Déclarations de D. Kourkoulas, Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et de M. Roth, Secrétaire d'Etat allemand, chargé des affaires européennes

D. KOURKOULAS : Bonjour. Je vous remercie d'être venus. Nous vous avons averti au dernier moment car c'était en fait au dernier moment que j'ai eu le plaisir d'apprendre que le nouveau Secrétaire d'Etat aux Affaires européenne du nouveau gouvernement allemand, Michael Roth, effectuerait un déplacement en Grèce et qu’il s'entretiendrait avec moi. Bien qu'il ait prêté serment mardi dernier, il a pris l'avion de ligne et il est arrivé à 13h30 à l'aéroport Eleftherios Vénizélos et à 17h00 il repartira à bord d'un avion de ligne. Et je vous dis cela car il doit bientôt partir.

Nous le remercions, c'est un grand plaisir et honneur pour nous et le fait qu'il effectue ce déplacement en Grèce aussitôt après la prise de ses fonctions revêt une importance symbolique. Nous avons beaucoup de choses à discuter et nous avons déjà débattu pas mal de questions au cours du déjeuner de travail de courte durée.

Un grand nombre de questions que la Présidence hellénique voudra promouvoir au cours du prochain semestre et elle a besoin de l'aide de tous les Etats membres et, notamment des Etats membres importants, tels que l'Allemagne. Et nous saluons les résultats très positifs concernant l'intégration européenne apportés par le gouvernement de coalition des démocrates-chrétiens et des sociaux-démocrates.

L'occasion m'a été offerte de discuter avec le ministre des questions relevant de la coopération bilatérale. Le ministre allemand m'a assuré de la volonté de la nouvelle coalition qui est actuellement au pouvoir en Allemagne, de promouvoir d'importantes initiatives bilatérales, telles que le programme d'échanges de jeunes, l'initiative pour la Banque de développement et pour d'autres coopérations bilatérales entre la partie grecque et allemande.

J'aimerais, avant de passer la parole au ministre, de dire que nous avons en commun une autre chose aussi. J'ai lu son curriculum vitæ et j'ai appris qu'il avait reçu une bourse d'études par la fondation allemande Friedrich Erbert Stiftung. Moi aussi, vers la fin des années 70', un peu après le renversement de la dictature et la restauration de la démocratie, j'ai eu la chance de recevoir une bourse par la même fondation Friedrich Erbert Stiftung, ce qui m'a permis de continuer mes études post-universitaires en Allemagne.

Je voudrais également signaler que M. Roth a divergé certaines fois de la ligne de son parti, du parti des sociaux-démocrates. Toutes les dernières quatre années, il a voté, au sein du parlement allemand, en faveur de la Grèce, qui plus est, alors que son parti faisait des réserves à cet égard.

Monsieur le ministre, vous avez la parole.

M. ROTH : Cher collègue, cher Dimitris, c'était pour moi très important de visiter votre pays en vue de transmettre un message tant à vous qu'à votre peuple, un message de respect et de reconnaissance de tous vos accomplissements.

Car la Grèce a accompli un parcours important et elle a fait beaucoup, mais elle a beaucoup encore à faire. Les relations gréco-allemandes sont axées sur la confiance et elles sont des relations étroites qui deviendront encore plus étroites et qui seront axées sur encore plus de confiance.

Et c'est pour moi un honneur particulier le fait que mes amis grecs ont trouvé le temps de m'accueillir l'avant-veille de Noël.

Les réformes structurelles réalisées par la Grèce sont importantes et je voudrais remercier tous ceux qui ont contribué à ce projet difficile. Le nouveau gouvernement en Allemagne toutefois, veut également jeter les bases d'une nouvelle politique pour l'Europe.

Nous voulons poursuivre les réformes structurelles et nous voulons apporter notre soutien à nos partenaires. Nous voulons toutefois que de nouveaux pas concrets soient faits dans la lutte contre le chômage des jeunes. Les jeunes en Europe doivent de nouveau avoir des aspirations. Il nous est très douloureux de voir le taux de chômage très élevé des jeunes en Grèce.

L'Union européenne a le devoir de faire tout ce qui est en son pouvoir en vue de promouvoir l'emploi et la croissance. L'Union n'est pas seulement une union économique, elle est avant tout une union des valeurs, une union sociale et de solidarité.

L'Allemagne a mis en place des programmes d'échanges de jeunes avec seulement deux pays, la France et la Pologne. Le nouvel accord sur le gouvernement de coalition comprend toutefois la mise en place d'un tel programme avec la Grèce aussi dans le cadre duquel seront promus des échanges de jeunes et la meilleure compréhension entre ceux-ci.

Nous lutterons ensemble contre les mouvements populistes et nationalistes en Europe car il ne s'agit pas des phénomènes qui concernent des pays isolés, mais des phénomènes européens contre lesquels nous devons lutter de concert dans un esprit de solidarité.

Je suis convaincu que la Présidence hellénique sera couronnée de succès et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir en vue de soutenir la Présidence hellénique.

Je peux vous assurer que ma visite d'aujourd'hui ne sera pas la première et sûrement pas la dernière. Nous aurons une coopération excellente et entre la Grèce et l'Allemagne il y aura une coopération très étroite.

