Nous vous communiquons ci-dessous les déclarations de M. Evangelos Vénizélos, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères aux correspondants grecs à Paris, à l’issue de sa rencontre avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de la France :
J’ai eu l’occasion d’aborder, avec mon homologue français, Laurent Fabius, les grandes priorités de la Présidence hellénique, qui sont les priorités des peuples et des sociétés de l’Union européenne ainsi qu’en France et partout ailleurs la grande question est la croissance, l’emploi, l’Etat social, le chômage des jeunes, l’immigration clandestine, la protection des frontières, l’intégration de l’union économique et notamment bancaire pour qu’il y ait réellement un marché humanitaire unique. Nous avons bien entendu discuté également de la quatrième priorité, à savoir la politique maritime horizontale, allant de l’environnement à l’énergie en passant par la délimitation des zones maritimes, conformément au droit international, notamment dans la région de la Méditerranée.
Nous avons bien naturellement abordé les grands problèmes internationaux. Les derniers développements en Syrie. La Grèce participe au courant dominant. En tant que Présidence du Conseil de l’Union européenne, elle aidera autant que possible pour que la conférence Genève II soit une réussite, qu’elle soit appliquée une fois tenue. Nous avons particulièrement mis l’accent sur la dimension humanitaire, car la Syrie est une crise humanitaire ouverte. J’ai informé le ministre de nos priorités diplomatiques en vue de parvenir à une sécurité environnementale en Méditerranée, qui est une mer fermée, lors de l’opération de destruction de l’arsenal chimique de la Syrie.
Nous avons passé en revue la situation en Iran, le processus de paix au Moyen-Orient, la situation au Liban, en Libye et en Egypte, mais aussi dans la partie orientale, le partenariat oriental. Nous avons discuté de nos relations avec la Russie et des évolutions en Ukraine. Nous nous sommes entretenus sur les initiatives que nous pouvons prendre dans le cadre du Conseil des Affaires étrangères et du Conseil des Affaires générales au cours de cette période de moins de six mois, quant au Parlement européen, en raison des élections, une période très cruciale en raison de la discussion préélectorale dans l’ensemble de l’Europe sur l’avenir de l’Europe et des politiques européennes.
Au niveau bilatéral, les relations sont excellentes, historiques, profondes, mais nous voulons une présence économique plus marquée des entreprises françaises en Grèce et c’est l’une des questions que nous allons aborder avec M. Fabius lors de sa prochaine visite à Athènes car il a accepté ma proposition de venir à Athènes pendant la présidence grecque.
J’ai également eu une rencontre avec M. Moscovici, le ministre français de l’Economie et des Finances, en qualité d’ancien ministre des Finances et de vice-Premier ministre et j’ai discuté avec lui, comme avec M. Fabius, des performances de l’économie grecque, de l’excédent primaire qui revêt une grande importance, puisqu’il permet de chiffrer et de voir se concrétiser les sacrifices du peuple grec. Cela veut dire que nous remplissons maintenant les conditions pour officialiser et confirmer la viabilité à long terme de la dette publique grecque et pouvons de ce fait résoudre tous les problèmes qui concernent le parachèvement du programme et le retour – progressif mais sûr – de la Grèce à la normalité. Et normalité signifie égalité institutionnelle au niveau politique, mais aussi un accès aux marchés sur le plan économique. Cela est très important».
Journaliste : A quand estimez-vous ce retour ?
Ε. Vénizélos : Le plus rapidement possible. Vous savez pour les marchés aussi on peut parler d’ « instinct » et d’« alchimie ». Le secteur privé international fonde à l’heure actuelle de grands espoirs sur la Grèce. Et cela transparaît dans les déclarations de nombreux acteurs du milieu financier et économique international. Et il est très important que nous, en interne, ne sapions pas cet effort. Et il est très important que politiquement nos partenaires voient comment le marché réagit, comment le secteur privé international réagit.
Journaliste : Ce pourrait être pour le deuxième semestre de 2014 ?
Ε. Vénizélos : Le plus rapidement possible, lorsque cette possibilité sera constatée et lorsque le contexte approprié sera en place car en économie, le facteur psychologique joue un rôle important tout comme l’image qui est diffusée vers l’extérieur, sans parler de la « substance » qui est très cruciale. Et cette substance est visible maintenant dans les exploits budgétaires et les changements structurels rendus possibles grâce aux sacrifices du peuple grec. On ne parle pas en théorie, mais sur la base de chiffres précis.
Journaliste : Sur quels sujets vous êtes vous entretenus avec M. Moscovici ?
Ε. Vénizélos : Je ne suis pas compétent pour parler à sa place, mais je pense que vous comprenez très bien le plan suivi par la Grèce, qui veut s’acquitter de ses obligations et elle s’en acquittera vis-à-vis de ses partenaires, mais d’un autre côté, elle veut, lors de ses contacts avec ses partenaires, engager une discussion globale sur la base de données et chiffres « technocratiques », une discussion qui apporte des solutions sûres pour la Grèce et l’Europe.
Janvier 13, 2014