Nous avons eu deux réunions importantes, celle du Conseil Affaires générales et celle du Conseil Affaires étrangères. Nous avons par ailleurs eu l'occasion d'avoir un repas très intéressant avec le Président Van Rompuy sur les questions relatives au Conseil européen de vendredi auquel je vais me référer plus longuement.
J’aimerais vous informer sur certains points. En ce qui concerne le Conseil Affaires générales, une discussion a eu lieu sur les priorités de la présidence hongroise ainsi que sur les conclusions du Conseil européen de vendredi, qui, comme vous le savez, est notamment consacré à l’énergie et à l’innovation.
En ce qui concerne le déjeuner avec le président Van Rompuy, les entretiens ont porté sur la crise économique, comment y faire face et la discussion y relative dans le cadre du Conseil européen. La discussion se poursuivra au cours du dîner.
J’aimerais commencer par l'Egypte, une question d’actualité revêtant une haute importance. Le peuple égyptien et le peuple grec sont liés par une longue tradition d'amitié. La situation dans le pays demeure assez volatile. Nous devons continuer à suivre la situation de très près. Nous ne devons toutefois pas dicter le règlement définitif. Il est important que ce règlement provienne des processus internes en Egypte et du peuple égyptien lui-même. La stabilité et le changement nécessitent des réformes institutionnelles et l’apparition de véritables idéologies et partis politiques. L’Union européenne devra contribuer à ce processus en valorisant les outils dont elle dispose, en en développant de nouveaux, pour pouvoir faire face aux besoins du peuple égyptien et de sa perspective d’avenir. L’Egypte est un pays très important qui ne peut être marginalisé à l'heure actuelle. C'est pourquoi toutes nos capacités à assister ce pays doivent demeurer actives. Un paramètre également très important et nous l’avons notamment souligné dans le cadre du Conseil est l’influence qu’auront ces développements sur le processus de paix au Moyen-Orient. Comme vous le comprenez, ces développements influent non seulement sur la région élargie, mais aussi la scène internationale. Au-delà de l’aspect politique, nous devons pleinement tenir compte du fait que la situation volatile en Egypte et au Moyen-Orient en général – et c’est un point sur lequel nous avons particulièrement assisté lors de la réunion du Conseil – peut avoir des conséquences humanitaires importantes. Cela signifie que la situation peut entraîner une forte augmentation du nombre de demandeurs d'asile et réfugiés politiques et notre pays peut subir une pression particulière. Pour cette raison, nous avons invité la Commission européenne et je dois dire que le Commissaire Fule qui était présent a fait part de sa volonté de faire face aux flux massifs d'immigrés et de réfugiés et de prendre des mesures afin de mieux répartir le poids car il est certain que les pays comme le nôtre, qui sont les premiers pays d’entrée pour les immigrés, ne peuvent supporter tous seuls le poids de l'obligation de fournir l’asile.
Et je sais qu’aujourd’hui a eu lieu à Athènes une réunion interministérielle au ministère de la Protection du Citoyen consacrée à cette question et à ces développements.
Pour notre part, nous avons souligné expressément la nécessité pour la Commission européenne de prendre des mesures préventives très importantes. Et le Commissaire compétent a affirmé qu'il élaborerait un projet précis en vue de coordonner les outils dont nous disposons. La Grèce, en tant que pays voisin et ayant des intérêts vitaux en matière de sécurité et stabilité de la région, sera aux côtés de l'Egypte et accompagnera chacun de ses pas et efforts, en prenant toute initiative possible susceptible de contribuer à la normalisation de la situation et à la mise en œuvre d'un avenir qui répondra aux exigences du peuple égyptien.
En ce qui concerne la question de la communauté grecque d’Egypte et des ressortissants grecs qui se trouvent actuellement en Egypte, qui y travaillent ou y habitent, le ministère des Affaires étrangères a pris la décision d’envoyer trois avions de l’armée de l’air à Alexandrie pour faciliter le rapatriement des citoyens grecs qui le désirent. Notre ambassade et nos consulats sont en contact permanent avec les communautés grecques. Un numéro vert est d’ores et déjà disponible au ministère des Affaires étrangères pour faciliter le contact avec les ressortissants grecs en ces heures difficiles. En conclusion, j'aimerais également dire que nous avons adopté lors du Conseil des conclusions relatives à la situation en Egypte. Je pense que ces conclusions sont positives et transmettent un message clair à l'Union européenne, à savoir que l'objectif actuellement est d’assurer une transition sans heurts vers un pays qui soit stable, pluraliste et démocratique, un processus qui conduira à des élections libres et équitables montrant que le peuple égyptien lui-même joue un rôle clé dans les évolutions.
Janvier 31, 2011