M. D. DROUTSAS : Je voudrais souhaiter la bienvenue en Grèce au ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et cher ami, M. Mottaki. Sa visite aujourd’hui à Athènes nous offre l’occasion d’échanger des points de vue sur toute une série de questions internationales et régionales ainsi que d’explorer les opportunités pour l’établissement d’une coopération bilatérale.
Je tiens à souligner que la Grèce attache une extrême importance au règlement pacifique des différends. Il s’agit pour nous d’une position de principe, à savoir qu’une coopération est nécessaire pour parvenir à des solutions même pour les questions épineuses. Et notre politique n’est pas simplement une simple déclaration mais un choix bien conscient dans le domaine de nos questions nationales majeures qui a été concrétisé.
Dans cet esprit, la Grèce soutient fermement les pourparlers qui débutent aujourd’hui dans le but de parvenir à une solution définitive de la question relative au programme nucléaire iranien.
A notre avis, toutes les parties doivent avoir des garanties bien claires et faire confiance aux assurances données par l’Iran pour ce qui est du caractère pacifique de son programme et de son développement sans heurts au profit de la prospérité du peuple iranien mais aussi de ses voisins.
La Grèce affiche un intérêt particulier pour l’établissement de la paix et de la stabilité dans notre région. Dans ce cadre, nous maintenons ouverts les canaux de communication et aspirons à engager un dialogue sincère avec l’Iran sur toutes les questions, et ce, toujours dans le cadre du respect mutuel et de la compréhension mutuelle des inquiétudes et des préoccupations.
En tant que membre de l’Union européenne et pays européen situé près de cette région et ayant une connaissance excellente et complète des sensibilités existantes, nous essayons de façonner la position européenne afin que cette dernière devienne plus efficace et plus constructive.
Je voudrais encore une fois remercier M. Mottaki pour sa visite dans notre pays ainsi que pour le dialogue ouvert et sincère que nous avons eu et les informations communiquées de sa part.
M. Μ. MOTTAKI: Je voudrais remercier particulièrement mon cher ami et ministre des Affaires étrangères du gouvernement hellénique, M. Dimitris Droutsas pour les entretiens que nous avons eus aujourd’hui à Athènes. L’Iran et la Grèce sont deux pays importants situés dans deux régions très importantes. Leurs relations et les consultations datent depuis très longtemps.
La confiance mutuelle qui existe entre nos deux pays et nos deux peuples constitue le meilleur avantage pour le développement des relations. Nos deux pays au cours de ces 30 dernières années ont toujours eu une coopération constructive sur le plan tant bilatéral que multilatéral, s’agissant de diverses questions régionales, des questions importantes comme les Balkans et autres dossiers concernant d’autres régions du monde.
Nous avons coopéré dans le passé, nos deux pays ainsi que la Turquie et le Pakistan, en vue de relever les défis communs tels que le crime organisé, les drogues, le trafic d’êtres humains.
Nous avons discuté des évolutions en Afghanistan, en Irak et au Liban ainsi que d’autres questions régionales. L’Iran et la Grèce ont coopéré dans le passé pour régler des problèmes dans les Balkans, comme en Bosnie-Herzégovine.
La Grèce est un pays très important pour la famille de l’Europe. La Grèce peut jouer un rôle de premier plan dans le développement et le renforcement de la politique extérieure de l’Union européenne. La Grèce a soutenu dans le passé la déclaration de Téhéran pour ce qui est du projet d’échange de carburant nucléaire ce qui revêt une valeur particulière pour nous.
Nous pensons que les pays participant aujourd’hui aux discussions sur le programme ont la possibilité de suivre une politique visant à résoudre la question. Au cours de la précédente décennie, de graves crises ont secoué notre région. Je pense que nous devons envisager très sérieusement la question de la dénucléarisation et suivre une politique commune pour ce qui est des dossiers préoccupant la communauté internationale.
Les armes nucléaires ne résolvent aucun problème et mènent tout droit à la catastrophe. Nous pensons que tous les pays du monde, sans exception, doivent aller vers la dénucléarisation. C’est la meilleure garantie de sécurité.
Nous avons également discuté de coopérations bilatérales au niveau économique. La Grèce peut devenir un centre énergétique important pour le transport de l'énergie en occident et en Europe. Nous sommes convenus de poursuivre nos consultations et pourparlers qui donneront lieu à des idées constructives visant à la résolution de questions régionales.
J’aimerais encore une fois remercier mon ami, M. Droutsas pour son accueil chaleureux.
JOURNALISTE : Ma question s’adresse aux deux ministres. Votre estimation sur les perspectives s'ouvrant avec les pourparlers engagés sur le programme nucléaire iranien.
M. Μ. MOTTAKI: Nous espérons que les pourparlers et les négociations engagées aujourd’hui se poursuivront de manière constructive pour produire des résultats positifs. Habituellement, les diplomates sont optimistes. Ainsi, nous espérons que ces négociations auront des résultats positifs pour les deux parties.
M. D. DROUTSAS : La Grèce soutient pleinement ce nouvel effort, le processus des négociations. La Grèce se positionne toujours en faveur du dialogue, en faveur des négociations. Nous rejetons bien entendu toute autre solution. Nous espérons que ces pourparlers se dérouleront dans un esprit constructif et que nous parviendrons, par le biais de ce processus, au résultat escompté.
La Grèce, en tant que pays situé dans le voisinage direct et entretenant des liens traditionnellement historiques avec les pays de la région, est bien entendu toujours à la disposition de la communauté internationale, dans la mesure du possible, afin de contribuer à cet effort.
JOURNALISTE : Ma question s’adresse au ministre des Affaires étrangères, M. Droutsas. Compte tenu des pourparlers qui commencent aujourd’hui, les 5 + 1 et l’Iran sur le programme nucléaire, je voulais savoir si lors de votre rencontre avec M. Mottaki vous lui avez conseillé quelque chose en rapport avec ces pourparlers.
M. D. DROUTSAS : Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de donner des conseils. Ce que la Grèce fait – et qui va de soi – est d’encourager toutes les parties, et l’Iran également, à saisir cette occasion, à déployer tous les efforts possibles lors de ces pourparlers afin de trouver une solution, une solution pacifique, à laquelle nous aspirons tous et qui sera la garantie de la stabilité et de la paix dans la région tout entière.
Il n’est question ni de conseils, ni d’incitation, mais de souhait exprimé non seulement par la Grèce, mais aussi par l’ensemble de la communauté internationale.
Décembre 6, 2010