant les solutions envisagées pour lutter contre les défis de notre temps.
Nous saisissons également cette occasion pour discuter de ces défis que j’ai tout à l’heure évoqués, tels que la situation au Moyen-Orient, la mission conjointe en Afghanistan et, bien entendu, des inquiétudes exprimées par mon homologue à l’égard de la situation en Afrique du nord.
Je me réjouis de notre décision de renforcer notre coopération étroite au niveau bilatéral en vue de faire face à ces dangers et à ces craintes à l’égard des relations extérieures et, bien évidemment, de se soutenir mutuellement au sein des forums multilatéraux, tel que l’Organisation des Nations Unies.
A cette occasion, je voudrais souligner que la coordination entre les deux pays est renforcée pour ce qui est de la façon dont nos pays font face aux dossiers majeurs de notre temps. Je voudrais, bien entendu, réitérer notre intention de coopérer de manière étroite pour faire face aux défis liés à des questions mondiales et aux relations extérieures.
Avril 27, 2011