A. ATHANASSOPOULOS : J'aimerais vous poser deux très brèves questions : Avez-vous discuté de la question de l'Union bancaire et de la façon dont avancera le débat avec le Parlement européen après la ratification de la décision définitive par le Conseil? Ma dernière question est adressée à M. Roth.

Monsieur le ministre, vous avez dit que le nouveau gouvernement allemand veut jeter les bases d'une nouvelle politique pour l'Europe. Pourriez-vous nous donner plus de précisions à cet égard? Merci.

M. ROTH : S'agissant de l'Union bancaire, les dernières années nous avons mis en place un mécanisme de surveillance et maintenant nous sommes en train de discuter dudit Bank Resolution Mechanism. Il est tout à fait normal que des critiques soient émises par le Parlement européen, mais nous voulons rendre clair qu'il ne faut pas atermoyer et nous soutiendrons nos amis grecs afin de mener à bien ce projet.

Pour ce qui est de votre question relative aux nouvelles bases de la politique européenne de l'Allemagne, il est important que le partenariat au sein de l'Union européenne soit axé sur l'égalité. Nous mettrons un accent important sur le fait qu'il faut avoir une relation axée sur l'égalité et la confiance avec les plus petits pays.

Le nouveau gouvernement allemand accorde une importance particulière à la lutte contre le chômage des jeunes. Dans ce domaine, nous n'avons pas obligatoirement besoin de conférences. Nous avons besoin d'actions et de résultats et dans ce domaine nous agirons de la manière la plus déterminée que possible.

Au-delà de cela, le gouvernement allemand accorde une grande importance à la dimension sociale de l'Europe et à son renforcement ce qui signifie que nous devrons investir davantage dans la croissance et l'emploi.

D. KOURKOULAS : Permettez-moi d'ajouter que, si je ne m'abuse pas, le ministre a été le négociateur du SPD pour les affaires européennes.

Par conséquent, tout ce qu'il vous dit sur la politique, la nouvelle politique européenne du nouveau gouvernement allemand, revêtent une importance particulière et viennent confirmer que le nouveau gouvernement allemand adoptera une position plus positive à l'égard de ce que nous voulons.

Μ. ΚΟURBELA : Monsieur le ministre, je voudrais vous poser deux brèves questions. La première question porte sur le système des accords contractuels et le mécanisme de solidarité associé, une question qui a été récemment débattue lors du Conseil européen. Le Conseil européen a décidé de promouvoir cette question.
Ma question est la suivante: Comment est-ce que ce système des accords contractuels avec le mécanisme de solidarité associé sera financé? Par une série de mémorandums comme ceux d'aujourd'hui?

K. FRYSSA : La question est adressée aux deux ministres. Avez-vous discuté de la question majeure de l'immigration illégale qui fait partie de nos priorités et aurons-nous le soutien de Berlin au cours de notre présidence afin de résoudre ce problème?

M. ROTH : S'agissant de votre première question, force est de souligner que l'objectif commun est d'approfondir l'Union économique et monétaire et à cette fin nous avons besoin de plus de coordination. C'est pourquoi il existe deux mécanismes : Il y a le mécanisme des accords contractuels et le mécanisme de solidarité.

Pour ce qui est du deuxième mécanisme, il faudra quelques semaines, si non des mois, pour le mettre en place d'une façon concrète. Toutefois, tant pour le ministre que pour moi-même, il est important de renforcer les organes institutionnels de la communauté. Nous voulons que le plus grand nombre possible de nos actions soient faites dans le cadre des traités et que le plus petit nombre possible soit fait en dehors de ceux-ci.
S'agissant de la deuxième question portant sur la politique migratoire, il existe dans l'accord sur le gouvernement de coalition en Allemagne une prévision concernant cette question et, ce qui est très important à notre sens, nous avons besoin d'une répartition équitable des charges, dans un esprit de solidarité, dans le domaine de l'immigration, tout comme d'une approche plus humanitaire des migrants.

S'agissant de ce domaine, tant le ministère allemand des Affaires étrangères que le gouvernement allemand fera tout ce qui est en son pouvoir en vue de faire avancer ces questions.

D. KOURKOULAS : Je voudrais très brièvement ajouter, pour ce qui est de l'immigration, que l'on doit lire les conclusions du dernier Conseil européen ainsi que du précédent, celui du mois d'octobre, qui portent sur l'immigration et la question des réfugiés, afin de voir que des pas importants ont été faits, avant même le commencement de notre Présidence parmi les priorités de laquelle figure cette question.

Et certains de la part de l'opposition doivent être très ignorants et ne pas avoir lu les textes fondamentaux pour nous accuser d'avoir organiser une Présidence de caractère médiatique et sans substance, alors que, pour ce qui est de la question de la politique maritime, il existe des décisions très avancées du Conseil européen sur la politique de sécurité qui devront être adoptées en juin ainsi que des actions précises dans le domaine de la politique de sécurité maritime.

Je ne peux pas comprendre comment certains de la part de l'opposition osent nous accuser d'exercer une politique médiatique alors que nous avons d'ores et déjà réussi à faire des pas précis bien avant que notre Présidence commence. Je vous remercie.

M. ROTH : Enfin, je voudrais adresser à tous mes meilleurs vœux pour un joyeux Noël et vous souhaiter de fêter le nouvel An avec vos familles. Pardonnez-moi mais je n'ai pas assez de temps à ma disposition. Mais je vous promets que j'aurai plus de temps la prochaine fois.

Décembre 27, 2013